{"id":11468,"date":"2026-03-23T15:08:26","date_gmt":"2026-03-23T14:08:26","guid":{"rendered":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?p=11468"},"modified":"2026-03-24T10:36:10","modified_gmt":"2026-03-24T09:36:10","slug":"le-groupe-lados","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/","title":{"rendered":"Le groupe \u0141ado\u015b"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Introduction et caract\u00e9ristiques du groupe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la Seconde Guerre mondiale, des diplomates polonais en poste \u00e0 Berne, la capitale suisse, ont collabor\u00e9 avec la communaut\u00e9 juive pour mener \u00e0 bien la \u00ab campagne des passeports \u00bb, qui visait \u00e0 sauver des Juifs de l\u2019Holocauste. Aleksander \u0141ado\u015b, Konstanty Rokicki, Abraham Silberschein, Chaim Eiss, Stefan Ryniewicz et Juliusz K\u00fchl, \u00e9galement connus sous le nom de \u00ab groupe \u0141ado\u015b \u00bb, ont d\u00e9livr\u00e9 des passeports et des certificats de citoyennet\u00e9 ill\u00e9gaux de pays d\u2019Am\u00e9rique latine \u00e0 des Juifs menac\u00e9s d\u2019extermination. Ces documents ont permis \u00e0 leurs d\u00e9tenteurs d\u2019\u00eatre intern\u00e9s, puis \u00e9chang\u00e9s contre des prisonniers de guerre allemands, et les ont sauv\u00e9s en leur donnant une chance d\u2019\u00e9chapper au transport vers les camps de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Timothy Snyder, dans son livre <em>Terre noire\u00a0: L&#8217;Holocauste, et pourquoi il peut se r\u00e9p\u00e9ter<\/em>, \u00e9crit : \u00ab Si les Juifs devaient \u00eatre \u00e9limin\u00e9s de la plan\u00e8te, il fallait d\u2019abord les s\u00e9parer de l\u2019\u00c9tat. \u00bb Il cite \u00e9galement Hannah Arendt : \u00ab On ne peut faire ce qu\u2019on veut qu\u2019avec des apatrides. [\u2026] La premi\u00e8re \u00e9tape fondamentale vers la domination totale consiste \u00e0 an\u00e9antir la personnalit\u00e9 juridique d\u2019une personne. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La suppression de la nationalit\u00e9 juive et la privation de citoyennet\u00e9 faisaient partie int\u00e9grante des plans d\u2019extermination du Troisi\u00e8me Reich. Les Juifs qui poss\u00e9daient la nationalit\u00e9 allemande, fran\u00e7aise, danoise ou bulgare avant le d\u00e9but de la guerre avaient bien plus de chances de survivre que les Juifs polonais ; ces derniers avaient en effet la nationalit\u00e9 \u00ab sans valeur \u00bb d\u2019un pays d\u00e9truit par l\u2019Allemagne en 1939. La situation des Juifs fran\u00e7ais en est un exemple : environ 75 % d\u2019entre eux ont surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019Holocauste, tandis que pr\u00e8s de 30 000 Juifs polonais vivant en France pendant la guerre ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s en tant qu\u2019apatrides. Par cons\u00e9quent, le seul moyen de sauver des Juifs consistait souvent \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 des m\u00e9canismes juridiques et officiels susceptibles d\u2019emp\u00eacher leur d\u00e9portation vers les camps d\u2019extermination.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, seuls les diplomates disposant des documents et des moyens n\u00e9cessaires ont pu venir en aide \u00e0 la population juive \u00e0 grande \u00e9chelle. Ils pouvaient accorder la citoyennet\u00e9 d\u2019\u00c9tats existants, comme la Su\u00e8de ou le Paraguay, afin de r\u00e9tablir le statut juridique des Juifs r\u00e9sidant dans les territoires contr\u00f4l\u00e9s par le Troisi\u00e8me Reich et de les sauver de la mort. Le simple fait d\u2019inscrire un nom sur une liste de citoyens palestiniens, territoire sous mandat britannique, suffisait \u00e0 sauver la vie de familles enti\u00e8res en Pologne. Ce fut le cas d\u2019Henryk Sch\u00f6nker et de ses proches, qui quitt\u00e8rent le ghetto de Tarn\u00f3w avec une attestation de citoyennet\u00e9 palestinienne obtenue miraculeusement, et surv\u00e9curent pour assister \u00e0 la fin de la guerre \u00e0 Bergen-Belsen. Le diplomate su\u00e9dois Raoul Wallenberg sauva des milliers de vies en d\u00e9livrant pr\u00e8s de 15 000 \u00ab passeports de protection \u00bb. Le consul espagnol Eduardo Propper de Callej\u00f3n et le consul portugais Aristides de Sousa Mendes ont d\u00e9livr\u00e9 des milliers de documents de transit aux Juifs fuyant la France, ce qui leur a permis de poursuivre leur voyage, principalement vers les \u00c9tats-Unis. Chiune Sugihara, le consul japonais \u00e0 Kaunas, a permis \u00e0 pr\u00e8s de 8 000 Juifs de quitter l\u2019Europe avec l\u2019aide d\u2019agents des services secrets polonais.