{"id":5457,"date":"2020-08-05T16:17:19","date_gmt":"2020-08-05T14:17:19","guid":{"rendered":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?p=5457"},"modified":"2021-02-05T16:03:07","modified_gmt":"2021-02-05T15:03:07","slug":"la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/","title":{"rendered":"La Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires"},"content":{"rendered":"\n<p><span id=\"p1\">En 2009, le <span id=\"10\">Parlement Europ\u00e9en<\/span> a proclam\u00e9 le 23 ao\u00fbt, la date du pacte Molotov-Ribbentrop, la Journ\u00e9e europ\u00e9enne du souvenir <span id=\"p0\">(appel\u00e9e auparavant la Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires)<\/span>.<\/span><span id=\"p2\"> C&#8217;est ce jour-l\u00e0, en 1939, un accord <span id=\"11\" class=\"s-rg-t\">entre l&#8217;Allemagne nazie<\/span> et l&#8217;Union sovi\u00e9tique a ouvert la porte \u00e0 la Seconde Guerre mondiale et \u00e0 toutes sortes de violences totalitaires :<\/span><span id=\"p3\"> de la migration forc\u00e9e au g\u00e9nocide, en passant par l&#8217;esclavage et les crimes de guerre, jusqu&#8217;\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l&#8217;histoire mondiale :<\/span><span id=\"p4\"> l&#8217;Holocauste.<\/span><\/p>\n<p><br><span id=\"p5\">Le 23 ao\u00fbt ravive la m\u00e9moire de millions de victimes des r\u00e9gimes totalitaires, y compris les d\u00e9tenus des camps de concentration nazis, des camps de la mort, des goulags sovi\u00e9tiques et des prisons staliniennes.<\/span><span id=\"p6\"> Notre objectif est de vous rappeler leurs histoires individuelles.<\/span><span id=\"p7\"> L&#8217;objectif de la campagne &#8222;Se <span id=\"12\" class=\"s-ve-t\">souvenir<\/span>.<\/span><span id=\"p8\"> 23 ao\u00fbt&#8221; <span id=\"13\" class=\"s-ve-t\">est<\/span> de cultiver la m\u00e9moire des victi<\/span><span id=\"p8\">mes du nazisme, du stalinisme et de toutes les autres id\u00e9ologies totalitaires, que nous nous effor\u00e7ons de d\u00e9peindre non pas comme un collectif anonyme, mais comme des individus avec leurs propres histoires et destins.<\/span><span id=\"p9\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4><b>Kazimierz Moczarski<\/b><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n https:\/\/youtu.be\/-bIKiuvCk9k\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Kazimierz Moczarski nait \u00e0 Varsovie en 1907. Son service militaire effectu\u00e9, il obtient un dipl\u00f4me en droit \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Varsovie en 1932. Ensuite, il y poursuit des \u00e9tudes de journalisme et se rend \u00e0 Paris pour \u00e9tudier pendant deux ans le droit international \u00e0 l&#8217;Institut des Hautes \u00c9tudes Internationales. Par la suite, il travaille au Minist\u00e8re des Affaires sociales, o\u00f9 il s&#8217;occupe de la l\u00e9gislation relative aux conditions de travail.<\/p>\n<p>Pendant l&#8217;occupation allemande, Moczarski est un membre actif d\u2019<i>Armia Krajowa<\/i> (l&#8217;Arm\u00e9e de l&#8217;int\u00e9rieur est le plus important mouvement de r\u00e9sistance en Pologne sous l&#8217;occupation allemande et sovi\u00e9tique), o\u00f9 il travaille au Bureau de l&#8217;information et de la propagande, dirigeant la division des enqu\u00eates au sein de la R\u00e9sistance. Il organise, parmi d\u2019autres actions, la lib\u00e9ration de plus d&#8217;une douzaine de prisonniers d&#8217;un h\u00f4pital en juin 1944. Pendant l&#8217;Insurrection de Varsovie en 1944, il dirige une des quatre stations de radio qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e et devient le r\u00e9dacteur en chef de &#8222;Wiadomosci Powstancze&#8221; (le Quotidien de l&#8217;Insurrection). Pour ses activit\u00e9s, il re\u00e7oit la Croix d&#8217;Or du M\u00e9rite. Apr\u00e8s la destruction totale de Varsovie par les Allemands, Moczarski r\u00e9active les centres d&#8217;information et de propagande de l&#8217;Arm\u00e9e de l&#8217;Int\u00e9rieur \u00e0 Cracovie et \u00e0 Czestochowa.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 1945, Moczarski est arr\u00eat\u00e9 par les nouvelles autorit\u00e9s communistes qui lancent une campagne visant \u00e0 \u00e9radiquer toute opposition potentielle. En 1946, Moczarski est condamn\u00e9 \u00e0 dix ans de prison, peine r\u00e9duite ensuite \u00e0 cinq ans. En 1949, au plus fort du stalinisme, une nouvelle s\u00e9rie d&#8217;interrogatoires commence contre Moczarski et finalement, en 1952, il est condamn\u00e9 \u00e0 mort. Dans une lettre adress\u00e9e au tribunal, Moczarski \u00e9num\u00e8re 49 m\u00e9thodes de torture utilis\u00e9es contre lui. Son emprisonnement avec le commandant SS allemand J\u00fcrgen Stroop pendant cette p\u00e9riode est l&#8217;une des m\u00e9thodes appliqu\u00e9es par ses oppresseurs pour tenter de briser sa volont\u00e9. Dans le livre \u00ab&nbsp;Entretiens avec le bourreau&nbsp;\u00bb, Moczarski mentionne les promenades de Stroop, les colis de la maison, la biblioth\u00e8que personnelle et le droit de recevoir et d&#8217;envoyer des lettres \u2014 tous ces privil\u00e8ges qui lui sont refus\u00e9s. Apr\u00e8s la mort de Staline en 1953, la peine de Moczarski est commu\u00e9e \u00e0 prison \u00e0 vie, mais il n&#8217;en est inform\u00e9 que deux ans et demi plus tard.<\/p>\n<p>En avril 1956, Moczarski est enfin lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s 11 ans en prison. Il est r\u00e9habilit\u00e9 6 mois plus tard. Pendant de nombreuses ann\u00e9es apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, Moczarski travaille comme journaliste. Il utilise adroitement les marges de libert\u00e9 disponibles pour d\u00e9fendre diverses causes sociales. En 1968, il est d\u00e9mis de ses fonctions lorsqu&#8217;il prend la d\u00e9fense de ses coll\u00e8gues juifs \u00e0 l&#8217;\u00e9poque des purges antis\u00e9mites dirig\u00e9es par le parti communiste.<\/p>\n<p>Kazimierz Moczarski meurt en 1975.<\/p>\n<p>Le c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te polonais Zbigniew Herbert d\u00e9die le po\u00e8me &#8222;Co Widzia\u0142em&#8221; (Ce que j\u2019ai vu) \u00e0 la m\u00e9moire de Kazimierz Moczarski.<\/p>\n<p>(d&#8217;apr\u00e8s la Fondation Kazimierz et Zofia Moczarscy)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4><b>Milada Hor\u00e1kov\u00e1<\/b><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=MiMN-4t_vtE&#038;feature=youtu.be\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Milada Hor\u00e1kov\u00e1 nait \u00e0 Prague en 1901. Son p\u00e8re est propri\u00e9taire d&#8217;une fabrique de crayons. Elle fait ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 Prague pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, puis elle continue ses \u00e9tudes \u00e0 la facult\u00e9 de droit de l&#8217;Universit\u00e9 Charles, exactement trois ans apr\u00e8s la naissance de la R\u00e9publique tch\u00e9coslovaque. Elle obtient son dipl\u00f4me en 1926 et devient la directrice du d\u00e9partement des affaires sociales de la municipalit\u00e9 de Prague. La m\u00eame ann\u00e9e, elle rejoint le parti national-socialiste tch\u00e9coslovaque de centre-gauche. Depuis lors, elle est \u00e9galement le membre actif de divers groupes ax\u00e9s sur les droits des jeunes et des femmes.