{"id":3705,"date":"2016-01-01T23:20:12","date_gmt":"2016-01-01T22:20:12","guid":{"rendered":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?p=3705"},"modified":"2020-05-11T23:22:59","modified_gmt":"2020-05-11T21:22:59","slug":"a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/","title":{"rendered":"A l&#8217;occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une &#8222;Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e&#8221; par semaine sur cette page"},"content":{"rendered":"\n<p>Le grand aphoriste polonais\u00a0<strong>Stanis\u0142aw Jerzy LEC<\/strong>\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0<strong>Leonard NEUGER<\/strong>\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l&#8217;\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.<br \/>&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0<a href=\"http:\/\/www.culturepolonaise.eu\/3,4,691,fr,A_loccasion_du_50e_anniversaire_de_la_disparition_de_St_J_LEC?y=2016#leon\">texte de Leonard Neuger<\/a><br \/><br \/>En outre,\u00a0<strong>nous publierons chaque semaine un aphorisme de LEC<\/strong>\u00a0sur cette page. Soyez au rendez vous !<br \/><br \/><\/p>\n<h3 align=\"center\">Si l\u2019art de la conversation \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 chez nous,\u00a0<br \/>le taux de natalit\u00e9 serait plus bas.<br \/><br \/><\/h3>\n<p align=\"right\"><sup><sub>Stanis\u0142aw Jerzy Lec,\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>, \u00e9d. Noir sur Blanc, Montricher (Suisse), 1991<\/sub><\/sup><br \/><sup><sub>[traduit du polonais par Andr\u00e9 et Zofia Kozimor]<br \/>reproduit avec l&#8217;aimable autorisation des \u00e9ditions Noir sur Blanc<\/sub><\/sup><\/p>\n<div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.leseditionsnoirsurblanc.fr\/squelettes\/leseditionsnoirsurblanc\/ui\/i\/logo.jpg\" alt=\"\" width=\"162\" height=\"26\" \/><\/div>\n<hr \/><hr \/>\n<h2><a name=\"leon\"><\/a><br \/>Stanis\u0142aw Jerzy Lec.<br \/>Dans un monde changeant, instable et incertain<\/h2>\n<p>Par le prof. em.\u00a0<strong>Leonard NEUGER<\/strong>\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-issuu wp-block-embed is-type-rich is-provider-issuu\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/issuu.com\/polishculturebrussels\/docs\/lec__neuger__-_fr\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"desc\">\n<p><strong>Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0<\/strong>est n\u00e9 le 6 mars 1909 \u00e0 Lviv. Il est mort le 7 mai 1966 \u00e0 Varsovie. Il est n\u00e9 dans l\u2019empire austro-hongrois, dans la capitale d\u2019une cr\u00e9ation pour le moins \u00e9trange \u2013 le Royaume de Galicie et Lodom\u00e9rie \u2013 qui portait alors le nom de Lemberg. En 1918, au terme de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Lemberg revint \u00e0 la Pologne et retrouva sont nom polonais, Lw\u00f3w. En 1939, la ville fut occup\u00e9e par l\u2019Union sovi\u00e9tique et fut appel\u00e9e Lvov. La ville se situe actuellement en Ukraine et s\u2019appelle Lviv. Lec mourut en R\u00e9publique Populaire de Pologne, dans la capitale qui s\u2019appelait et s\u2019appelle encore aujourd\u2019hui Varsovie. Durant l\u2019Occupation par le Troisi\u00e8me Reich, la ville s\u2019appelait toutefois Warschau \u2013 Lec y s\u00e9journa un temps. Ces changements de noms, de pays, de syst\u00e8mes politiques donnent le tournis, et pourtant ils sont ici simplifi\u00e9s. Il faudrait encore y ajouter la cr\u00e9ation de l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl en 1948&#8230; Disons peut-\u00eatre tout simplement ceci : Stanis\u0142aw Jerzy Lec est n\u00e9 et est mort dans un monde changeant, instable et incertain. Derri\u00e8re ces termes se cachent l\u2019extr\u00eame cruaut\u00e9, le g\u00e9nocide et la terreur. Qui sont le cadre de la vie de Lec et de ceux de sa g\u00e9n\u00e9ration. Celle de Czes\u0142aw Mi\u0142osz.<\/p>\n<p>La m\u00e8re de Stanis\u0142aw Jerzy s\u2019appelait Adela Safir, et son p\u00e8re Benon de Tusch-Letz. Les anc\u00eatres juifs de Lec \u00e9taient originaires d\u2019Espagne et arriv\u00e8rent en Pologne en passant par les Pays-Bas et l\u2019Allemagne. Au XIXe si\u00e8cle, la famille re\u00e7ut de la part de l\u2019empereur le titre de baron pour services rendus \u00e0 la monarchie austro-hongroise. Si nous devions recommencer l\u2019introduction de ce texte, nous \u00e9cririons : le baron Stanis\u0142aw Jerzy de Tusch-Letz est n\u00e9, etc. Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale la famille lec se r\u00e9fugia \u00e0 Vienne; lorsqu\u2019elle fut revenue \u00e0 Lw\u00f3w, Stanis\u0142aw Jerzy \u00e9tudia \u00e0 l\u2019<em>Evangelische Oberschule<\/em>\u00a0puis au\u00a0<em>Kamerling Gymnasium<\/em>. La langue parl\u00e9e \u00e0 la maison \u00e9tait le polonais, et s\u00fbrement l\u2019allemand ; celle parl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u2013 l\u2019allemand ; son milieu \u00e9tait juif, polonais et autrichien ; son cercle culturel \u2013 assur\u00e9ment catholique, protestant, juif et la\u00efc. En 1927, il commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier la litt\u00e9rature et la langue polonaise, il entama ensuite des \u00e9tudes de droit dans la c\u00e9l\u00e8bre universit\u00e9 (polonaise) de\u00a0<a name=\"icioula\"><\/a>Lw\u00f3w. Il les termina en 1933. Au m\u00eame moment, Adolf hitler devenait chancelier en Allemagne.\u00a0<\/p>\n<p>C\u2019est dans un magazine litt\u00e9raire qu\u2019il fit ses d\u00e9buts en 1929. Lec prit alors une d\u00e9cision importante : il se d\u00e9barrassa de son titre aristocratique. Baron de Tusch disparut \u00e0 jamais de sa signature. Ses premiers vers sont encore sign\u00e9s de la version allemande de son nom \u2013 Letz. Ses d\u00e9buts livresques eurent lieu en 1933, sur les deux tomes de ses po\u00e8mes satiriques appara\u00eet son nom dans la graphie polonaise \u2013 Lec. A partir de ce moment, il signera toujours de la sorte, r\u00e9duisant m\u00eame quelques fois son pr\u00e9nom \u00e0 ses seules initiales : St. L. Mais Lec parlera \u00e9galement des sens cach\u00e9s de son nom de famille. LEC lu \u00e0 l\u2019envers signifie la CIBLE en polonais (<em>cel<\/em>) ; en h\u00e9breux \u2013 le CLOWN ; en allemand \u2013 le DERNIER (<em>Letzt<\/em>). Et si \u00e0 cela on ajoute que le nom de jeune de fille de sa m\u00e8re, Safrin, signifie ECRIVAIN en h\u00e9breux, un destin multilingue, polono-germano-h\u00e9breux s\u2019\u00e9chappe de ce chaos d\u2019\u00e9poques, de ce micmac de noms, de pays, de fronti\u00e8res : Lec devait \u00eatre un \u00e9crivain, un satiriste (un humoriste), une cible-victime et le dernier survivant.