{"id":2851,"date":"2018-01-01T16:28:27","date_gmt":"2018-01-01T15:28:27","guid":{"rendered":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?p=2851"},"modified":"2020-05-04T16:31:29","modified_gmt":"2020-05-04T14:31:29","slug":"1918-2018-pourquoi-se-souvenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2018\/01\/01\/1918-2018-pourquoi-se-souvenir\/","title":{"rendered":"1918-2018 : Pourquoi se souvenir ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Texte \u00e9crit par\u00a0<strong>Dariusz KOSI\u0143SKI<\/strong><br \/>de\u00a0<a href=\"http:\/\/en.instytut-teatralny.pl\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Zbigniew Raszewski Theatre Institute<\/a>\u00a0\u00e0 Varsovie dans le cadre du projet\u00a0<a href=\"http:\/\/www.culturepolonaise.eu\/3,3,827,fr,Too_Soon_Too_Late_avec_Dada_von_Bzdulow_et_Monika_Drozynska\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Too Soon Too Late. Remembering 1918<\/strong><\/a>\u00a0\u00e0\u00a0<strong>Bozar<\/strong>.<br \/><br \/><\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 l\u2019Europe Occidentale, pour la Pologne, le souvenir de l\u2019ann\u00e9e 1918 n\u2019est pas celui de la fin de la Grande Guerre. L\u2019expression m\u00eame de \u00ab Grande Guerre \u00bb n\u2019est pas d\u2019usage en polonais, et si elle est utilis\u00e9e, c\u2019est plut\u00f4t pour la Seconde Guerre mondiale, dont on se souvient tr\u00e8s bien (ou parfois tr\u00e8s mal) dans notre pays. Dans son remarquable ouvrage\u00a0<a href=\"http:\/\/wydawnictwo.instytut-teatralny.pl\/nowa-biblioteka-instytutu-teatralnego\/11582-nekroperformans.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Nekroperformans. Kulturowa rekonstrukcja teatru Wielkiej Wojny<\/em><\/a>\u00a0(N\u00e9croperformance. La reconstruction culturelle du th\u00e9\u00e2tre de la Grande Guerre),\u00a0<strong>Dorota SAJEWSKA<\/strong>\u00a0\u00e9voque le non-souvenir de la Grande Guerre comme ce qui, de mani\u00e8re fondamentale, modifie le rapport des Polonais avec la modernit\u00e9, voire m\u00eame nous emp\u00eache de devenir une soci\u00e9t\u00e9 moderne. Avec toutes ses atrocit\u00e9s, la Grande Guerre a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience bouleversante de ce que la civilisation europ\u00e9enne du XIXe si\u00e8cle avait finalement cr\u00e9\u00e9, avec son optimisme et ses id\u00e9es de progr\u00e8s et de d\u00e9veloppement. La joie li\u00e9e \u00e0 la fin de la guerre s\u2019est m\u00eal\u00e9e au d\u00e9sespoir et \u00e0 des interrogations dramatiques sur le sens d\u2019une civilisation qui en \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 exterminer massivement ses fondateurs. La Grande Guerre et toutes ses cons\u00e9quences ont finalement mis fin au XIXe si\u00e8cle, le si\u00e8cle de la vapeur et de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. En un sens, elle a \u00e9galement mis d\u00e9finitivement fin au \u00ab si\u00e8cle des Lumi\u00e8res \u00bb. En 1918, \u00ab la vieille Europe \u00bb cessa de croire en sa sup\u00e9riorit\u00e9 sacr\u00e9e, elle perdit le sentiment d\u2019avoir toujours raison. Elle s\u2019effor\u00e7a de garder la face derri\u00e8re son raffinement, m\u00eame si tout le monde le savait bien : le roi \u00e9tait nu, et son corps, malade et rid\u00e9.<\/p>\n<p>En Pologne et dans de nombreux pays d\u2019Europe centrale et orientale, l\u2019ann\u00e9e 1918 a un tout autre sens. Pour nous, c\u2019est l\u2019ann\u00e9e du retour \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, apr\u00e8s 123 ans d\u2019occupation commune par la Russie, la Prusse et l\u2019Autriche. C\u2019est l\u2019ann\u00e9e de notre lib\u00e9ration de l\u2019asservissement que \u00ab la vieille Europe \u00bb nous avait concoct\u00e9 en accord avec ce Grand Autre, la Russie. Le souvenir de cet asservissement, qui devait revenir 20 ans plus tard gr\u00e2ce \u00e0 et en accord avec \u00ab