<\/p>\n\n\n\n<p>La campagne de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par la mission diplomatique polonaise \u00e0 Berne, en collaboration avec des organisations juives, b\u00e9n\u00e9ficiait du soutien financier et politique du gouvernement polonais en exil. La d\u00e9livrance de milliers de documents provenant de pays d&#8217;Am\u00e9rique latine (Paraguay, Honduras, Ha\u00efti et P\u00e9rou) par des diplomates polonais permit d&#8217;accorder la citoyennet\u00e9 \u00e0 des Juifs vivant dans des ghettos, non seulement en Pologne, mais aussi dans toute l&#8217;Europe occup\u00e9e. Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019Institut Pilecki, en coop\u00e9ration avec des partenaires polonais et \u00e9trangers, m\u00e8ne des recherches archivistiques et des \u00e9tudes scientifiques sur les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b.<\/p>\n\n\n\n<p>La publication de l\u2019Institut en 2019, \u00ab La liste \u0141ado\u015b \u00bb, constitue la premi\u00e8re tentative de reconstituer la liste des noms pour lesquels des documents ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s. La liste comprend plus de 3 000 personnes. Certaines ont surv\u00e9cu \u00e0 la guerre, d\u2019autres n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es, et le sort de nombreuses autres reste inconnu. La liste est accompagn\u00e9e d\u2019un commentaire d\u00e9taill\u00e9 d\u00e9crivant les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b, les m\u00e9thodes utilis\u00e9es pour \u00e9tablir la liste et les premi\u00e8res analyses statistiques men\u00e9es sur les documents recueillis. Les recherches sur la liste \u0141ado\u015b ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es conjointement par le personnel de l\u2019ambassade de Pologne \u00e0 Berne et l\u2019Institut Pilecki, avec le soutien d\u2019autres institutions, notamment l\u2019Institut historique juif, l\u2019Institut de la m\u00e9moire nationale et le Mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. La deuxi\u00e8me \u00e9dition, augment\u00e9e, publi\u00e9e en 2021, est \u00e9galement disponible en anglais et b\u00e9n\u00e9ficie du patronage du Congr\u00e8s juif mondial.<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe \u0141ado\u015b \u00e9tait compos\u00e9 de six membres principaux : quatre diplomates polonais et deux militants juifs :<br>\u2022 Aleksander \u0141ado\u015b \u2013 Envoy\u00e9 polonais (charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim) \u00e0 Berne.<br>\u2022 Konstanty Rokicki \u2013 Vice-consul polonais, qui a particip\u00e9 directement \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.<br>\u2022 Stefan Ryniewicz \u2013 conseiller de la l\u00e9gation et adjoint de \u0141ado\u015b.<br>\u2022 Juliusz K\u00fchl \u2013 attach\u00e9 de la l\u00e9gation, charg\u00e9 des affaires consulaires.<br>\u2022 Abraham Silberschein \u2013 militant juif et membre du Congr\u00e8s juif mondial.<br>\u2022 Chaim Eiss \u2013 militant juif et commer\u00e7ant de Zurich.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br><strong>L&#8217;op\u00e9ration \u00ab Passeport \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Entre 1941 et 1943, le groupe s&#8217;est livr\u00e9 \u00e0 l&#8217;acquisition et \u00e0 la d\u00e9livrance ill\u00e9gales de passeports et de certificats de citoyennet\u00e9 provenant de pays d&#8217;Am\u00e9rique latine, principalement du Paraguay. Ces documents \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 des Juifs vivant en Europe occup\u00e9e. La possession d&#8217;un tel passeport les prot\u00e9geait de la d\u00e9portation vers les camps d&#8217;extermination ; \u00e0 la place, leurs d\u00e9tenteurs \u00e9taient envoy\u00e9s dans des camps d&#8217;internement, o\u00f9 ils avaient une chance d&#8217;\u00eatre \u00e9chang\u00e9s contre des Allemands intern\u00e9s par les Alli\u00e9s. On estime que le groupe a d\u00e9livr\u00e9 des passeports \u00e0 pr\u00e8s de 10 000 personnes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>R\u00f4le de la l\u00e9gation polonaise \u00e0 Berne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La l\u00e9gation polonaise en Suisse fut l&#8217;une des rares missions diplomatiques polonaises \u00e0 fonctionner sans interruption pendant toute la dur\u00e9e de la guerre. En Europe, outre Berne, seules deux ambassades (\u00e0 Londres et au Vatican) et trois l\u00e9gations (\u00e0 Lisbonne, Madrid et Stockholm) rest\u00e8rent actives durant cette p\u00e9riode. Le r\u00f4le de la mission suisse \u00e9tait exceptionnel : contrairement aux autres postes diplomatiques, c&#8217;\u00e9tait le seul situ\u00e9 en Europe centrale au sein d&#8217;un \u00c9tat neutre.