<\/p>\n<p>Comme beaucoup de personnes de sa g\u00e9n\u00e9ration, Lec \u00e9tait avant la guerre li\u00e9 \u00e0 la gauche communiste, mais il n\u2019appartint jamais \u00e0 aucun parti. En 1939, les terres orientales de la Pologne, dont Lw\u00f3w, furent prises par l\u2019Union sovi\u00e9tique (qui les incorpora) selon les termes du pacte Ribbentrop-Molotov. Lec \u00e9crivit pour le\u00a0<em>Czerwony Sztandar<\/em>, un journal communiste qui paraissait alors en polonais, il y publia m\u00eame un po\u00e8me \u00e0 la gloire de Staline. Il fut t\u00e9moin de la peur : il connut l\u2019arrestation des \u00e9lites litt\u00e9raires de gauche (W\u0142adys\u0142aw Broniewski, Aleksander Wat, Tadeusz Peiper), les provocations, les d\u00e9portations, ou tout simplement les disparitions soudaines. Une \u00e9poque de terreur s\u2019\u00e9tait install\u00e9e.<\/p>\n<p>En 1941, les Allemands reprirent Lvov. En tant que Juif, Lec fut plac\u00e9 dans le camp de travail de Tarnopol. Il \u00e9chappa \u00e0 une mort certaine en s\u2019enfuyant litt\u00e9ralement de sous la tombe qu\u2019il s\u2019\u00e9tait lui-m\u00eame creus\u00e9e. Cet incident heureux le sauva puis, par apr\u00e8s, sa parfaite connaissance de l\u2019allemand. Il parvint \u00e0 Varsovie (Warschau) et rejoignit les autorit\u00e9s de la R\u00e9sistance communiste. Son apparence s\u00e9mite excluait qu\u2019on puisse le cacher dans la ville. Il fut envoy\u00e9 vers des d\u00e9tachements de combattants dans la r\u00e9gion de Lublin \u2013 antis\u00e9mites, il faut l\u2019ajouter (il \u00e9crivit \u00e0 ce sujet) \u2013 avec lesquels il combattit jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, en 1949, Lec devient attach\u00e9 de presse \u00e0 la Mission de la R\u00e9publique polonaise \u00e0 Vienne, dans la zone d\u2019occupation sovi\u00e9tique. Difficile de s\u2019imaginer meilleur candidat \u00e0 ce poste : ma\u00eetrise parfaite de l\u2019allemand, grande connaissance de la ville (depuis l\u2019enfance), solide \u00e9ducation, mani\u00e8res excellentes, engagement dans l\u2019activisme de gauche depuis l\u2019avant-guerre et bonne renomm\u00e9e de po\u00e8te et de satiriste. D\u2019autant plus qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque (1946\u20131950) il publie quatre tomes de po\u00e9sie et de satire. Il s\u2019agit toutefois de se pencher sur ceux-ci avec circonspection. Alors que dans le camp communiste se joue une lutte brutale pour le pouvoir, sa formation intellectuelle de po\u00e8te et son style d\u2019\u00e9criture se voient rejet\u00e9s au profit, respectivement, d\u2019une ob\u00e9issance aveugle et du r\u00e9alisme socialiste. Les plaquettes po\u00e9tiques et satiriques qu\u2019il publie alors essuient une s\u00e9v\u00e8re critique. Du reste, la Vienne occup\u00e9e n\u2019est pas la Vienne d\u2019avant-guerre et Lec lui-m\u00eame n\u2019est plus celui qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9, il est en effet le dernier survivant&#8230; En 1950, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la Mission, Lec et sa famille d\u00e9cident de se rendre en Isra\u00ebl, ce qui fut consid\u00e9r\u00e9 en Pologne communiste comme une trahison et une d\u00e9sertion. Le po\u00e8te ne parvient pas h\u00e9las \u00e0 s\u2019y sentir chez lui. En 1952, il prend la d\u00e9cision dramatique de rentrer en Pologne. Il avait quitt\u00e9 une Pologne en pleine transformation politique lorsqu\u2019il s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Vienne. Il reivent maintenant dans une Pologne stalinienne. Les gens ont peur d\u2019\u00eatre vus avec lui, il est soumis \u00e0 un ostracisme relationnel et interdit de publication, ses livres sont retir\u00e9s des biblioth\u00e8ques. Il traduit un peu (entre autres\u00a0<em>M\u00e8re courage<\/em>\u00a0de Bertolt Brecht et des po\u00e8mes de Paul Celan). Il tente de se repentir.<\/p>\n<p>Si ses \u0153uvres peuvent \u00eatre \u00e0 nouveau publi\u00e9es dans la presse litt\u00e9raire \u00e0 partir de 1955, il faut attendre l\u2019ann\u00e9e suivante pour que soit publi\u00e9 son nouveau recueil de po\u00e9sie. Les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie se concentrent sur son travail litt\u00e9raire : il \u00e9crit des po\u00e8mes, pratique la satire, traduit. En 1955, 15 aphorismes de Lec avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans l\u2019hebdomadaire\u00a0<em>Nowa Kultura<\/em>. Personne ne se souvenait plus qu\u2019en 1949, il en avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 quatre dans l\u2019hebdomadaire\u00a0<em>Szpilki<\/em>. De 1955 \u00e0 sa mort en 1966, Lec ins\u00e8re ses\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>\u00a0dans diff\u00e9rents journaux, surtout dans\u00a0<em>Przegl\u0105d kulturalny<\/em>,\u00a0<em>\u015awiat<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Dialog<\/em>. A partir de 1957, elles paraissent \u00e9galement sous forme de volumes, dans des \u00e9ditions sans cesse augment\u00e9es, aux Editions Litt\u00e9raires de Cracovie (1957, 1959, 1964). La campagne antis\u00e9mite de 1968 repousse l\u2019\u00e9dition suivante de ses\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>\u00a0en 1972. L\u2019\u00e9dition de 1957 comprenait 193 aphorismes, celle de 1991 \u2013 2160, et celle de \u2013 2605. Dans l\u2019\u00e9dition la plus compl\u00e8te, celle des \u00e9ditions Noir sur Blanc parue en 2006, on en compte 4711, et ce gr\u00e2ce au travail d\u2019une grande sp\u00e9cialiste de Lec, Lidia Ko\u015bka, qui lui consacra une du reste monographie. Elle eut l\u2019occasion de lire de nombreux aphorismes qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, \u00e9crits sur des feuilles volantes voire sur des serviettes. Une partie d\u2019entre eux fut victime des censeurs, une autre ne parvint m\u00eame pas sur le bureau de ceux-ci pour des raisons \u00e9videntes, mais une autre partie encore attendait peut-\u00eatre d\u2019\u00eatre publi\u00e9e ou constituait une r\u00e9serve d\u2019urgence.