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;occupation de la Tch\u00e9coslovaquie en 1939, Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et son mari Bohuslav Hor\u00e1k rejoignent le mouvement de r\u00e9sistance. Tous les deux sont arr\u00eat\u00e9s par la Gestapo en 1940. Hor\u00e1kov\u00e1 est emprisonn\u00e9e dans la prison de la Gestapo de Pankr\u00e1c et dans la petite forteresse de Terez\u00edn. En 1944, elle est condamn\u00e9e \u00e0 huit ans d\u2019enfermement. Ensuite, elle est envoy\u00e9e au camp de concentration d&#8217;Ainach pr\u00e8s de Munich. Lib\u00e9r\u00e9e par les forces alli\u00e9es en mai 1945, elle retourne rapidement \u00e0 Prague.<\/p>\n<p>Hor\u00e1kov\u00e1 rejoint le parti national-socialiste et devient le membre du Parlement jusqu&#8217;\u00e0 la prise de pouvoir communiste en f\u00e9vrier 1948, date \u00e0 laquelle elle d\u00e9missionne de son mandat. Tr\u00e8s vite, elle participe aux efforts de r\u00e9tablissement de la d\u00e9mocratie avec d&#8217;autres anciens membres du parti national-socialiste.<span class=\"Apple-converted-space\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>Milada Hor\u00e1kov\u00e1 est arr\u00eat\u00e9e par la police secr\u00e8te communiste en septembre 1949, en m\u00eame temps que de nombreux autres anciens membres des partis politiques non-communistes et avec l&#8217;aide de deux &#8222;conseillers&#8221; sovi\u00e9tiques, elle commence \u00e0 pr\u00e9parer un dossier contre eux. Bien qu&#8217;elle est contrainte d&#8217;avouer certains des &#8222;crimes&#8221; pr\u00e9sum\u00e9s, elle tente de se d\u00e9fendre courageusement, ainsi que ses coaccus\u00e9s, lors du proc\u00e8s.<span class=\"Apple-converted-space\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p>La proc\u00e9dure d\u2019inculpation de Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et de douze autres personnes s\u2019ouvre le 31 mai 1950. C&#8217;est un proc\u00e8s spectacle, bas\u00e9 sur les proc\u00e8s sovi\u00e9tiques mis en sc\u00e8ne lors des purges de Staline dans les ann\u00e9es 1930. Le 8 juin 1950, Hor\u00e1kov\u00e1 et trois de ses coaccus\u00e9s sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Malgr\u00e9 les appels \u00e0 la cl\u00e9mence de personnages tels que Winston Churchill ou Albert Einstein, le pr\u00e9sident tch\u00e9coslovaque Klement Gottwald confirme leur condamnation.<\/p>\n<p>(d&#8217;apr\u00e8s La Radio tch\u00e8que)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4><b>P\u00e9ter Mansfeld<\/b><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OA7WBoiW1Eg&#038;feature=youtu.be\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Adolescent, P\u00e9ter Mansfeld participe \u00e0 la r\u00e9volution hongroise de 1956 \u00e0 Budapest. Il rejoint l&#8217;unit\u00e9 rebelle de J\u00e1nos Szab\u00f3 sur la place Sz\u00e9na \u00e0 Buda, l&#8217;un de plus fort point de r\u00e9sistance de la Garde nationale insurg\u00e9e. Il est le messager dont l\u2019activit\u00e9 permet d\u2019\u00e9changer les informations entre les diff\u00e9rentes unit\u00e9s rebelles. Il transporte des tracts ainsi que des grenades, parfois des armes, il livre \u00e9galement des m\u00e9dicaments depuis l&#8217;h\u00f4pital Margaret.<\/p>\n<p>La r\u00e9pression et la terreur des communistes montent particuli\u00e8rement en d\u00e9cembre 1956 et janvier 1957. Ils conduisent aux ex\u00e9cutions massives d&#8217;insurg\u00e9s hongrois et \u00e0 leur d\u00e9portation dans des camps de travail ou des prisons. La r\u00e9pression touche \u00e9galement des insurg\u00e9s de la place Sz\u00e9na dont beaucoup sont pendus. Peu de temps apr\u00e8s, Peter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9. Mansfeld veut s\u2019enfuir de la prison puis relancer la r\u00e9volution. Il forme un groupe qui entreprend diff\u00e9rents actes en 1958, entre autres, l&#8217;enl\u00e8vement et le d\u00e9sarmement d&#8217;un milicien patrouillant dans la zone de l&#8217;ambassade d&#8217;Autriche.<\/p>\n<p>Peter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9 en f\u00e9vrier 1958 avec quatre de ses camarades. Les conditions carc\u00e9rales sont extr\u00eamement difficiles. Les adolescents sont interrog\u00e9s toute la nuit et d\u00e9tenus dans de petites cellules sombres. Malgr\u00e9 les circonstances P\u00e9ter conserve son courage et un esprit fort. Le procureur qualifie Peter de tra\u00eetre de classe et de contre-r\u00e9volutionnaire en lui r\u00e9clamant la peine maximale.<\/p>\n<p>Le 21 novembre 1958 Peter Mansfeld est condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Cependant, le 19 mars 1959 le tribunal populaire de Budapest durcit la peine. Il est condamn\u00e9 \u00e0 la mort. P\u00e9ter Mansfeld est pendu le matin du 21 mars \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 18 ans \u00e0 peine.<\/p>\n\n\n\n<h4><b>Mala Zimetbaum et Edek Gali\u0144ski<\/b><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=yeeFO0Ywd1w&#038;feature=youtu.be\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Mala (Mally) Zimetbaum nait \u00e0 Brzesk (Pologne) en 1918. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 20, elle \u00e9migre avec sa famille \u00e0 Anvers (Belgique). En septembre 1942, elle est arr\u00eat\u00e9e lors d&#8217;une rafle de Juifs \u00e0 la gare centrale d\u2019Anvers. Quatre jours plus tard, elle se retrouve dans un transport vers le camp de concentration d&#8217;Auschwitz qui arrive sur place le 17 septembre. Lors d&#8217;une s\u00e9lection \u00e0 la rampe, elle est envoy\u00e9e au camp de Birkenau, o\u00f9 elle re\u00e7oit le num\u00e9ro 19880. Mala est engag\u00e9e au camp de femmes comme interpr\u00e8te et messag\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la connaissance de plusieurs langues.<\/p>\n<p>Edward (Edek) Gali\u0144ski est arr\u00eat\u00e9 au printemps de 1940 avec un groupe d&#8217;\u00e9l\u00e8ves de coll\u00e8ge pendant la campagne &#8222;AB&#8221; dirig\u00e9e contre l&#8217;intelligentsia polonaise. Il est amen\u00e9 \u00e0 Auschwitz le 14 juin 1940, dans le premier transport de prisonniers politiques polonais. Au cours de la proc\u00e9dure d&#8217;enregistrement Edek re\u00e7oit le num\u00e9ro 531. Il travaille dans l&#8217;usine sid\u00e9rurgique et dans une \u00e9quipe d&#8217;installateurs, d&#8217;abord dans le camp d&#8217;Auschwitz, puis \u00e0 Birkenau.