la vieille Europe \u00bb, nourrit non seulement des ressentiments nationalistes et explique le fait que la Pologne soit si facilement pass\u00e9 de premier de la classe \u00e0 hooligan de l\u2019Union Europ\u00e9enne, mais complique aussi consid\u00e9rablement notre sentiment identitaire europ\u00e9en. Nous nous sentons europ\u00e9ens, mais il est clair que nous ne sommes pas comme les pays de \u00ab la vieille Europe \u00bb qui, \u00e0 chaque changement, agissent toujours comme les arbitres de l\u2019europ\u00e9anit\u00e9. Aux yeux de l\u2019Europe, comme du reste \u00e0 nos propres yeux, nous sommes \u00ab le petit autre \u00bb, les cousins \u00e9tranges qui certes appartiennent \u00e0 la famille, mais n\u2019appliquent pas vraiment ses codes et ses principes. On ne peut pas pr\u00e9dire leurs actions. Ils ont toujours l\u2019air pr\u00eats \u00e0 monter sur la table, renverser les verres avec leurs pieds et danser leur diff\u00e9rence. Mais danser avec la larme \u00e0 l\u2019\u0153il, car ils aimeraient tout de m\u00eame devenir un membre de la famille \u00e0 part enti\u00e8re\u2026<\/p>\n<p>En nous souvenant de 1918, nous rappelons \u00e0 l\u2019Europe comme \u00e0 nous-m\u00eames ce qui constitue le point de d\u00e9part de cette r\u00e9flexion : que nous vivons \u00ab dans la diff\u00e9rence \u00bb. Cette situation, qui peut avoir et a eu des cons\u00e9quences tr\u00e8s n\u00e9gatives, peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme ayant un grand potentiel cr\u00e9atif. Dans la politique avec un grand P, se diff\u00e9rencier m\u00e8ne souvent (il en est ainsi dans l\u2019histoire de la Pologne, en tout cas) \u00e0 une solitude aux cons\u00e9quences catastrophiques et \u00e0 la perte de l\u2019autod\u00e9termination, mais dans l\u2019art, c\u2019est une valeur particuli\u00e8re qui au contraire pose les fondements de la cr\u00e9ation. L\u2019art se fonde sur la diff\u00e9renciation, sur l\u2019introduction d\u2019un nouveau point de vue, d\u2019un autre r\u00e9cit, d\u2019autres sc\u00e8nes. Il pose des probl\u00e8mes. L\u2019Europe en a bien \u00e9videmment d\u00e9j\u00e0 beaucoup, mais peut-\u00eatre en a-t-elle autant parce qu\u2019elle ne se soucie pas assez des artistes ?<\/p>\n<p>Dans le cadre du projet\u00a0<a href=\"https:\/\/www.bozar.be\/fr\/activities\/137924-1918-european-dreams-of-modernity\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>1918 Europeans Dreams of Modernity. 100 years on<\/strong><\/a>, nous pr\u00e9sentons des \u0153uvres qui ne sont pas \u00e9videntes, qui se diff\u00e9rencient, qui sont probl\u00e9matiques. V\u00e9ritablement ind\u00e9pendantes. L\u2019ind\u00e9pendance artistique ne signifie pas seulement la libert\u00e9 des artistes vis-\u00e0-vis de contraintes ext\u00e9rieures. C\u2019est \u00e9galement la libert\u00e9 vis-\u00e0-vis de contraintes propres, ou tout du moins, cela signifie \u0153uvrer et tendre vers cette libert\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que se rejoignent les souvenirs europ\u00e9ens divergents de l\u2019ann\u00e9e 1918 qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au Vieux Continent ses limites tout en \u00e9tant une ann\u00e9e de retour \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Et les d\u00e9fis qu\u2019elle repr\u00e9sente n\u2019appartiennent nullement au pass\u00e9.<br \/><br \/>(traduction :\u00a0<strong>C\u00e9cile BOCIANOWSKI<\/strong>)<br \/><br \/>Ce texte fait partie d&#8217;une publication publi\u00e9e par l&#8217;Institut Th\u00e9atrale sp\u00e9cialement pour l&#8217;occasion du projet\u00a0<a href=\"http:\/\/www.culturepolonaise.eu\/3,3,827,fr,Too_Soon_Too_Late_avec_Dada_von_Bzdulow_et_Monika_Drozynska\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Too Soon Too Late<\/strong><\/a>, le deuxi\u00e8me volet de la s\u00e9rie mise en place par le\u00a0<strong>Palais des Beaux-Arts de Bruxelles<\/strong>\u00a0intitul\u00e9e\u00a0<a href=\"http:\/\/www.culturepolonaise.eu\/3,4,831,fr,1918-2018__Pourquoi_se_souvenir_?y=2018#1918\"><strong>1918 European Dreams of Modernity. 