<\/p>\n<p>Lec appelait ses \u0153uvres des &#8222;pens\u00e9es&#8221;, des &#8222;phrases&#8221; mais rarement des &#8222;aphorismes&#8221;. Peut-\u00eatre ne voulait-il pas leur imposer la forme stricte de l\u2019aphorisme, aux racines plong\u00e9es dans l\u2019Antiquit\u00e9, qui, dans les\u00a0<em>Aphorismoi<\/em>\u00a0d\u2019Hippocrate, le recueil de ses r\u00e8gles m\u00e9dicales, signifiait &#8222;diff\u00e9renciation&#8221;, &#8222;d\u00e9finition&#8221;. Il ne voulait pas s\u2019inscrire dans la tradition des sentences et des maximes antiques ou fran\u00e7aises, avec lesquelles il avait peu en commun, si ce n\u2019est peut-\u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9gance. La tradition germanophone est plus proche de Lec, surtout les \u0153uvres de Karl Kraus. Dans ses\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>, l\u2019\u00e9crivain nous indique une piste, lorsque, \u00e0 la question de savoir combien de temps mettent ses pens\u00e9es \u00e0 \u00e9clore, il r\u00e9pond &#8222;six mille ans&#8221;. C\u2019est un clin d\u2019\u0153il \u00e9vident au calendrier juif. Les liens avec la pens\u00e9e h\u00e9bra\u00efque sont l\u00e9gion dans les \u0153uvres de Lec. Et s\u2019il y a des similitudes avec l\u2019aphoristique polonaise, elles sont marginales. Le titre m\u00eame\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>\u00a0renvoie \u00e0 un \u00e9crivain proche de Lec, Heinrich Heine, qui parlait avec ironie des\u00a0<em>Sch\u00f6n gek\u00e4mmte, frisierte Gedanken<\/em>\u00a0\u2013 des &#8222;pens\u00e9es joliment coiff\u00e9es et peign\u00e9es&#8221;.<\/p>\n<p>Les\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>\u00a0connurent un immense succ\u00e8s en Pologne durant la vie de Lec. On les d\u00e9codait principalement sous un angle politique, comme l\u2019expression d\u2019une opposition au pouvoir communiste. Elles connurent \u00e9galement le succ\u00e8s hors de Pologne, surtout en Allemagne. Elles sont d\u2019indubitables chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature polonaise, et un chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019aphoristique. Lec, c\u2019est certain, se r\u00e9jouissait de cette gloire et de cette popularit\u00e9&#8230; mais elles portaient en elles un brin d\u2019amertume, car Lec se consid\u00e9rait avant tout comme un po\u00e8te. Il \u00e9tait un po\u00e8te de qualit\u00e9, mais ses\u00a0<em>Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es<\/em>\u00a0sont v\u00e9ritablement une \u0153uvre de premier plan, elles conservent leur fra\u00eecheur et leurs pi\u00e8ges. Elles puisent dans les st\u00e9r\u00e9types li\u00e9s \u00e0 la langue, aux grandes phrases, au mythes et aux automatismes, soit-disant innocents. Puis elles font soudainement voler en \u00e9clat cette innocence dans un tel \u00e9clair de lucidit\u00e9 et avec tant d\u2019esprit qu\u2019elles en seraient presque effrayantes. Et si elles conservent toujours cette charge contre la politique, ce que nous voyons mieux encore, c\u2019est leur dimension profond\u00e9ment philosophique.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span style=\"color: inherit;font-size: 1.56em;font-weight: 600\">Liens<\/span><\/p>\n<\/div>\n<ul class=\"linkList\">\n<li><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.culturepolonaise.eu\/99,99,0,fr?bn=Noir_sur_Blanc540506&amp;ex=jpg&amp;t=image&amp;mt=image%2Fjpeg&amp;width=128&amp;height=64\" alt=\"\" \/>\u00a0Editions Noir sur Blanc:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.leseditionsnoirsurblanc.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.leseditionsnoirsurblanc.fr\/<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le grand aphoriste polonais\u00a0Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l&#8217;\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0texte de Leonard Neuger En outre,\u00a0nous publierons chaque semaine [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":127,"featured_media":3706,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[116],"tags":[],"class_list":["post-3705","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.6 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>A l&#039;occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une &quot;Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e&quot; par semaine sur cette page - Instytut Polski w Brukseli<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"pl_PL\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"A l&#039;occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une &quot;Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e&quot; par semaine sur cette page - Instytut Polski w Brukseli\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le grand aphoriste polonais\u00a0Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l&#8217;\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0texte de Leonard Neuger En outre,\u00a0nous publierons chaque semaine [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Instytut Polski w Brukseli\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2016-01-01T22:20:12+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2020-05-11T21:22:59+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"572\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"358\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"dyjakn\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Napisane przez\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"dyjakn\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Szacowany czas czytania\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"10 minut\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"event\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/\",\"name\":\"A l'occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \\\"Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\\\" par semaine sur cette page\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#primaryimage\"},\"image\":[\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\",\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15-300x188.png\",\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\",\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\"],\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\",\"datePublished\":\"2016-01-01T22:20:12+02:00\",\"dateModified\":\"2020-05-11T21:22:59+02:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/ccb27e6f37dc023e9a8d394b9bc37c18\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/\"]}],\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"startDate\":\"2016-01-01\",\"endDate\":\"2016-12-31\",\"eventStatus\":\"EventScheduled\",\"eventAttendanceMode\":\"OfflineEventAttendanceMode\",\"location\":{\"@type\":\"place\",\"name\":\"\",\"address\":\"\",\"geo\":{\"@type\":\"GeoCoordinates\",\"latitude\":\"\",\"longitude\":\"\"}},\"description\":\"Le grand aphoriste polonais\u00a0Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l'\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0texte de Leonard NeugerEn outre,\u00a0nous publierons chaque semaine un aphorisme de LEC\u00a0sur cette page. Soyez au rendez vous !