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux leurs fonctions, Edek Gali\u0144ski et Mala Zimetbaum ont la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer dans le camp. Ils se rencontrent au tournant des ann\u00e9es 1943 et 1944 et tombent amoureux. Initialement, Gali\u0144ski pr\u00e9voit de s&#8217;\u00e9chapper avec son ami, Wis\u0142aw Kielar. V\u00eatu d&#8217;un uniforme SS et \u00e9quip\u00e9 d\u2019un pistolet, qu\u2019il re\u00e7oit secr\u00e8tement de l&#8217;ancien Kommandof\u00fchrer de l&#8217;usine sid\u00e9rurgique le SS-Rottenf\u00fchrer Edward Lubusch, Edek doit escorter son ami au travail. Cependant, apr\u00e8s la rencontre avec Mala Zimetbaum, Edek insiste qu&#8217;elle s&#8217;\u00e9chappe du camp avec lui. Finalement, Kielar renonce \u00e0 l&#8217;\u00e9vasion, ce qui aide \u00e0 Mala et Edek lors de leur tentative de fuite.<\/p>\n<p>Le 24 juin 1944, Gali\u0144ski habill\u00e9 dans son uniforme SS vol\u00e9, attends Mala Zimetbaum \u00e0 l&#8217;endroit convenu. En se servant d\u2019un laissez-passer vierge pour les hommes SS, vol\u00e9 et falsifi\u00e9 par Mala auparavant, ils peuvent sortir \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du camp. Au bout de deux semaines, ils rencontrent une patrouille allemande. Mala est arr\u00eat\u00e9e, mais Gali\u0144ski arrive \u00e0 s&#8217;\u00e9chapper au dernier moment. Plus tard Edek sors de sa cachette et se rends aux Allemands pour rejoindre Mala.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une longue et brutale enqu\u00eate Mala et Edek sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Tortur\u00e9s, ils ne rel\u00e8vent pas des informations sur les personnes qui les aident dans l\u2019organisation de l\u2019\u00e9vasion. Edward Gali\u0144ski est pendu au camp de Birkenau, tandis que Mala Zimetbaum s&#8217;ouvre les veines pendant l&#8217;ex\u00e9cution. Elle est ensuite transport\u00e9e au cr\u00e9matorium et est probablement morte \u00e0 cause de perte de sang ou est abattue par les Allemands.<\/p>\n\n\n\n<h4><b>Juliana Zarchi<\/b><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aMsOzImJnz0&#038;feature=youtu.be\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Juliana Zarchi nait \u00e0 Kaunas (Lituanie) en 1938. Son p\u00e8re, lituanien d&#8217;origine juive, Dr. Mausha (Mau\u0161a) Zarchi, rencontre sa future \u00e9pouse, Gerta Urchs alors qu&#8217;il travaille \u00e0 D\u00fcsseldorf. \u00c9tant donn\u00e9 ils ne peuvent pas se marier au Troisi\u00e8me Reich en raison de la l\u00e9gislation raciste nazie, Gerta se convertit au juda\u00efsme en 1934 et \u00e9pouse Mausha en Lituanie. Elle obtient ainsi la citoyennet\u00e9 lituanienne. La famille continue de vivre en Allemagne jusqu&#8217;en 1937, date \u00e0 laquelle le permis de travail de Mausha n&#8217;est plus prolong\u00e9. Ils d\u00e9cident alors de s&#8217;installer en Lituanie.<\/p>\n<p>En 1939 la Seconde Guerre mondiale \u00e9clate. La Lituanie est annex\u00e9e par l&#8217;Union sovi\u00e9tique puis, lorsque le Troisi\u00e8me Reich se retourne contre son ancien alli\u00e9 et attaque l&#8217;URSS en 1941, le pays est occupe par les nazis. C&#8217;est alors que le Dr. Zarchi d\u00e9cide de s\u2019enfuir vers l&#8217;est en pensant que sa fille et sa femme, d&#8217;apparence aryenne, ont de meilleures chances de survie suite \u00e0 son d\u00e9part. Il a est tu\u00e9 par les Einsatzgruppen, ce que ses proches apprennent apr\u00e8s la fin de la guerre.<\/p>\n<p>\u00c0 peine \u00e2g\u00e9e de trois ans, Juliana, \u00e0 moiti\u00e9 juive, est envoy\u00e9e dans le ghetto de Kaunas et estboblig\u00e9e d&#8217;y rester pendant plusieurs mois. Elle en sort clandestinement avec l&#8217;aide d\u2019un proche de la famille, M. Pranas Vocelka. Sa m\u00e8re craigne de se s\u00e9parer d&#8217;elle, et Juliana passe presque toute la p\u00e9riode d&#8217;occupation allemande cach\u00e9e dans leur maison, dans la cuisine ou dans une petite pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 la toute fin de la guerre qu&#8217;elle est conduite chez des s\u0153urs carm\u00e9lites.<\/p>\n<p>Lorsque l&#8217;arm\u00e9e sovi\u00e9tique rentre en Lituanie, Gerta esp\u00e8re ne plus craindre pour la vie de sa fille. Mais elles sont toutes les deux d\u00e9port\u00e9es au Tadjikistan, en Asie centrale, dans le cadre d&#8217;une purge des Allemands de souche. Elles sont stigmatis\u00e9es par la population locale comme &#8222;fascistes&#8221; et forc\u00e9es de vivre et de travailler dans des conditions d\u00e9sastreuses. Si les r\u00e9pressions s\u2019att\u00e9nuent apr\u00e8s la mort de Staline, l&#8217;exil de Juliana et Gerta ne prends fin qu&#8217;au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. Juliana retourne en Lituanie en 1962. Elle s\u2019y installe et commence \u00e0 enseigner l&#8217;allemand \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Vytautas Magnus de Kaunas (elle veut \u00e9tudier la m\u00e9decine, mais on lui refuse cette possibilit\u00e9 parce qu&#8217;elle fut d\u00e9port\u00e9e). Un an plus tard, Gerta rejoint sa fille. Toute sa vie, elle essaye de retourner \u00e0 D\u00fcsseldorf, mais les autorit\u00e9s de l&#8217;URSS lui refusent la permission. Elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Kaunas en 1991.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, Juliana vit \u00e0 Kaunas o\u00f9 elle est membre de la communaut\u00e9 juive. Elle voyage r\u00e9guli\u00e8rement et partage son histoire et celle de sa famille sous les deux dictatures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet<strong> &#8222;Remember. August 23&#8221;<\/strong> est une initiative du\u00a0<a href=\"https:\/\/enrs.eu\/en\/about-us\">European Network Remembrance and Solidarity<\/a>.\u00a0<\/p>\n<p><br \/>Nos partenaires:\u00a0<br \/><a href=\"http:\/\/www.brusszel.balassiintezet.hu\/en\/\">Balassi Institute Brussels<\/a>,\u00a0<br \/><a href=\"http:\/\/brussels.czechcentres.cz\">Czech Centre Brussels<\/a>,\u00a0<br \/><a href=\"https:\/\/historia-europa.ep.eu\/fr\/bienvenue-la-maison-de-lhistoire-europeenne\">Maison de l&#8217;histoire europ\u00e9enne<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2009, le Parlement Europ\u00e9en a proclam\u00e9 le 23 ao\u00fbt, la date du pacte Molotov-Ribbentrop, la Journ\u00e9e europ\u00e9enne du souvenir (appel\u00e9e auparavant la Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires). 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C'est ce jour-l\u00e0, en 1939, un accord entre l'Allemagne nazie et l'Union sovi\u00e9tique a ouvert la porte \u00e0 la Seconde Guerre mondiale et \u00e0 toutes sortes de violences totalitaires : de la migration forc\u00e9e au g\u00e9nocide, en passant par l'esclavage et les crimes de guerre, jusqu'\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l'histoire mondiale : l'Holocauste.\\nLe 23 ao\u00fbt ravive la m\u00e9moire de millions de victimes des r\u00e9gimes totalitaires, y compris les d\u00e9tenus des camps de concentration nazis, des camps de la mort, des goulags sovi\u00e9tiques et des prisons staliniennes. Notre objectif est de vous rappeler leurs histoires individuelles. L'objectif de la campagne \\\"Se souvenir. 