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce fait, Berne devint une source vitale de t\u00e9l\u00e9grammes crypt\u00e9s relayant des informations sur la situation en Pologne occup\u00e9e, y compris sur l&#8217;Holocauste. Elle servit \u00e9galement de plaque tournante cruciale pour les courriers du gouvernement polonais. L&#8217;emplacement de la l\u00e9gation s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 tout aussi d\u00e9terminant pour l&#8217;op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par le groupe \u0141ado\u015b. La Suisse neutre accueillait de nombreuses autres missions diplomatiques, notamment celles des pays d&#8217;Am\u00e9rique latine qui, contrairement \u00e0 leurs homologues dans les pays collaborant avec le Troisi\u00e8me Reich, \u00e9taient \u00e0 l&#8217;abri de la pression directe de l&#8217;Allemagne. De plus, la Suisse abritait les si\u00e8ges ou les bureaux de repr\u00e9sentation de nombreuses organisations internationales, y compris juives, ce qui facilitait la collecte de donn\u00e9es personnelles et la mise en place d&#8217;un r\u00e9seau de distribution clandestin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Biographies des membres du groupe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Aleksander \u0141ado\u015b (1891\u20131963)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Diplomate, journaliste et homme politique polonais. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1919. En 1920-1921, il fut secr\u00e9taire au sein de la d\u00e9l\u00e9gation polonaise lors des pourparlers de paix avec l&#8217;Union sovi\u00e9tique, puis repr\u00e9sentant de la Pologne en Lettonie (1923-1926) et, plus tard, consul g\u00e9n\u00e9ral de Pologne \u00e0 Munich (1927-1931). Dans les ann\u00e9es 1930, il se consacre principalement au journalisme politique. Apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, il est ministre sans portefeuille au sein du gouvernement en exil de W\u0142adys\u0142aw Sikorski du 3 octobre au 7 d\u00e9cembre 1939.<\/p>\n\n\n\n<p>De 1940 \u00e0 1945, il fut repr\u00e9sentant de la Pologne en Suisse en tant que charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim. Il s\u2019occupa des r\u00e9fugi\u00e9s polonais ainsi que des soldats intern\u00e9s de la 2e division de fusiliers. Il dirigea le groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s. \u0141ado\u015b accorda une protection diplomatique \u00e0 ce groupe. Apr\u00e8s que les autorit\u00e9s suisses eurent d\u00e9couvert cette op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports en 1943, il intervint aupr\u00e8s du ministre suisse des Affaires \u00e9trang\u00e8res et contribua \u00e0 garder l\u2019op\u00e9ration secr\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s\u2019installa en France en 1946. Il retourna en Pologne en 1960 et mourut \u00e0 Varsovie trois ans plus tard. Il re\u00e7ut \u00e0 titre posthume la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"803\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Aleksander_Lados-803x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11470 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Aleksander_Lados-803x1024.jpg 803w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Aleksander_Lados-235x300.jpg 235w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Aleksander_Lados-768x979.jpg 768w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Aleksander_Lados.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 803px) 100vw, 803px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Konstanty Rokicki (1899-1958)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Konstanty Rokicki a jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans la lutte pour l&#8217;ind\u00e9pendance en tant que participant \u00e0 la guerre polono-sovi\u00e9tique. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 dans les consulats de Minsk, Riga et Le Caire, ce qui le conduisit \u00e0 devenir vice-consul \u00e0 Berne, poste qu\u2019il occupa de 1939 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, Rokicki fut charg\u00e9 de l\u2019une des missions les plus importantes du groupe \u0141ado\u015b. Entre 1941 et 1943, il r\u00e9digea \u00e0 la main, \u00e0 lui seul, plusieurs milliers de passeports paraguayens qui furent ensuite introduits clandestinement en Pologne occup\u00e9e, offrant ainsi aux Juifs une chance d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019Holocauste. Apr\u00e8s la guerre, il refusa de continuer \u00e0 servir dans une ambassade soumise \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 communiste. Il resta en Suisse jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie et mourut, tomb\u00e9 dans l\u2019oubli, en 1958.