\\nSi l\u2019art de la conversation \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 chez nous,\u00a0le taux de natalit\u00e9 serait plus bas.\\nStanis\u0142aw Jerzy Lec,\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, \u00e9d. Noir sur Blanc, Montricher (Suisse), 1991[traduit du polonais par Andr\u00e9 et Zofia Kozimor]reproduit avec l'aimable autorisation des \u00e9ditions Noir sur Blanc\\nStanis\u0142aw Jerzy Lec.Dans un monde changeant, instable et incertain\\nPar le prof. em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm)\\nStanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0est n\u00e9 le 6 mars 1909 \u00e0 Lviv. Il est mort le 7 mai 1966 \u00e0 Varsovie. Il est n\u00e9 dans l\u2019empire austro-hongrois, dans la capitale d\u2019une cr\u00e9ation pour le moins \u00e9trange \u2013 le Royaume de Galicie et Lodom\u00e9rie \u2013 qui portait alors le nom de Lemberg. En 1918, au terme de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Lemberg revint \u00e0 la Pologne et retrouva sont nom polonais, Lw\u00f3w. En 1939, la ville fut occup\u00e9e par l\u2019Union sovi\u00e9tique et fut appel\u00e9e Lvov. La ville se situe actuellement en Ukraine et s\u2019appelle Lviv. Lec mourut en R\u00e9publique Populaire de Pologne, dans la capitale qui s\u2019appelait et s\u2019appelle encore aujourd\u2019hui Varsovie. Durant l\u2019Occupation par le Troisi\u00e8me Reich, la ville s\u2019appelait toutefois Warschau \u2013 Lec y s\u00e9journa un temps. Ces changements de noms, de pays, de syst\u00e8mes politiques donnent le tournis, et pourtant ils sont ici simplifi\u00e9s. Il faudrait encore y ajouter la cr\u00e9ation de l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl en 1948... Disons peut-\u00eatre tout simplement ceci : Stanis\u0142aw Jerzy Lec est n\u00e9 et est mort dans un monde changeant, instable et incertain. Derri\u00e8re ces termes se cachent l\u2019extr\u00eame cruaut\u00e9, le g\u00e9nocide et la terreur. Qui sont le cadre de la vie de Lec et de ceux de sa g\u00e9n\u00e9ration. Celle de Czes\u0142aw Mi\u0142osz.\\nLa m\u00e8re de Stanis\u0142aw Jerzy s\u2019appelait Adela Safir, et son p\u00e8re Benon de Tusch-Letz. Les anc\u00eatres juifs de Lec \u00e9taient originaires d\u2019Espagne et arriv\u00e8rent en Pologne en passant par les Pays-Bas et l\u2019Allemagne. Au XIXe si\u00e8cle, la famille re\u00e7ut de la part de l\u2019empereur le titre de baron pour services rendus \u00e0 la monarchie austro-hongroise. Si nous devions recommencer l\u2019introduction de ce texte, nous \u00e9cririons : le baron Stanis\u0142aw Jerzy de Tusch-Letz est n\u00e9, etc. Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale la famille lec se r\u00e9fugia \u00e0 Vienne; lorsqu\u2019elle fut revenue \u00e0 Lw\u00f3w, Stanis\u0142aw Jerzy \u00e9tudia \u00e0 l\u2019Evangelische Oberschule\u00a0puis au\u00a0Kamerling Gymnasium. La langue parl\u00e9e \u00e0 la maison \u00e9tait le polonais, et s\u00fbrement l\u2019allemand ; celle parl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u2013 l\u2019allemand ; son milieu \u00e9tait juif, polonais et autrichien ; son cercle culturel \u2013 assur\u00e9ment catholique, protestant, juif et la\u00efc. En 1927, il commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier la litt\u00e9rature et la langue polonaise, il entama ensuite des \u00e9tudes de droit dans la c\u00e9l\u00e8bre universit\u00e9 (polonaise) de\u00a0Lw\u00f3w. Il les termina en 1933. Au m\u00eame moment, Adolf hitler devenait chancelier en Allemagne.\u00a0\\nC\u2019est dans un magazine litt\u00e9raire qu\u2019il fit ses d\u00e9buts en 1929. Lec prit alors une d\u00e9cision importante : il se d\u00e9barrassa de son titre aristocratique. Baron de Tusch disparut \u00e0 jamais de sa signature. Ses premiers vers sont encore sign\u00e9s de la version allemande de son nom \u2013 Letz. Ses d\u00e9buts livresques eurent lieu en 1933, sur les deux tomes de ses po\u00e8mes satiriques appara\u00eet son nom dans la graphie polonaise \u2013 Lec. A partir de ce moment, il signera toujours de la sorte, r\u00e9duisant m\u00eame quelques fois son pr\u00e9nom \u00e0 ses seules initiales : St. L. Mais Lec parlera \u00e9galement des sens cach\u00e9s de son nom de famille. LEC lu \u00e0 l\u2019envers signifie la CIBLE en polonais (cel) ; en h\u00e9breux \u2013 le CLOWN ; en allemand \u2013 le DERNIER (Letzt). Et si \u00e0 cela on ajoute que le nom de jeune de fille de sa m\u00e8re, Safrin, signifie ECRIVAIN en h\u00e9breux, un destin multilingue, polono-germano-h\u00e9breux s\u2019\u00e9chappe de ce chaos d\u2019\u00e9poques, de ce micmac de noms, de pays, de fronti\u00e8res : Lec devait \u00eatre un \u00e9crivain, un satiriste (un humoriste), une cible-victime et le dernier survivant.\\nComme beaucoup de personnes de sa g\u00e9n\u00e9ration, Lec \u00e9tait avant la guerre li\u00e9 \u00e0 la gauche communiste, mais il n\u2019appartint jamais \u00e0 aucun parti. En 1939, les terres orientales de la Pologne, dont Lw\u00f3w, furent prises par l\u2019Union sovi\u00e9tique (qui les incorpora) selon les termes du pacte Ribbentrop-Molotov. Lec \u00e9crivit pour le\u00a0Czerwony Sztandar, un journal communiste qui paraissait alors en polonais, il y publia m\u00eame un po\u00e8me \u00e0 la gloire de Staline. Il fut t\u00e9moin de la peur : il connut l\u2019arrestation des \u00e9lites litt\u00e9raires de gauche (W\u0142adys\u0142aw Broniewski, Aleksander Wat, Tadeusz Peiper), les provocations, les d\u00e9portations, ou tout simplement les disparitions soudaines. Une \u00e9poque de terreur s\u2019\u00e9tait install\u00e9e.\\nEn 1941, les Allemands reprirent Lvov. En tant que Juif, Lec fut plac\u00e9 dans le camp de travail de Tarnopol. Il \u00e9chappa \u00e0 une mort certaine en s\u2019enfuyant litt\u00e9ralement de sous la tombe qu\u2019il s\u2019\u00e9tait lui-m\u00eame creus\u00e9e. Cet incident heureux le sauva puis, par apr\u00e8s, sa parfaite connaissance de l\u2019allemand. Il parvint \u00e0 Varsovie (Warschau) et rejoignit les autorit\u00e9s de la R\u00e9sistance communiste. Son apparence s\u00e9mite excluait qu\u2019on puisse le cacher dans la ville. Il fut envoy\u00e9 vers des d\u00e9tachements de combattants dans la r\u00e9gion de Lublin \u2013 antis\u00e9mites, il faut l\u2019ajouter (il \u00e9crivit \u00e0 ce sujet) \u2013 avec lesquels il combattit jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre.\\nApr\u00e8s la guerre, en 1949, Lec devient attach\u00e9 de presse \u00e0 la Mission de la R\u00e9publique polonaise \u00e0 Vienne, dans la zone d\u2019occupation sovi\u00e9tique. Difficile de s\u2019imaginer meilleur candidat \u00e0 ce poste : ma\u00eetrise parfaite de l\u2019allemand, grande connaissance de la ville (depuis l\u2019enfance), solide \u00e9ducation, mani\u00e8res excellentes, engagement dans l\u2019activisme de gauche depuis l\u2019avant-guerre et bonne renomm\u00e9e de po\u00e8te et de satiriste. D\u2019autant plus qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque (1946\u20131950) il publie quatre tomes de po\u00e9sie et de satire. Il s\u2019agit toutefois de se pencher sur ceux-ci avec circonspection. Alors que dans le camp communiste se joue une lutte brutale pour le pouvoir, sa formation intellectuelle de po\u00e8te et son style d\u2019\u00e9criture se voient rejet\u00e9s au profit, respectivement, d\u2019une ob\u00e9issance aveugle et du r\u00e9alisme socialiste. Les plaquettes po\u00e9tiques et satiriques qu\u2019il publie alors essuient une s\u00e9v\u00e8re critique. Du reste, la Vienne occup\u00e9e n\u2019est pas la Vienne d\u2019avant-guerre et Lec lui-m\u00eame n\u2019est plus celui qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9, il est en effet le dernier survivant... En 1950, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la Mission, Lec et sa famille d\u00e9cident de se rendre en Isra\u00ebl, ce qui fut consid\u00e9r\u00e9 en Pologne communiste comme une trahison et une d\u00e9sertion. Le po\u00e8te ne parvient pas h\u00e9las \u00e0 s\u2019y sentir chez lui. En 1952, il prend la d\u00e9cision dramatique de rentrer en Pologne. Il avait quitt\u00e9 une Pologne en pleine transformation politique lorsqu\u2019il s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Vienne. Il reivent maintenant dans une Pologne stalinienne. Les gens ont peur d\u2019\u00eatre vus avec lui, il est soumis \u00e0 un ostracisme relationnel et interdit de publication, ses livres sont retir\u00e9s des biblioth\u00e8ques. Il traduit un peu (entre autres\u00a0M\u00e8re courage\u00a0de Bertolt Brecht et des po\u00e8mes de Paul Celan). Il tente de se repentir.\\nSi ses \u0153uvres peuvent \u00eatre \u00e0 nouveau publi\u00e9es dans la presse litt\u00e9raire \u00e0 partir de 1955, il faut attendre l\u2019ann\u00e9e suivante pour que soit publi\u00e9 son nouveau recueil de po\u00e9sie. Les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie se concentrent sur son travail litt\u00e9raire : il \u00e9crit des po\u00e8mes, pratique la satire, traduit. En 1955, 15 aphorismes de Lec avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans l\u2019hebdomadaire\u00a0Nowa Kultura. Personne ne se souvenait plus qu\u2019en 1949, il en avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 quatre dans l\u2019hebdomadaire\u00a0Szpilki. De 1955 \u00e0 sa mort en 1966, Lec ins\u00e8re ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0dans diff\u00e9rents journaux, surtout dans\u00a0Przegl\u0105d kulturalny,\u00a0\u015awiat\u00a0et\u00a0Dialog. A partir de 1957, elles paraissent \u00e9galement sous forme de volumes, dans des \u00e9ditions sans cesse augment\u00e9es, aux Editions Litt\u00e9raires de Cracovie (1957, 1959, 1964). La campagne antis\u00e9mite de 1968 repousse l\u2019\u00e9dition suivante de ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0en 1972. L\u2019\u00e9dition de 1957 comprenait 193 aphorismes, celle de 1991 \u2013 2160, et celle de \u2013 2605. Dans l\u2019\u00e9dition la plus compl\u00e8te, celle des \u00e9ditions Noir sur Blanc parue en 2006, on en compte 4711, et ce gr\u00e2ce au travail d\u2019une grande sp\u00e9cialiste de Lec, Lidia Ko\u015bka, qui lui consacra une du reste monographie. Elle eut l\u2019occasion de lire de nombreux aphorismes qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, \u00e9crits sur des feuilles volantes voire sur des serviettes. Une partie d\u2019entre eux fut victime des censeurs, une autre ne parvint m\u00eame pas sur le bureau de ceux-ci pour des raisons \u00e9videntes, mais une autre partie encore attendait peut-\u00eatre d\u2019\u00eatre publi\u00e9e ou constituait une r\u00e9serve d\u2019urgence.\\nLec appelait ses \u0153uvres des \\\"pens\u00e9es\\\", des \\\"phrases\\\" mais rarement des \\\"aphorismes\\\". Peut-\u00eatre ne voulait-il pas leur imposer la forme stricte de l\u2019aphorisme, aux racines plong\u00e9es dans l\u2019Antiquit\u00e9, qui, dans les\u00a0Aphorismoi\u00a0d\u2019Hippocrate, le recueil de ses r\u00e8gles m\u00e9dicales, signifiait \\\"diff\u00e9renciation\\\", \\\"d\u00e9finition\\\". Il ne voulait pas s\u2019inscrire dans la tradition des sentences et des maximes antiques ou fran\u00e7aises, avec lesquelles il avait peu en commun, si ce n\u2019est peut-\u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9gance. La tradition germanophone est plus proche de Lec, surtout les \u0153uvres de Karl Kraus. Dans ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, l\u2019\u00e9crivain nous indique une piste, lorsque, \u00e0 la question de savoir combien de temps mettent ses pens\u00e9es \u00e0 \u00e9clore, il r\u00e9pond \\\"six mille ans\\\". C\u2019est un clin d\u2019\u0153il \u00e9vident au calendrier juif. Les liens avec la pens\u00e9e h\u00e9bra\u00efque sont l\u00e9gion dans les \u0153uvres de Lec. Et s\u2019il y a des similitudes avec l\u2019aphoristique polonaise, elles sont marginales. Le titre m\u00eame\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0renvoie \u00e0 un \u00e9crivain proche de Lec, Heinrich Heine, qui parlait avec ironie des\u00a0Sch\u00f6n gek\u00e4mmte, frisierte Gedanken\u00a0\u2013 des \\\"pens\u00e9es joliment coiff\u00e9es et peign\u00e9es\\\".\\nLes\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0connurent un immense succ\u00e8s en Pologne durant la vie de Lec. On les d\u00e9codait principalement sous un angle politique, comme l\u2019expression d\u2019une opposition au pouvoir communiste. Elles connurent \u00e9galement le succ\u00e8s hors de Pologne, surtout en Allemagne. Elles sont d\u2019indubitables chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature polonaise, et un chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019aphoristique. Lec, c\u2019est certain, se r\u00e9jouissait de cette gloire et de cette popularit\u00e9... mais elles portaient en elles un brin d\u2019amertume, car Lec se consid\u00e9rait avant tout comme un po\u00e8te. Il \u00e9tait un po\u00e8te de qualit\u00e9, mais ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0sont v\u00e9ritablement une \u0153uvre de premier plan, elles conservent leur fra\u00eecheur et leurs pi\u00e8ges. Elles puisent dans les st\u00e9r\u00e9types li\u00e9s \u00e0 la langue, aux grandes phrases, au mythes et aux automatismes, soit-disant innocents. Puis elles font soudainement voler en \u00e9clat cette innocence dans un tel \u00e9clair de lucidit\u00e9 et avec tant d\u2019esprit qu\u2019elles en seraient presque effrayantes. Et si elles conservent toujours cette charge contre la politique, ce que nous voyons mieux encore, c\u2019est leur dimension profond\u00e9ment philosophique.