23 ao\u00fbt\\\" est de cultiver la m\u00e9moire des victimes du nazisme, du stalinisme et de toutes les autres id\u00e9ologies totalitaires, que nous nous effor\u00e7ons de d\u00e9peindre non pas comme un collectif anonyme, mais comme des individus avec leurs propres histoires et destins. \\n \\n \\nKazimierz Moczarski\\nKazimierz Moczarski nait \u00e0 Varsovie en 1907. Son service militaire effectu\u00e9, il obtient un dipl\u00f4me en droit \u00e0 l'Universit\u00e9 de Varsovie en 1932. Ensuite, il y poursuit des \u00e9tudes de journalisme et se rend \u00e0 Paris pour \u00e9tudier pendant deux ans le droit international \u00e0 l'Institut des Hautes \u00c9tudes Internationales. Par la suite, il travaille au Minist\u00e8re des Affaires sociales, o\u00f9 il s'occupe de la l\u00e9gislation relative aux conditions de travail.\\nPendant l'occupation allemande, Moczarski est un membre actif d\u2019Armia Krajowa (l'Arm\u00e9e de l'int\u00e9rieur est le plus important mouvement de r\u00e9sistance en Pologne sous l'occupation allemande et sovi\u00e9tique), o\u00f9 il travaille au Bureau de l'information et de la propagande, dirigeant la division des enqu\u00eates au sein de la R\u00e9sistance. Il organise, parmi d\u2019autres actions, la lib\u00e9ration de plus d'une douzaine de prisonniers d'un h\u00f4pital en juin 1944. Pendant l'Insurrection de Varsovie en 1944, il dirige une des quatre stations de radio qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e et devient le r\u00e9dacteur en chef de \\\"Wiadomosci Powstancze\\\" (le Quotidien de l'Insurrection). Pour ses activit\u00e9s, il re\u00e7oit la Croix d'Or du M\u00e9rite. Apr\u00e8s la destruction totale de Varsovie par les Allemands, Moczarski r\u00e9active les centres d'information et de propagande de l'Arm\u00e9e de l'Int\u00e9rieur \u00e0 Cracovie et \u00e0 Czestochowa.\\nEn ao\u00fbt 1945, Moczarski est arr\u00eat\u00e9 par les nouvelles autorit\u00e9s communistes qui lancent une campagne visant \u00e0 \u00e9radiquer toute opposition potentielle. En 1946, Moczarski est condamn\u00e9 \u00e0 dix ans de prison, peine r\u00e9duite ensuite \u00e0 cinq ans. En 1949, au plus fort du stalinisme, une nouvelle s\u00e9rie d'interrogatoires commence contre Moczarski et finalement, en 1952, il est condamn\u00e9 \u00e0 mort. Dans une lettre adress\u00e9e au tribunal, Moczarski \u00e9num\u00e8re 49 m\u00e9thodes de torture utilis\u00e9es contre lui. Son emprisonnement avec le commandant SS allemand J\u00fcrgen Stroop pendant cette p\u00e9riode est l'une des m\u00e9thodes appliqu\u00e9es par ses oppresseurs pour tenter de briser sa volont\u00e9. Dans le livre \u00ab Entretiens avec le bourreau \u00bb, Moczarski mentionne les promenades de Stroop, les colis de la maison, la biblioth\u00e8que personnelle et le droit de recevoir et d'envoyer des lettres \u2014 tous ces privil\u00e8ges qui lui sont refus\u00e9s. Apr\u00e8s la mort de Staline en 1953, la peine de Moczarski est commu\u00e9e \u00e0 prison \u00e0 vie, mais il n'en est inform\u00e9 que deux ans et demi plus tard.\\nEn avril 1956, Moczarski est enfin lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s 11 ans en prison. Il est r\u00e9habilit\u00e9 6 mois plus tard. Pendant de nombreuses ann\u00e9es apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, Moczarski travaille comme journaliste. Il utilise adroitement les marges de libert\u00e9 disponibles pour d\u00e9fendre diverses causes sociales. En 1968, il est d\u00e9mis de ses fonctions lorsqu'il prend la d\u00e9fense de ses coll\u00e8gues juifs \u00e0 l'\u00e9poque des purges antis\u00e9mites dirig\u00e9es par le parti communiste.\\nKazimierz Moczarski meurt en 1975.\\nLe c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te polonais Zbigniew Herbert d\u00e9die le po\u00e8me \\\"Co Widzia\u0142em\\\" (Ce que j\u2019ai vu) \u00e0 la m\u00e9moire de Kazimierz Moczarski.\\n(d'apr\u00e8s la Fondation Kazimierz et Zofia Moczarscy)\\n \\nMilada Hor\u00e1kov\u00e1\\nMilada Hor\u00e1kov\u00e1 nait \u00e0 Prague en 1901. Son p\u00e8re est propri\u00e9taire d'une fabrique de crayons. Elle fait ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 Prague pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, puis elle continue ses \u00e9tudes \u00e0 la facult\u00e9 de droit de l'Universit\u00e9 Charles, exactement trois ans apr\u00e8s la naissance de la R\u00e9publique tch\u00e9coslovaque. Elle obtient son dipl\u00f4me en 1926 et devient la directrice du d\u00e9partement des affaires sociales de la municipalit\u00e9 de Prague. La m\u00eame ann\u00e9e, elle rejoint le parti national-socialiste tch\u00e9coslovaque de centre-gauche. Depuis lors, elle est \u00e9galement le membre actif de divers groupes ax\u00e9s sur les droits des jeunes et des femmes.\\nD\u00e8s le d\u00e9but de l'occupation de la Tch\u00e9coslovaquie en 1939, Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et son mari Bohuslav Hor\u00e1k rejoignent le mouvement de r\u00e9sistance. Tous les deux sont arr\u00eat\u00e9s par la Gestapo en 1940. Hor\u00e1kov\u00e1 est emprisonn\u00e9e dans la prison de la Gestapo de Pankr\u00e1c et dans la petite forteresse de Terez\u00edn. En 1944, elle est condamn\u00e9e \u00e0 huit ans d\u2019enfermement. Ensuite, elle est envoy\u00e9e au camp de concentration d'Ainach pr\u00e8s de Munich. Lib\u00e9r\u00e9e par les forces alli\u00e9es en mai 1945, elle retourne rapidement \u00e0 Prague.\\nHor\u00e1kov\u00e1 rejoint le parti national-socialiste et devient le membre du Parlement jusqu'\u00e0 la prise de pouvoir communiste en f\u00e9vrier 1948, date \u00e0 laquelle elle d\u00e9missionne de son mandat. Tr\u00e8s vite, elle participe aux efforts de r\u00e9tablissement de la d\u00e9mocratie avec d'autres anciens membres du parti national-socialiste. \\nMilada Hor\u00e1kov\u00e1 est arr\u00eat\u00e9e par la police secr\u00e8te communiste en septembre 1949, en m\u00eame temps que de nombreux autres anciens membres des partis politiques non-communistes et avec l'aide de deux \\\"conseillers\\\" sovi\u00e9tiques, elle commence \u00e0 pr\u00e9parer un dossier contre eux. Bien qu'elle est contrainte d'avouer certains des \\\"crimes\\\" pr\u00e9sum\u00e9s, elle tente de se d\u00e9fendre courageusement, ainsi que ses coaccus\u00e9s, lors du proc\u00e8s. \\nLa proc\u00e9dure d\u2019inculpation de Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et de douze autres personnes s\u2019ouvre le 31 mai 1950. C'est un proc\u00e8s spectacle, bas\u00e9 sur les proc\u00e8s sovi\u00e9tiques mis en sc\u00e8ne lors des purges de Staline dans les ann\u00e9es 1930. Le 8 juin 1950, Hor\u00e1kov\u00e1 et trois de ses coaccus\u00e9s sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Malgr\u00e9 les appels \u00e0 la cl\u00e9mence de personnages tels que Winston Churchill ou Albert Einstein, le pr\u00e9sident tch\u00e9coslovaque Klement Gottwald confirme leur condamnation.