100 Year On<\/strong><\/a>.<br \/>Vous pouvez trouver cette publication\u00a0<a href=\"http:\/\/en.instytut-teatralny.pl\/upload\/files\/pl.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ICI<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte \u00e9crit par\u00a0Dariusz KOSI\u0143SKIde\u00a0Zbigniew Raszewski Theatre Institute\u00a0\u00e0 Varsovie dans le cadre du projet\u00a0Too Soon Too Late. 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Le souvenir de cet asservissement, qui devait revenir 20 ans plus tard gr\u00e2ce \u00e0 et en accord avec \u00ab la vieille Europe \u00bb, nourrit non seulement des ressentiments nationalistes et explique le fait que la Pologne soit si facilement pass\u00e9 de premier de la classe \u00e0 hooligan de l\u2019Union Europ\u00e9enne, mais complique aussi consid\u00e9rablement notre sentiment identitaire europ\u00e9en. Nous nous sentons europ\u00e9ens, mais il est clair que nous ne sommes pas comme les pays de \u00ab la vieille Europe \u00bb qui, \u00e0 chaque changement, agissent toujours comme les arbitres de l\u2019europ\u00e9anit\u00e9. Aux yeux de l\u2019Europe, comme du reste \u00e0 nos propres yeux, nous sommes \u00ab le petit autre \u00bb, les cousins \u00e9tranges qui certes appartiennent \u00e0 la famille, mais n\u2019appliquent pas vraiment ses codes et ses principes. On ne peut pas pr\u00e9dire leurs actions. Ils ont toujours l\u2019air pr\u00eats \u00e0 monter sur la table, renverser les verres avec leurs pieds et danser leur diff\u00e9rence. Mais danser avec la larme \u00e0 l\u2019\u0153il, car ils aimeraient tout de m\u00eame devenir un membre de la famille \u00e0 part enti\u00e8re\u2026\\nEn nous souvenant de 1918, nous rappelons \u00e0 l\u2019Europe comme \u00e0 nous-m\u00eames ce qui constitue le point de d\u00e9part de cette r\u00e9flexion : que nous vivons \u00ab dans la diff\u00e9rence \u00bb. Cette situation, qui peut avoir et a eu des cons\u00e9quences tr\u00e8s n\u00e9gatives, peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme ayant un grand potentiel cr\u00e9atif. Dans la politique avec un grand P, se diff\u00e9rencier m\u00e8ne souvent (il en est ainsi dans l\u2019histoire de la Pologne, en tout cas) \u00e0 une solitude aux cons\u00e9quences catastrophiques et \u00e0 la perte de l\u2019autod\u00e9termination, mais dans l\u2019art, c\u2019est une valeur particuli\u00e8re qui au contraire pose les fondements de la cr\u00e9ation. L\u2019art se fonde sur la diff\u00e9renciation, sur l\u2019introduction d\u2019un nouveau point de vue, d\u2019un autre r\u00e9cit, d\u2019autres sc\u00e8nes. Il pose des probl\u00e8mes. L\u2019Europe en a bien \u00e9videmment d\u00e9j\u00e0 beaucoup, mais peut-\u00eatre en a-t-elle autant parce qu\u2019elle ne se soucie pas assez des artistes ?\\nDans le cadre du projet\u00a01918 Europeans Dreams of Modernity. 100 years on, nous pr\u00e9sentons des \u0153uvres qui ne sont pas \u00e9videntes, qui se diff\u00e9rencient, qui sont probl\u00e9matiques. V\u00e9ritablement ind\u00e9pendantes. L\u2019ind\u00e9pendance artistique ne signifie pas seulement la libert\u00e9 des artistes vis-\u00e0-vis de contraintes ext\u00e9rieures. C\u2019est \u00e9galement la libert\u00e9 vis-\u00e0-vis de contraintes propres, ou tout du moins, cela signifie \u0153uvrer et tendre vers cette libert\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que se rejoignent les souvenirs europ\u00e9ens divergents de l\u2019ann\u00e9e 1918 qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au Vieux Continent ses limites tout en \u00e9tant une ann\u00e9e de retour \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. 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Remembering 1918\u00a0\u00e0\u00a0Bozar.