\u00a0\\n\u00a0\\nLiens\\n\u00a0Editions Noir sur Blanc:\u00a0http:\/\/www.leseditionsnoirsurblanc.fr\/\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png\",\"width\":572,\"height\":358,\"caption\":\"Stanis\u0142aw Jerzy Lec, Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, \u00e9d. Noir sur Blanc, Montricher (Suisse), 1991\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"A l&rsquo;occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \u00ab\u00a0Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\u00a0\u00bb par semaine sur cette page\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/\",\"name\":\"Instytut Polski w Brukseli\",\"description\":\"Instytuty Polskie\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"pl-PL\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/ccb27e6f37dc023e9a8d394b9bc37c18\",\"name\":\"dyjakn\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"dyjakn\"},\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/author\/dyjakn\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"A l'occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \"Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\" par semaine sur cette page - Instytut Polski w Brukseli","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/","og_locale":"pl_PL","og_type":"article","og_title":"A l'occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \"Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\" par semaine sur cette page - Instytut Polski w Brukseli","og_description":"Le grand aphoriste polonais\u00a0Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l&#8217;\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0texte de Leonard Neuger En outre,\u00a0nous publierons chaque semaine [&hellip;]","og_url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/","og_site_name":"Instytut Polski w Brukseli","article_published_time":"2016-01-01T22:20:12+00:00","article_modified_time":"2020-05-11T21:22:59+00:00","og_image":[{"width":572,"height":358,"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","type":"image\/png"}],"author":"dyjakn","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Napisane przez":"dyjakn","Szacowany czas czytania":"10 minut"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"event","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/","name":"A l'occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \"Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\" par semaine sur cette page","isPartOf":{"@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#primaryimage"},"image":["https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15-300x188.png","https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png"],"thumbnailUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","datePublished":"2016-01-01T22:20:12+02:00","dateModified":"2020-05-11T21:22:59+02:00","author":{"@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/ccb27e6f37dc023e9a8d394b9bc37c18"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#breadcrumb"},"inLanguage":"pl-PL","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/"]}],"@context":"https:\/\/schema.org","startDate":"2016-01-01","endDate":"2016-12-31","eventStatus":"EventScheduled","eventAttendanceMode":"OfflineEventAttendanceMode","location":{"@type":"place","name":"","address":"","geo":{"@type":"GeoCoordinates","latitude":"","longitude":""}},"description":"Le grand aphoriste polonais\u00a0Stanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0nous quittait il y a 50 ans. Pour comm\u00e9morer sa disparition, nous avons demand\u00e9 \u00e0 un grand sp\u00e9cialiste de LEC, le professeur em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm) de revenir bri\u00e8vement sur la vie et l'\u0153uvre de cet \u00e9crivain au destin chahut\u00e9.&gt;&gt;&gt; lire le\u00a0texte de Leonard NeugerEn outre,\u00a0nous publierons chaque semaine un aphorisme de LEC\u00a0sur cette page. Soyez au rendez vous !\nSi l\u2019art de la conversation \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 chez nous,\u00a0le taux de natalit\u00e9 serait plus bas.\nStanis\u0142aw Jerzy Lec,\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, \u00e9d. Noir sur Blanc, Montricher (Suisse), 1991[traduit du polonais par Andr\u00e9 et Zofia Kozimor]reproduit avec l'aimable autorisation des \u00e9ditions Noir sur Blanc\nStanis\u0142aw Jerzy Lec.Dans un monde changeant, instable et incertain\nPar le prof. em.\u00a0Leonard NEUGER\u00a0(Universit\u00e9 de Stockholm)\nStanis\u0142aw Jerzy LEC\u00a0est n\u00e9 le 6 mars 1909 \u00e0 Lviv. Il est mort le 7 mai 1966 \u00e0 Varsovie. Il est n\u00e9 dans l\u2019empire austro-hongrois, dans la capitale d\u2019une cr\u00e9ation pour le moins \u00e9trange \u2013 le Royaume de Galicie et Lodom\u00e9rie \u2013 qui portait alors le nom de Lemberg. En 1918, au terme de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Lemberg revint \u00e0 la Pologne et retrouva sont nom polonais, Lw\u00f3w. En 1939, la ville fut occup\u00e9e par l\u2019Union sovi\u00e9tique et fut appel\u00e9e Lvov. La ville se situe actuellement en Ukraine et s\u2019appelle Lviv. Lec mourut en R\u00e9publique Populaire de Pologne, dans la capitale qui s\u2019appelait et s\u2019appelle encore aujourd\u2019hui Varsovie. Durant l\u2019Occupation par le Troisi\u00e8me Reich, la ville s\u2019appelait toutefois Warschau \u2013 Lec y s\u00e9journa un temps. Ces changements de noms, de pays, de syst\u00e8mes politiques donnent le tournis, et pourtant ils sont ici simplifi\u00e9s. Il faudrait encore y ajouter la cr\u00e9ation de l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl en 1948... Disons peut-\u00eatre tout simplement ceci : Stanis\u0142aw Jerzy Lec est n\u00e9 et est mort dans un monde changeant, instable et incertain. Derri\u00e8re ces termes se cachent l\u2019extr\u00eame cruaut\u00e9, le g\u00e9nocide et la terreur. Qui sont le cadre de la vie de Lec et de ceux de sa g\u00e9n\u00e9ration. Celle de Czes\u0142aw Mi\u0142osz.