\\n(d'apr\u00e8s La Radio tch\u00e8que)\\n \\nP\u00e9ter Mansfeld\\nAdolescent, P\u00e9ter Mansfeld participe \u00e0 la r\u00e9volution hongroise de 1956 \u00e0 Budapest. Il rejoint l'unit\u00e9 rebelle de J\u00e1nos Szab\u00f3 sur la place Sz\u00e9na \u00e0 Buda, l'un de plus fort point de r\u00e9sistance de la Garde nationale insurg\u00e9e. Il est le messager dont l\u2019activit\u00e9 permet d\u2019\u00e9changer les informations entre les diff\u00e9rentes unit\u00e9s rebelles. Il transporte des tracts ainsi que des grenades, parfois des armes, il livre \u00e9galement des m\u00e9dicaments depuis l'h\u00f4pital Margaret.\\nLa r\u00e9pression et la terreur des communistes montent particuli\u00e8rement en d\u00e9cembre 1956 et janvier 1957. Ils conduisent aux ex\u00e9cutions massives d'insurg\u00e9s hongrois et \u00e0 leur d\u00e9portation dans des camps de travail ou des prisons. La r\u00e9pression touche \u00e9galement des insurg\u00e9s de la place Sz\u00e9na dont beaucoup sont pendus. Peu de temps apr\u00e8s, Peter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9. Mansfeld veut s\u2019enfuir de la prison puis relancer la r\u00e9volution. Il forme un groupe qui entreprend diff\u00e9rents actes en 1958, entre autres, l'enl\u00e8vement et le d\u00e9sarmement d'un milicien patrouillant dans la zone de l'ambassade d'Autriche.\\nPeter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9 en f\u00e9vrier 1958 avec quatre de ses camarades. Les conditions carc\u00e9rales sont extr\u00eamement difficiles. Les adolescents sont interrog\u00e9s toute la nuit et d\u00e9tenus dans de petites cellules sombres. Malgr\u00e9 les circonstances P\u00e9ter conserve son courage et un esprit fort. Le procureur qualifie Peter de tra\u00eetre de classe et de contre-r\u00e9volutionnaire en lui r\u00e9clamant la peine maximale.\\nLe 21 novembre 1958 Peter Mansfeld est condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Cependant, le 19 mars 1959 le tribunal populaire de Budapest durcit la peine. Il est condamn\u00e9 \u00e0 la mort. P\u00e9ter Mansfeld est pendu le matin du 21 mars \u00e0 l'\u00e2ge de 18 ans \u00e0 peine.\\nMala Zimetbaum et Edek Gali\u0144ski\\nMala (Mally) Zimetbaum nait \u00e0 Brzesk (Pologne) en 1918. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 20, elle \u00e9migre avec sa famille \u00e0 Anvers (Belgique). En septembre 1942, elle est arr\u00eat\u00e9e lors d'une rafle de Juifs \u00e0 la gare centrale d\u2019Anvers. Quatre jours plus tard, elle se retrouve dans un transport vers le camp de concentration d'Auschwitz qui arrive sur place le 17 septembre. Lors d'une s\u00e9lection \u00e0 la rampe, elle est envoy\u00e9e au camp de Birkenau, o\u00f9 elle re\u00e7oit le num\u00e9ro 19880. Mala est engag\u00e9e au camp de femmes comme interpr\u00e8te et messag\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la connaissance de plusieurs langues.\\nEdward (Edek) Gali\u0144ski est arr\u00eat\u00e9 au printemps de 1940 avec un groupe d'\u00e9l\u00e8ves de coll\u00e8ge pendant la campagne \\\"AB\\\" dirig\u00e9e contre l'intelligentsia polonaise. Il est amen\u00e9 \u00e0 Auschwitz le 14 juin 1940, dans le premier transport de prisonniers politiques polonais. Au cours de la proc\u00e9dure d'enregistrement Edek re\u00e7oit le num\u00e9ro 531. Il travaille dans l'usine sid\u00e9rurgique et dans une \u00e9quipe d'installateurs, d'abord dans le camp d'Auschwitz, puis \u00e0 Birkenau.\\nGr\u00e2ce aux leurs fonctions, Edek Gali\u0144ski et Mala Zimetbaum ont la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer dans le camp. Ils se rencontrent au tournant des ann\u00e9es 1943 et 1944 et tombent amoureux. Initialement, Gali\u0144ski pr\u00e9voit de s'\u00e9chapper avec son ami, Wis\u0142aw Kielar. V\u00eatu d'un uniforme SS et \u00e9quip\u00e9 d\u2019un pistolet, qu\u2019il re\u00e7oit secr\u00e8tement de l'ancien Kommandof\u00fchrer de l'usine sid\u00e9rurgique le SS-Rottenf\u00fchrer Edward Lubusch, Edek doit escorter son ami au travail. Cependant, apr\u00e8s la rencontre avec Mala Zimetbaum, Edek insiste qu'elle s'\u00e9chappe du camp avec lui. Finalement, Kielar renonce \u00e0 l'\u00e9vasion, ce qui aide \u00e0 Mala et Edek lors de leur tentative de fuite.\\nLe 24 juin 1944, Gali\u0144ski habill\u00e9 dans son uniforme SS vol\u00e9, attends Mala Zimetbaum \u00e0 l'endroit convenu. En se servant d\u2019un laissez-passer vierge pour les hommes SS, vol\u00e9 et falsifi\u00e9 par Mala auparavant, ils peuvent sortir \u00e0 l'ext\u00e9rieur du camp. Au bout de deux semaines, ils rencontrent une patrouille allemande. Mala est arr\u00eat\u00e9e, mais Gali\u0144ski arrive \u00e0 s'\u00e9chapper au dernier moment. Plus tard Edek sors de sa cachette et se rends aux Allemands pour rejoindre Mala.\\nApr\u00e8s une longue et brutale enqu\u00eate Mala et Edek sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Tortur\u00e9s, ils ne rel\u00e8vent pas des informations sur les personnes qui les aident dans l\u2019organisation de l\u2019\u00e9vasion. Edward Gali\u0144ski est pendu au camp de Birkenau, tandis que Mala Zimetbaum s'ouvre les veines pendant l'ex\u00e9cution. Elle est ensuite transport\u00e9e au cr\u00e9matorium et est probablement morte \u00e0 cause de perte de sang ou est abattue par les Allemands.\\nJuliana Zarchi\\nJuliana Zarchi nait \u00e0 Kaunas (Lituanie) en 1938. Son p\u00e8re, lituanien d'origine juive, Dr. Mausha (Mau\u0161a) Zarchi, rencontre sa future \u00e9pouse, Gerta Urchs alors qu'il travaille \u00e0 D\u00fcsseldorf. \u00c9tant donn\u00e9 ils ne peuvent pas se marier au Troisi\u00e8me Reich en raison de la l\u00e9gislation raciste nazie, Gerta se convertit au juda\u00efsme en 1934 et \u00e9pouse Mausha en Lituanie. Elle obtient ainsi la citoyennet\u00e9 lituanienne. La famille continue de vivre en Allemagne jusqu'en 1937, date \u00e0 laquelle le permis de travail de Mausha n'est plus prolong\u00e9. Ils d\u00e9cident alors de s'installer en Lituanie.\\nEn 1939 la Seconde Guerre mondiale \u00e9clate. La Lituanie est annex\u00e9e par l'Union sovi\u00e9tique puis, lorsque le Troisi\u00e8me Reich se retourne contre son ancien alli\u00e9 et attaque l'URSS en 1941, le pays est occupe par les nazis. C'est alors que le Dr. Zarchi d\u00e9cide de s\u2019enfuir vers l'est en pensant que sa fille et sa femme, d'apparence aryenne, ont de meilleures chances de survie suite \u00e0 son d\u00e9part. Il a est tu\u00e9 par les Einsatzgruppen, ce que ses proches apprennent apr\u00e8s la fin de la guerre.\\n\u00c0 peine \u00e2g\u00e9e de trois ans, Juliana, \u00e0 moiti\u00e9 juive, est envoy\u00e9e dans le ghetto de Kaunas et estboblig\u00e9e d'y rester pendant plusieurs mois. Elle en sort clandestinement avec l'aide d\u2019un proche de la famille, M. Pranas Vocelka. Sa m\u00e8re craigne de se s\u00e9parer d'elle, et Juliana passe presque toute la p\u00e9riode d'occupation allemande cach\u00e9e dans leur maison, dans la cuisine ou dans une petite pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Ce n'est qu'\u00e0 la toute fin de la guerre qu'elle est conduite chez des s\u0153urs carm\u00e9lites.