\nContrairement \u00e0 l\u2019Europe Occidentale, pour la Pologne, le souvenir de l\u2019ann\u00e9e 1918 n\u2019est pas celui de la fin de la Grande Guerre. L\u2019expression m\u00eame de \u00ab Grande Guerre \u00bb n\u2019est pas d\u2019usage en polonais, et si elle est utilis\u00e9e, c\u2019est plut\u00f4t pour la Seconde Guerre mondiale, dont on se souvient tr\u00e8s bien (ou parfois tr\u00e8s mal) dans notre pays. Dans son remarquable ouvrage\u00a0Nekroperformans. Kulturowa rekonstrukcja teatru Wielkiej Wojny\u00a0(N\u00e9croperformance. La reconstruction culturelle du th\u00e9\u00e2tre de la Grande Guerre),\u00a0Dorota SAJEWSKA\u00a0\u00e9voque le non-souvenir de la Grande Guerre comme ce qui, de mani\u00e8re fondamentale, modifie le rapport des Polonais avec la modernit\u00e9, voire m\u00eame nous emp\u00eache de devenir une soci\u00e9t\u00e9 moderne. Avec toutes ses atrocit\u00e9s, la Grande Guerre a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience bouleversante de ce que la civilisation europ\u00e9enne du XIXe si\u00e8cle avait finalement cr\u00e9\u00e9, avec son optimisme et ses id\u00e9es de progr\u00e8s et de d\u00e9veloppement. La joie li\u00e9e \u00e0 la fin de la guerre s\u2019est m\u00eal\u00e9e au d\u00e9sespoir et \u00e0 des interrogations dramatiques sur le sens d\u2019une civilisation qui en \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 exterminer massivement ses fondateurs. La Grande Guerre et toutes ses cons\u00e9quences ont finalement mis fin au XIXe si\u00e8cle, le si\u00e8cle de la vapeur et de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. En un sens, elle a \u00e9galement mis d\u00e9finitivement fin au \u00ab si\u00e8cle des Lumi\u00e8res \u00bb. En 1918, \u00ab la vieille Europe \u00bb cessa de croire en sa sup\u00e9riorit\u00e9 sacr\u00e9e, elle perdit le sentiment d\u2019avoir toujours raison. Elle s\u2019effor\u00e7a de garder la face derri\u00e8re son raffinement, m\u00eame si tout le monde le savait bien : le roi \u00e9tait nu, et son corps, malade et rid\u00e9.\nEn Pologne et dans de nombreux pays d\u2019Europe centrale et orientale, l\u2019ann\u00e9e 1918 a un tout autre sens. Pour nous, c\u2019est l\u2019ann\u00e9e du retour \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, apr\u00e8s 123 ans d\u2019occupation commune par la Russie, la Prusse et l\u2019Autriche. C\u2019est l\u2019ann\u00e9e de notre lib\u00e9ration de l\u2019asservissement que \u00ab la vieille Europe \u00bb nous avait concoct\u00e9 en accord avec ce Grand Autre, la Russie. Le souvenir de cet asservissement, qui devait revenir 20 ans plus tard gr\u00e2ce \u00e0 et en accord avec \u00ab la vieille Europe \u00bb, nourrit non seulement des ressentiments nationalistes et explique le fait que la Pologne soit si facilement pass\u00e9 de premier de la classe \u00e0 hooligan de l\u2019Union Europ\u00e9enne, mais complique aussi consid\u00e9rablement notre sentiment identitaire europ\u00e9en. Nous nous sentons europ\u00e9ens, mais il est clair que nous ne sommes pas comme les pays de \u00ab la vieille Europe \u00bb qui, \u00e0 chaque changement, agissent toujours comme les arbitres de l\u2019europ\u00e9anit\u00e9. Aux yeux de l\u2019Europe, comme du reste \u00e0 nos propres yeux, nous sommes \u00ab le petit autre \u00bb, les cousins \u00e9tranges qui certes appartiennent \u00e0 la famille, mais n\u2019appliquent pas vraiment ses codes et ses principes. On ne peut pas pr\u00e9dire leurs actions. Ils ont toujours l\u2019air pr\u00eats \u00e0 monter sur la table, renverser les verres avec leurs pieds et danser leur diff\u00e9rence. Mais danser avec la larme \u00e0 l\u2019\u0153il, car ils aimeraient tout de m\u00eame devenir un membre de la famille \u00e0 part enti\u00e8re\u2026\nEn nous souvenant de 1918, nous rappelons \u00e0 l\u2019Europe comme \u00e0 nous-m\u00eames ce qui constitue le point de d\u00e9part de cette r\u00e9flexion : que nous vivons \u00ab dans la diff\u00e9rence \u00bb. Cette situation, qui peut avoir et a eu des cons\u00e9quences tr\u00e8s n\u00e9gatives, peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme ayant un grand potentiel cr\u00e9atif. Dans la politique avec un grand P, se diff\u00e9rencier m\u00e8ne souvent (il en est ainsi dans l\u2019histoire de la Pologne, en tout cas) \u00e0 une solitude aux cons\u00e9quences catastrophiques et \u00e0 la perte de l\u2019autod\u00e9termination, mais dans l\u2019art, c\u2019est une valeur particuli\u00e8re qui au contraire pose les fondements de la cr\u00e9ation. L\u2019art se fonde sur la diff\u00e9renciation, sur l\u2019introduction d\u2019un nouveau point de vue, d\u2019un autre r\u00e9cit, d\u2019autres sc\u00e8nes. Il pose des probl\u00e8mes. L\u2019Europe en a bien \u00e9videmment d\u00e9j\u00e0 beaucoup, mais peut-\u00eatre en a-t-elle autant parce qu\u2019elle ne se soucie pas assez des artistes ?\nDans le cadre du projet\u00a01918 Europeans Dreams of Modernity. 100 years on, nous pr\u00e9sentons des \u0153uvres qui ne sont pas \u00e9videntes, qui se diff\u00e9rencient, qui sont probl\u00e9matiques. V\u00e9ritablement ind\u00e9pendantes. L\u2019ind\u00e9pendance artistique ne signifie pas seulement la libert\u00e9 des artistes vis-\u00e0-vis de contraintes ext\u00e9rieures. C\u2019est \u00e9galement la libert\u00e9 vis-\u00e0-vis de contraintes propres, ou tout du moins, cela signifie \u0153uvrer et tendre vers cette libert\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que se rejoignent les souvenirs europ\u00e9ens divergents de l\u2019ann\u00e9e 1918 qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au Vieux Continent ses limites tout en \u00e9tant une ann\u00e9e de retour \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Et les d\u00e9fis qu\u2019elle repr\u00e9sente n\u2019appartiennent nullement au pass\u00e9.(traduction :\u00a0C\u00e9cile BOCIANOWSKI)Ce texte fait partie d'une publication publi\u00e9e par l'Institut Th\u00e9atrale sp\u00e9cialement pour l'occasion du projet\u00a0Too Soon Too Late, le deuxi\u00e8me volet de la s\u00e9rie mise en place par le\u00a0Palais des Beaux-Arts de Bruxelles\u00a0intitul\u00e9e\u00a01918 European Dreams of Modernity. 100 Year On.Vous pouvez trouver cette publication\u00a0ICI."},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2018\/01\/01\/1918-2018-pourquoi-se-souvenir\/#primaryimage","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/04\/99990fr-21.jpg","contentUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/04\/99990fr-21.jpg","width":572,"height":286},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2018\/01\/01\/1918-2018-pourquoi-se-souvenir\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"1918-2018 : Pourquoi se souvenir ?"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/","name":"Instytut Polski w Brukseli","description":"Instytuty Polskie","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"pl-PL"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/ccb27e6f37dc023e9a8d394b9bc37c18","name":"dyjakn","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g","caption":"dyjakn"},"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/author\/dyjakn\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2851","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/users\/127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2851"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2851\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2853,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2851\/revisions\/2853"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2829"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2851"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2851"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2851"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}