\nLa m\u00e8re de Stanis\u0142aw Jerzy s\u2019appelait Adela Safir, et son p\u00e8re Benon de Tusch-Letz. Les anc\u00eatres juifs de Lec \u00e9taient originaires d\u2019Espagne et arriv\u00e8rent en Pologne en passant par les Pays-Bas et l\u2019Allemagne. Au XIXe si\u00e8cle, la famille re\u00e7ut de la part de l\u2019empereur le titre de baron pour services rendus \u00e0 la monarchie austro-hongroise. Si nous devions recommencer l\u2019introduction de ce texte, nous \u00e9cririons : le baron Stanis\u0142aw Jerzy de Tusch-Letz est n\u00e9, etc. Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale la famille lec se r\u00e9fugia \u00e0 Vienne; lorsqu\u2019elle fut revenue \u00e0 Lw\u00f3w, Stanis\u0142aw Jerzy \u00e9tudia \u00e0 l\u2019Evangelische Oberschule\u00a0puis au\u00a0Kamerling Gymnasium. La langue parl\u00e9e \u00e0 la maison \u00e9tait le polonais, et s\u00fbrement l\u2019allemand ; celle parl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u2013 l\u2019allemand ; son milieu \u00e9tait juif, polonais et autrichien ; son cercle culturel \u2013 assur\u00e9ment catholique, protestant, juif et la\u00efc. En 1927, il commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier la litt\u00e9rature et la langue polonaise, il entama ensuite des \u00e9tudes de droit dans la c\u00e9l\u00e8bre universit\u00e9 (polonaise) de\u00a0Lw\u00f3w. Il les termina en 1933. Au m\u00eame moment, Adolf hitler devenait chancelier en Allemagne.\u00a0\nC\u2019est dans un magazine litt\u00e9raire qu\u2019il fit ses d\u00e9buts en 1929. Lec prit alors une d\u00e9cision importante : il se d\u00e9barrassa de son titre aristocratique. Baron de Tusch disparut \u00e0 jamais de sa signature. Ses premiers vers sont encore sign\u00e9s de la version allemande de son nom \u2013 Letz. Ses d\u00e9buts livresques eurent lieu en 1933, sur les deux tomes de ses po\u00e8mes satiriques appara\u00eet son nom dans la graphie polonaise \u2013 Lec. A partir de ce moment, il signera toujours de la sorte, r\u00e9duisant m\u00eame quelques fois son pr\u00e9nom \u00e0 ses seules initiales : St. L. Mais Lec parlera \u00e9galement des sens cach\u00e9s de son nom de famille. LEC lu \u00e0 l\u2019envers signifie la CIBLE en polonais (cel) ; en h\u00e9breux \u2013 le CLOWN ; en allemand \u2013 le DERNIER (Letzt). Et si \u00e0 cela on ajoute que le nom de jeune de fille de sa m\u00e8re, Safrin, signifie ECRIVAIN en h\u00e9breux, un destin multilingue, polono-germano-h\u00e9breux s\u2019\u00e9chappe de ce chaos d\u2019\u00e9poques, de ce micmac de noms, de pays, de fronti\u00e8res : Lec devait \u00eatre un \u00e9crivain, un satiriste (un humoriste), une cible-victime et le dernier survivant.\nComme beaucoup de personnes de sa g\u00e9n\u00e9ration, Lec \u00e9tait avant la guerre li\u00e9 \u00e0 la gauche communiste, mais il n\u2019appartint jamais \u00e0 aucun parti. En 1939, les terres orientales de la Pologne, dont Lw\u00f3w, furent prises par l\u2019Union sovi\u00e9tique (qui les incorpora) selon les termes du pacte Ribbentrop-Molotov. Lec \u00e9crivit pour le\u00a0Czerwony Sztandar, un journal communiste qui paraissait alors en polonais, il y publia m\u00eame un po\u00e8me \u00e0 la gloire de Staline. Il fut t\u00e9moin de la peur : il connut l\u2019arrestation des \u00e9lites litt\u00e9raires de gauche (W\u0142adys\u0142aw Broniewski, Aleksander Wat, Tadeusz Peiper), les provocations, les d\u00e9portations, ou tout simplement les disparitions soudaines. Une \u00e9poque de terreur s\u2019\u00e9tait install\u00e9e.\nEn 1941, les Allemands reprirent Lvov. En tant que Juif, Lec fut plac\u00e9 dans le camp de travail de Tarnopol. Il \u00e9chappa \u00e0 une mort certaine en s\u2019enfuyant litt\u00e9ralement de sous la tombe qu\u2019il s\u2019\u00e9tait lui-m\u00eame creus\u00e9e. Cet incident heureux le sauva puis, par apr\u00e8s, sa parfaite connaissance de l\u2019allemand. Il parvint \u00e0 Varsovie (Warschau) et rejoignit les autorit\u00e9s de la R\u00e9sistance communiste. Son apparence s\u00e9mite excluait qu\u2019on puisse le cacher dans la ville. Il fut envoy\u00e9 vers des d\u00e9tachements de combattants dans la r\u00e9gion de Lublin \u2013 antis\u00e9mites, il faut l\u2019ajouter (il \u00e9crivit \u00e0 ce sujet) \u2013 avec lesquels il combattit jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre.\nApr\u00e8s la guerre, en 1949, Lec devient attach\u00e9 de presse \u00e0 la Mission de la R\u00e9publique polonaise \u00e0 Vienne, dans la zone d\u2019occupation sovi\u00e9tique. Difficile de s\u2019imaginer meilleur candidat \u00e0 ce poste : ma\u00eetrise parfaite de l\u2019allemand, grande connaissance de la ville (depuis l\u2019enfance), solide \u00e9ducation, mani\u00e8res excellentes, engagement dans l\u2019activisme de gauche depuis l\u2019avant-guerre et bonne renomm\u00e9e de po\u00e8te et de satiriste. D\u2019autant plus qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque (1946\u20131950) il publie quatre tomes de po\u00e9sie et de satire. Il s\u2019agit toutefois de se pencher sur ceux-ci avec circonspection. Alors que dans le camp communiste se joue une lutte brutale pour le pouvoir, sa formation intellectuelle de po\u00e8te et son style d\u2019\u00e9criture se voient rejet\u00e9s au profit, respectivement, d\u2019une ob\u00e9issance aveugle et du r\u00e9alisme socialiste. Les plaquettes po\u00e9tiques et satiriques qu\u2019il publie alors essuient une s\u00e9v\u00e8re critique. Du reste, la Vienne occup\u00e9e n\u2019est pas la Vienne d\u2019avant-guerre et Lec lui-m\u00eame n\u2019est plus celui qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9, il est en effet le dernier survivant... En 1950, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la Mission, Lec et sa famille d\u00e9cident de se rendre en Isra\u00ebl, ce qui fut consid\u00e9r\u00e9 en Pologne communiste comme une trahison et une d\u00e9sertion. Le po\u00e8te ne parvient pas h\u00e9las \u00e0 s\u2019y sentir chez lui. En 1952, il prend la d\u00e9cision dramatique de rentrer en Pologne. Il avait quitt\u00e9 une Pologne en pleine transformation politique lorsqu\u2019il s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Vienne. Il reivent maintenant dans une Pologne stalinienne. Les gens ont peur d\u2019\u00eatre vus avec lui, il est soumis \u00e0 un ostracisme relationnel et interdit de publication, ses livres sont retir\u00e9s des biblioth\u00e8ques. Il traduit un peu (entre autres\u00a0M\u00e8re courage\u00a0de Bertolt Brecht et des po\u00e8mes de Paul Celan). Il tente de se repentir.