\\nLorsque l'arm\u00e9e sovi\u00e9tique rentre en Lituanie, Gerta esp\u00e8re ne plus craindre pour la vie de sa fille. Mais elles sont toutes les deux d\u00e9port\u00e9es au Tadjikistan, en Asie centrale, dans le cadre d'une purge des Allemands de souche. Elles sont stigmatis\u00e9es par la population locale comme \\\"fascistes\\\" et forc\u00e9es de vivre et de travailler dans des conditions d\u00e9sastreuses. Si les r\u00e9pressions s\u2019att\u00e9nuent apr\u00e8s la mort de Staline, l'exil de Juliana et Gerta ne prends fin qu'au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. Juliana retourne en Lituanie en 1962. Elle s\u2019y installe et commence \u00e0 enseigner l'allemand \u00e0 l'universit\u00e9 Vytautas Magnus de Kaunas (elle veut \u00e9tudier la m\u00e9decine, mais on lui refuse cette possibilit\u00e9 parce qu'elle fut d\u00e9port\u00e9e). Un an plus tard, Gerta rejoint sa fille. Toute sa vie, elle essaye de retourner \u00e0 D\u00fcsseldorf, mais les autorit\u00e9s de l'URSS lui refusent la permission. Elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Kaunas en 1991.\\nAujourd'hui, Juliana vit \u00e0 Kaunas o\u00f9 elle est membre de la communaut\u00e9 juive. Elle voyage r\u00e9guli\u00e8rement et partage son histoire et celle de sa famille sous les deux dictatures.\\nLe projet \\\"Remember. August 23\\\" est une initiative du\u00a0European Network Remembrance and Solidarity.\u00a0\\nNos partenaires:\u00a0Balassi Institute Brussels,\u00a0Czech Centre Brussels,\u00a0Maison de l'histoire europ\u00e9enne\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/08\/Black-ribbon-day-website-scaled.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/08\/Black-ribbon-day-website-scaled.jpg\",\"width\":2560,\"height\":1792},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/\",\"name\":\"Instytut Polski w Brukseli\",\"description\":\"Instytuty Polskie\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"pl-PL\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/4fec55f44f974b5a8cb8a93a218b26fb\",\"name\":\"gajkoj\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/199f5c5eff606e8ea0e1b250f4d8b5cb?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/199f5c5eff606e8ea0e1b250f4d8b5cb?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"gajkoj\"},\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/author\/gajkoj\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires - Instytut Polski w Brukseli","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/","og_locale":"pl_PL","og_type":"article","og_title":"La Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires - Instytut Polski w Brukseli","og_description":"En 2009, le Parlement Europ\u00e9en a proclam\u00e9 le 23 ao\u00fbt, la date du pacte Molotov-Ribbentrop, la Journ\u00e9e europ\u00e9enne du souvenir (appel\u00e9e auparavant la Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires). 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C'est ce jour-l\u00e0, en 1939, un accord entre l'Allemagne nazie et l'Union sovi\u00e9tique a ouvert la porte \u00e0 la Seconde Guerre mondiale et \u00e0 toutes sortes de violences totalitaires : de la migration forc\u00e9e au g\u00e9nocide, en passant par l'esclavage et les crimes de guerre, jusqu'\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l'histoire mondiale : l'Holocauste.\nLe 23 ao\u00fbt ravive la m\u00e9moire de millions de victimes des r\u00e9gimes totalitaires, y compris les d\u00e9tenus des camps de concentration nazis, des camps de la mort, des goulags sovi\u00e9tiques et des prisons staliniennes. Notre objectif est de vous rappeler leurs histoires individuelles. L'objectif de la campagne \"Se souvenir. 23 ao\u00fbt\" est de cultiver la m\u00e9moire des victimes du nazisme, du stalinisme et de toutes les autres id\u00e9ologies totalitaires, que nous nous effor\u00e7ons de d\u00e9peindre non pas comme un collectif anonyme, mais comme des individus avec leurs propres histoires et destins. \n \n \nKazimierz Moczarski\nKazimierz Moczarski nait \u00e0 Varsovie en 1907. Son service militaire effectu\u00e9, il obtient un dipl\u00f4me en droit \u00e0 l'Universit\u00e9 de Varsovie en 1932. Ensuite, il y poursuit des \u00e9tudes de journalisme et se rend \u00e0 Paris pour \u00e9tudier pendant deux ans le droit international \u00e0 l'Institut des Hautes \u00c9tudes Internationales. Par la suite, il travaille au Minist\u00e8re des Affaires sociales, o\u00f9 il s'occupe de la l\u00e9gislation relative aux conditions de travail.\nPendant l'occupation allemande, Moczarski est un membre actif d\u2019Armia Krajowa (l'Arm\u00e9e de l'int\u00e9rieur est le plus important mouvement de r\u00e9sistance en Pologne sous l'occupation allemande et sovi\u00e9tique), o\u00f9 il travaille au Bureau de l'information et de la propagande, dirigeant la division des enqu\u00eates au sein de la R\u00e9sistance. Il organise, parmi d\u2019autres actions, la lib\u00e9ration de plus d'une douzaine de prisonniers d'un h\u00f4pital en juin 1944. Pendant l'Insurrection de Varsovie en 1944, il dirige une des quatre stations de radio qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e et devient le r\u00e9dacteur en chef de \"Wiadomosci Powstancze\" (le Quotidien de l'Insurrection). Pour ses activit\u00e9s, il re\u00e7oit la Croix d'Or du M\u00e9rite. Apr\u00e8s la destruction totale de Varsovie par les Allemands, Moczarski r\u00e9active les centres d'information et de propagande de l'Arm\u00e9e de l'Int\u00e9rieur \u00e0 Cracovie et \u00e0 Czestochowa.\nEn ao\u00fbt 1945, Moczarski est arr\u00eat\u00e9 par les nouvelles autorit\u00e9s communistes qui lancent une campagne visant \u00e0 \u00e9radiquer toute opposition potentielle. En 1946, Moczarski est condamn\u00e9 \u00e0 dix ans de prison, peine r\u00e9duite ensuite \u00e0 cinq ans. En 1949, au plus fort du stalinisme, une nouvelle s\u00e9rie d'interrogatoires commence contre Moczarski et finalement, en 1952, il est condamn\u00e9 \u00e0 mort. Dans une lettre adress\u00e9e au tribunal, Moczarski \u00e9num\u00e8re 49 m\u00e9thodes de torture utilis\u00e9es contre lui. Son emprisonnement avec le commandant SS allemand J\u00fcrgen Stroop pendant cette p\u00e9riode est l'une des m\u00e9thodes appliqu\u00e9es par ses oppresseurs pour tenter de briser sa volont\u00e9. Dans le livre \u00ab Entretiens avec le bourreau \u00bb, Moczarski mentionne les promenades de Stroop, les colis de la maison, la biblioth\u00e8que personnelle et le droit de recevoir et d'envoyer des lettres \u2014 tous ces privil\u00e8ges qui lui sont refus\u00e9s. Apr\u00e8s la mort de Staline en 1953, la peine de Moczarski est commu\u00e9e \u00e0 prison \u00e0 vie, mais il n'en est inform\u00e9 que deux ans et demi plus tard.\nEn avril 1956, Moczarski est enfin lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s 11 ans en prison. Il est r\u00e9habilit\u00e9 6 mois plus tard. Pendant de nombreuses ann\u00e9es apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, Moczarski travaille comme journaliste. Il utilise adroitement les marges de libert\u00e9 disponibles pour d\u00e9fendre diverses causes sociales. En 1968, il est d\u00e9mis de ses fonctions lorsqu'il prend la d\u00e9fense de ses coll\u00e8gues juifs \u00e0 l'\u00e9poque des purges antis\u00e9mites dirig\u00e9es par le parti communiste.\nKazimierz Moczarski meurt en 1975.\nLe c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te polonais Zbigniew Herbert d\u00e9die le po\u00e8me \"Co Widzia\u0142em\" (Ce que j\u2019ai vu) \u00e0 la m\u00e9moire de Kazimierz Moczarski.\n(d'apr\u00e8s la Fondation Kazimierz et Zofia Moczarscy)\n \nMilada Hor\u00e1kov\u00e1\nMilada Hor\u00e1kov\u00e1 nait \u00e0 Prague en 1901. Son p\u00e8re est propri\u00e9taire d'une fabrique de crayons. Elle fait ses \u00e9tudes secondaires \u00e0 Prague pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, puis elle continue ses \u00e9tudes \u00e0 la facult\u00e9 de droit de l'Universit\u00e9 Charles, exactement trois ans apr\u00e8s la naissance de la R\u00e9publique tch\u00e9coslovaque. Elle obtient son dipl\u00f4me en 1926 et devient la directrice du d\u00e9partement des affaires sociales de la municipalit\u00e9 de Prague. La m\u00eame ann\u00e9e, elle rejoint le parti national-socialiste tch\u00e9coslovaque de centre-gauche. Depuis lors, elle est \u00e9galement le membre actif de divers groupes ax\u00e9s sur les droits des jeunes et des femmes.\nD\u00e8s le d\u00e9but de l'occupation de la Tch\u00e9coslovaquie en 1939, Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et son mari Bohuslav Hor\u00e1k rejoignent le mouvement de r\u00e9sistance. Tous les deux sont arr\u00eat\u00e9s par la Gestapo en 1940. Hor\u00e1kov\u00e1 est emprisonn\u00e9e dans la prison de la Gestapo de Pankr\u00e1c et dans la petite forteresse de Terez\u00edn. En 1944, elle est condamn\u00e9e \u00e0 huit ans d\u2019enfermement. Ensuite, elle est envoy\u00e9e au camp de concentration d'Ainach pr\u00e8s de Munich. Lib\u00e9r\u00e9e par les forces alli\u00e9es en mai 1945, elle retourne rapidement \u00e0 Prague.\nHor\u00e1kov\u00e1 rejoint le parti national-socialiste et devient le membre du Parlement jusqu'\u00e0 la prise de pouvoir communiste en f\u00e9vrier 1948, date \u00e0 laquelle elle d\u00e9missionne de son mandat. Tr\u00e8s vite, elle participe aux efforts de r\u00e9tablissement de la d\u00e9mocratie avec d'autres anciens membres du parti national-socialiste. \nMilada Hor\u00e1kov\u00e1 est arr\u00eat\u00e9e par la police secr\u00e8te communiste en septembre 1949, en m\u00eame temps que de nombreux autres anciens membres des partis politiques non-communistes et avec l'aide de deux \"conseillers\" sovi\u00e9tiques, elle commence \u00e0 pr\u00e9parer un dossier contre eux. Bien qu'elle est contrainte d'avouer certains des \"crimes\" pr\u00e9sum\u00e9s, elle tente de se d\u00e9fendre courageusement, ainsi que ses coaccus\u00e9s, lors du proc\u00e8s. \nLa proc\u00e9dure d\u2019inculpation de Milada Hor\u00e1kov\u00e1 et de douze autres personnes s\u2019ouvre le 31 mai 1950. C'est un proc\u00e8s spectacle, bas\u00e9 sur les proc\u00e8s sovi\u00e9tiques mis en sc\u00e8ne lors des purges de Staline dans les ann\u00e9es 1930. Le 8 juin 1950, Hor\u00e1kov\u00e1 et trois de ses coaccus\u00e9s sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Malgr\u00e9 les appels \u00e0 la cl\u00e9mence de personnages tels que Winston Churchill ou Albert Einstein, le pr\u00e9sident tch\u00e9coslovaque Klement Gottwald confirme leur condamnation.\n(d'apr\u00e8s La Radio tch\u00e8que)\n \nP\u00e9ter Mansfeld\nAdolescent, P\u00e9ter Mansfeld participe \u00e0 la r\u00e9volution hongroise de 1956 \u00e0 Budapest. Il rejoint l'unit\u00e9 rebelle de J\u00e1nos Szab\u00f3 sur la place Sz\u00e9na \u00e0 Buda, l'un de plus fort point de r\u00e9sistance de la Garde nationale insurg\u00e9e. Il est le messager dont l\u2019activit\u00e9 permet d\u2019\u00e9changer les informations entre les diff\u00e9rentes unit\u00e9s rebelles. Il transporte des tracts ainsi que des grenades, parfois des armes, il livre \u00e9galement des m\u00e9dicaments depuis l'h\u00f4pital Margaret.\nLa r\u00e9pression et la terreur des communistes montent particuli\u00e8rement en d\u00e9cembre 1956 et janvier 1957. Ils conduisent aux ex\u00e9cutions massives d'insurg\u00e9s hongrois et \u00e0 leur d\u00e9portation dans des camps de travail ou des prisons. La r\u00e9pression touche \u00e9galement des insurg\u00e9s de la place Sz\u00e9na dont beaucoup sont pendus. Peu de temps apr\u00e8s, Peter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9. Mansfeld veut s\u2019enfuir de la prison puis relancer la r\u00e9volution. Il forme un groupe qui entreprend diff\u00e9rents actes en 1958, entre autres, l'enl\u00e8vement et le d\u00e9sarmement d'un milicien patrouillant dans la zone de l'ambassade d'Autriche.\nPeter Mansfeld est arr\u00eat\u00e9 en f\u00e9vrier 1958 avec quatre de ses camarades. Les conditions carc\u00e9rales sont extr\u00eamement difficiles. Les adolescents sont interrog\u00e9s toute la nuit et d\u00e9tenus dans de petites cellules sombres. Malgr\u00e9 les circonstances P\u00e9ter conserve son courage et un esprit fort. Le procureur qualifie Peter de tra\u00eetre de classe et de contre-r\u00e9volutionnaire en lui r\u00e9clamant la peine maximale.\nLe 21 novembre 1958 Peter Mansfeld est condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Cependant, le 19 mars 1959 le tribunal populaire de Budapest durcit la peine. Il est condamn\u00e9 \u00e0 la mort. P\u00e9ter Mansfeld est pendu le matin du 21 mars \u00e0 l'\u00e2ge de 18 ans \u00e0 peine.\nMala Zimetbaum et Edek Gali\u0144ski\nMala (Mally) Zimetbaum nait \u00e0 Brzesk (Pologne) en 1918. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 20, elle \u00e9migre avec sa famille \u00e0 Anvers (Belgique). En septembre 1942, elle est arr\u00eat\u00e9e lors d'une rafle de Juifs \u00e0 la gare centrale d\u2019Anvers. Quatre jours plus tard, elle se retrouve dans un transport vers le camp de concentration d'Auschwitz qui arrive sur place le 17 septembre. Lors d'une s\u00e9lection \u00e0 la rampe, elle est envoy\u00e9e au camp de Birkenau, o\u00f9 elle re\u00e7oit le num\u00e9ro 19880. Mala est engag\u00e9e au camp de femmes comme interpr\u00e8te et messag\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la connaissance de plusieurs langues.\nEdward (Edek) Gali\u0144ski est arr\u00eat\u00e9 au printemps de 1940 avec un groupe d'\u00e9l\u00e8ves de coll\u00e8ge pendant la campagne \"AB\" dirig\u00e9e contre l'intelligentsia polonaise. Il est amen\u00e9 \u00e0 Auschwitz le 14 juin 1940, dans le premier transport de prisonniers politiques polonais. Au cours de la proc\u00e9dure d'enregistrement Edek re\u00e7oit le num\u00e9ro 531. Il travaille dans l'usine sid\u00e9rurgique et dans une \u00e9quipe d'installateurs, d'abord dans le camp d'Auschwitz, puis \u00e0 Birkenau.