\nSi ses \u0153uvres peuvent \u00eatre \u00e0 nouveau publi\u00e9es dans la presse litt\u00e9raire \u00e0 partir de 1955, il faut attendre l\u2019ann\u00e9e suivante pour que soit publi\u00e9 son nouveau recueil de po\u00e9sie. Les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie se concentrent sur son travail litt\u00e9raire : il \u00e9crit des po\u00e8mes, pratique la satire, traduit. En 1955, 15 aphorismes de Lec avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans l\u2019hebdomadaire\u00a0Nowa Kultura. Personne ne se souvenait plus qu\u2019en 1949, il en avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 quatre dans l\u2019hebdomadaire\u00a0Szpilki. De 1955 \u00e0 sa mort en 1966, Lec ins\u00e8re ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0dans diff\u00e9rents journaux, surtout dans\u00a0Przegl\u0105d kulturalny,\u00a0\u015awiat\u00a0et\u00a0Dialog. A partir de 1957, elles paraissent \u00e9galement sous forme de volumes, dans des \u00e9ditions sans cesse augment\u00e9es, aux Editions Litt\u00e9raires de Cracovie (1957, 1959, 1964). La campagne antis\u00e9mite de 1968 repousse l\u2019\u00e9dition suivante de ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0en 1972. L\u2019\u00e9dition de 1957 comprenait 193 aphorismes, celle de 1991 \u2013 2160, et celle de \u2013 2605. Dans l\u2019\u00e9dition la plus compl\u00e8te, celle des \u00e9ditions Noir sur Blanc parue en 2006, on en compte 4711, et ce gr\u00e2ce au travail d\u2019une grande sp\u00e9cialiste de Lec, Lidia Ko\u015bka, qui lui consacra une du reste monographie. Elle eut l\u2019occasion de lire de nombreux aphorismes qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, \u00e9crits sur des feuilles volantes voire sur des serviettes. Une partie d\u2019entre eux fut victime des censeurs, une autre ne parvint m\u00eame pas sur le bureau de ceux-ci pour des raisons \u00e9videntes, mais une autre partie encore attendait peut-\u00eatre d\u2019\u00eatre publi\u00e9e ou constituait une r\u00e9serve d\u2019urgence.\nLec appelait ses \u0153uvres des \"pens\u00e9es\", des \"phrases\" mais rarement des \"aphorismes\". Peut-\u00eatre ne voulait-il pas leur imposer la forme stricte de l\u2019aphorisme, aux racines plong\u00e9es dans l\u2019Antiquit\u00e9, qui, dans les\u00a0Aphorismoi\u00a0d\u2019Hippocrate, le recueil de ses r\u00e8gles m\u00e9dicales, signifiait \"diff\u00e9renciation\", \"d\u00e9finition\". Il ne voulait pas s\u2019inscrire dans la tradition des sentences et des maximes antiques ou fran\u00e7aises, avec lesquelles il avait peu en commun, si ce n\u2019est peut-\u00eatre l\u2019\u00e9l\u00e9gance. La tradition germanophone est plus proche de Lec, surtout les \u0153uvres de Karl Kraus. Dans ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, l\u2019\u00e9crivain nous indique une piste, lorsque, \u00e0 la question de savoir combien de temps mettent ses pens\u00e9es \u00e0 \u00e9clore, il r\u00e9pond \"six mille ans\". C\u2019est un clin d\u2019\u0153il \u00e9vident au calendrier juif. Les liens avec la pens\u00e9e h\u00e9bra\u00efque sont l\u00e9gion dans les \u0153uvres de Lec. Et s\u2019il y a des similitudes avec l\u2019aphoristique polonaise, elles sont marginales. Le titre m\u00eame\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0renvoie \u00e0 un \u00e9crivain proche de Lec, Heinrich Heine, qui parlait avec ironie des\u00a0Sch\u00f6n gek\u00e4mmte, frisierte Gedanken\u00a0\u2013 des \"pens\u00e9es joliment coiff\u00e9es et peign\u00e9es\".\nLes\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0connurent un immense succ\u00e8s en Pologne durant la vie de Lec. On les d\u00e9codait principalement sous un angle politique, comme l\u2019expression d\u2019une opposition au pouvoir communiste. Elles connurent \u00e9galement le succ\u00e8s hors de Pologne, surtout en Allemagne. Elles sont d\u2019indubitables chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature polonaise, et un chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019aphoristique. Lec, c\u2019est certain, se r\u00e9jouissait de cette gloire et de cette popularit\u00e9... mais elles portaient en elles un brin d\u2019amertume, car Lec se consid\u00e9rait avant tout comme un po\u00e8te. Il \u00e9tait un po\u00e8te de qualit\u00e9, mais ses\u00a0Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es\u00a0sont v\u00e9ritablement une \u0153uvre de premier plan, elles conservent leur fra\u00eecheur et leurs pi\u00e8ges. Elles puisent dans les st\u00e9r\u00e9types li\u00e9s \u00e0 la langue, aux grandes phrases, au mythes et aux automatismes, soit-disant innocents. Puis elles font soudainement voler en \u00e9clat cette innocence dans un tel \u00e9clair de lucidit\u00e9 et avec tant d\u2019esprit qu\u2019elles en seraient presque effrayantes. Et si elles conservent toujours cette charge contre la politique, ce que nous voyons mieux encore, c\u2019est leur dimension profond\u00e9ment philosophique.\u00a0\n\u00a0\nLiens\n\u00a0Editions Noir sur Blanc:\u00a0http:\/\/www.leseditionsnoirsurblanc.fr\/"},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#primaryimage","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","contentUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/05\/99990fr-15.png","width":572,"height":358,"caption":"Stanis\u0142aw Jerzy Lec, Pens\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es, \u00e9d. Noir sur Blanc, Montricher (Suisse), 1991"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2016\/01\/01\/a-loccasion-du-50e-anniversaire-de-la-disparition-de-st-j-lec-retrouvez-une-pensee-echevelee-par-semaine-sur-cette-page\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"A l&rsquo;occasion du 50e anniversaire de la disparition de St. J. LEC retrouvez une \u00ab\u00a0Pens\u00e9e \u00e9chevel\u00e9e\u00a0\u00bb par semaine sur cette page"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/","name":"Instytut Polski w Brukseli","description":"Instytuty Polskie","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"pl-PL"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/ccb27e6f37dc023e9a8d394b9bc37c18","name":"dyjakn","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8275a451988be0ae9a525d2a55b644f7?s=96&d=mm&r=g","caption":"dyjakn"},"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/author\/dyjakn\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3705","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/users\/127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3705"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3705\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3707,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3705\/revisions\/3707"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3706"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3705"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3705"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3705"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}