\nGr\u00e2ce aux leurs fonctions, Edek Gali\u0144ski et Mala Zimetbaum ont la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer dans le camp. Ils se rencontrent au tournant des ann\u00e9es 1943 et 1944 et tombent amoureux. Initialement, Gali\u0144ski pr\u00e9voit de s'\u00e9chapper avec son ami, Wis\u0142aw Kielar. V\u00eatu d'un uniforme SS et \u00e9quip\u00e9 d\u2019un pistolet, qu\u2019il re\u00e7oit secr\u00e8tement de l'ancien Kommandof\u00fchrer de l'usine sid\u00e9rurgique le SS-Rottenf\u00fchrer Edward Lubusch, Edek doit escorter son ami au travail. Cependant, apr\u00e8s la rencontre avec Mala Zimetbaum, Edek insiste qu'elle s'\u00e9chappe du camp avec lui. Finalement, Kielar renonce \u00e0 l'\u00e9vasion, ce qui aide \u00e0 Mala et Edek lors de leur tentative de fuite.\nLe 24 juin 1944, Gali\u0144ski habill\u00e9 dans son uniforme SS vol\u00e9, attends Mala Zimetbaum \u00e0 l'endroit convenu. En se servant d\u2019un laissez-passer vierge pour les hommes SS, vol\u00e9 et falsifi\u00e9 par Mala auparavant, ils peuvent sortir \u00e0 l'ext\u00e9rieur du camp. Au bout de deux semaines, ils rencontrent une patrouille allemande. Mala est arr\u00eat\u00e9e, mais Gali\u0144ski arrive \u00e0 s'\u00e9chapper au dernier moment. Plus tard Edek sors de sa cachette et se rends aux Allemands pour rejoindre Mala.\nApr\u00e8s une longue et brutale enqu\u00eate Mala et Edek sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Tortur\u00e9s, ils ne rel\u00e8vent pas des informations sur les personnes qui les aident dans l\u2019organisation de l\u2019\u00e9vasion. Edward Gali\u0144ski est pendu au camp de Birkenau, tandis que Mala Zimetbaum s'ouvre les veines pendant l'ex\u00e9cution. Elle est ensuite transport\u00e9e au cr\u00e9matorium et est probablement morte \u00e0 cause de perte de sang ou est abattue par les Allemands.\nJuliana Zarchi\nJuliana Zarchi nait \u00e0 Kaunas (Lituanie) en 1938. Son p\u00e8re, lituanien d'origine juive, Dr. Mausha (Mau\u0161a) Zarchi, rencontre sa future \u00e9pouse, Gerta Urchs alors qu'il travaille \u00e0 D\u00fcsseldorf. \u00c9tant donn\u00e9 ils ne peuvent pas se marier au Troisi\u00e8me Reich en raison de la l\u00e9gislation raciste nazie, Gerta se convertit au juda\u00efsme en 1934 et \u00e9pouse Mausha en Lituanie. Elle obtient ainsi la citoyennet\u00e9 lituanienne. La famille continue de vivre en Allemagne jusqu'en 1937, date \u00e0 laquelle le permis de travail de Mausha n'est plus prolong\u00e9. Ils d\u00e9cident alors de s'installer en Lituanie.\nEn 1939 la Seconde Guerre mondiale \u00e9clate. La Lituanie est annex\u00e9e par l'Union sovi\u00e9tique puis, lorsque le Troisi\u00e8me Reich se retourne contre son ancien alli\u00e9 et attaque l'URSS en 1941, le pays est occupe par les nazis. C'est alors que le Dr. Zarchi d\u00e9cide de s\u2019enfuir vers l'est en pensant que sa fille et sa femme, d'apparence aryenne, ont de meilleures chances de survie suite \u00e0 son d\u00e9part. Il a est tu\u00e9 par les Einsatzgruppen, ce que ses proches apprennent apr\u00e8s la fin de la guerre.\n\u00c0 peine \u00e2g\u00e9e de trois ans, Juliana, \u00e0 moiti\u00e9 juive, est envoy\u00e9e dans le ghetto de Kaunas et estboblig\u00e9e d'y rester pendant plusieurs mois. Elle en sort clandestinement avec l'aide d\u2019un proche de la famille, M. Pranas Vocelka. Sa m\u00e8re craigne de se s\u00e9parer d'elle, et Juliana passe presque toute la p\u00e9riode d'occupation allemande cach\u00e9e dans leur maison, dans la cuisine ou dans une petite pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Ce n'est qu'\u00e0 la toute fin de la guerre qu'elle est conduite chez des s\u0153urs carm\u00e9lites.\nLorsque l'arm\u00e9e sovi\u00e9tique rentre en Lituanie, Gerta esp\u00e8re ne plus craindre pour la vie de sa fille. Mais elles sont toutes les deux d\u00e9port\u00e9es au Tadjikistan, en Asie centrale, dans le cadre d'une purge des Allemands de souche. Elles sont stigmatis\u00e9es par la population locale comme \"fascistes\" et forc\u00e9es de vivre et de travailler dans des conditions d\u00e9sastreuses. Si les r\u00e9pressions s\u2019att\u00e9nuent apr\u00e8s la mort de Staline, l'exil de Juliana et Gerta ne prends fin qu'au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. Juliana retourne en Lituanie en 1962. Elle s\u2019y installe et commence \u00e0 enseigner l'allemand \u00e0 l'universit\u00e9 Vytautas Magnus de Kaunas (elle veut \u00e9tudier la m\u00e9decine, mais on lui refuse cette possibilit\u00e9 parce qu'elle fut d\u00e9port\u00e9e). Un an plus tard, Gerta rejoint sa fille. Toute sa vie, elle essaye de retourner \u00e0 D\u00fcsseldorf, mais les autorit\u00e9s de l'URSS lui refusent la permission. Elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Kaunas en 1991.\nAujourd'hui, Juliana vit \u00e0 Kaunas o\u00f9 elle est membre de la communaut\u00e9 juive. Elle voyage r\u00e9guli\u00e8rement et partage son histoire et celle de sa famille sous les deux dictatures.\nLe projet \"Remember. August 23\" est une initiative du\u00a0European Network Remembrance and Solidarity.\u00a0\nNos partenaires:\u00a0Balassi Institute Brussels,\u00a0Czech Centre Brussels,\u00a0Maison de l'histoire europ\u00e9enne"},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/#primaryimage","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/08\/Black-ribbon-day-website-scaled.jpg","contentUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/08\/Black-ribbon-day-website-scaled.jpg","width":2560,"height":1792},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/2020\/08\/05\/la-journee-europeenne-de-commemoration-des-victimes-des-regimes-totalitaires\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La Journ\u00e9e europ\u00e9enne de comm\u00e9moration des victimes des r\u00e9gimes totalitaires"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#website","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/","name":"Instytut Polski w Brukseli","description":"Instytuty Polskie","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"pl-PL"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/4fec55f44f974b5a8cb8a93a218b26fb","name":"gajkoj","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/199f5c5eff606e8ea0e1b250f4d8b5cb?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/199f5c5eff606e8ea0e1b250f4d8b5cb?s=96&d=mm&r=g","caption":"gajkoj"},"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/author\/gajkoj\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5457","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/users\/125"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5457"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5457\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6629,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5457\/revisions\/6629"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5425"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5457"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5457"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/brussels\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5457"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}