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es que les efforts de Rokicki ont \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9s et reconnus. Sa tombe a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e en 2018 et des fun\u00e9railles officielles ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es \u00e0 Lucerne en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident polonais Andrzej Duda. En 2019, Yad Vashem l\u2019a nomm\u00e9 Juste parmi les Nations, seul membre du groupe \u00e0 recevoir cet honneur. La m\u00eame ann\u00e9e, il s\u2019est vu d\u00e9cerner la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"375\" height=\"490\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Konstanty_Rokicki_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11471 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Konstanty_Rokicki_1.jpg 375w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Konstanty_Rokicki_1-230x300.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Stefan Jan Ryniewicz (1903-1988)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1928 \u00e0 l&#8217;ambassade de Pologne \u00e0 Berne (1928-1933). Il a ensuite \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 au cabinet de J\u00f3zef Beck, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Il a \u00e9t\u00e9 consul de Pologne \u00e0 Riga de 1935 \u00e0 1938 avant de retourner \u00e0 l\u2019ambassade \u00e0 Berne en tant que premier secr\u00e9taire, puis conseiller \u00e0 partir de 1943. Il \u00e9tait l\u2019adjoint d\u2019Aleksander \u0141ado\u015b et membre du groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le de Ryniewicz consistait \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 diplomatique de l\u2019ensemble de l\u2019op\u00e9ration. Il a convaincu des diplomates latino-am\u00e9ricains de reconna\u00eetre ces passeports et a maintenu le contact avec des organisations juives. Lorsque les autorit\u00e9s suisses ont d\u00e9couvert cette campagne de passeports en 1943, il est intervenu aupr\u00e8s du chef de la police suisse, contribuant ainsi \u00e0 pr\u00e9server le secret de l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est rest\u00e9 en Suisse apr\u00e8s la guerre, puis s\u2019est rendu en France. De l\u00e0, il a \u00e9migr\u00e9 en Argentine o\u00f9 il a dirig\u00e9 sa propre entreprise. Il \u00e9tait un membre actif de la diaspora polonaise et a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Club polonais. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Buenos Aires en 1988. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"721\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Stefan_Ryniewicz_drawing-721x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11472 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Stefan_Ryniewicz_drawing-721x1024.jpg 721w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Stefan_Ryniewicz_drawing-211x300.jpg 211w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Stefan_Ryniewicz_drawing-768x1091.jpg 768w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Stefan_Ryniewicz_drawing.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 721px) 100vw, 721px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Dr Juliusz K\u00fchl (1913-1985)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Juliusz K\u00fchl \u00e9tait issu d&#8217;une famille de juifs orthodoxes. N\u00e9 \u00e0 Sanok, il se rendit en Suisse en 1929 pour \u00e9tudier \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 de Berne. Il commen\u00e7a \u00e0 collaborer avec l&#8217;ambassade de Pologne \u00e0 Berne alors qu&#8217;il pr\u00e9parait sa th\u00e8se sur les relations commerciales entre la Pologne et la Suisse, ce qui lui permit d&#8217;y \u00eatre engag\u00e9 comme fonctionnaire consulaire apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que membre du groupe \u0141ado\u015b, il \u00e9tait charg\u00e9 de se procurer des passeports latino-am\u00e9ricains vierges et de prendre contact avec des organisations juives. La Suisse ne reconnut son statut diplomatique qu\u2019\u00e0 la fin de la guerre et il fut interrog\u00e9 \u00e0 deux reprises par la police suisse charg\u00e9e de l\u2019enqu\u00eate sur les passeports ill\u00e9gaux. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre. Il partit pour le Canada en 1949 et s\u2019installa aux \u00c9tats-Unis en 1980, o\u00f9 il mourut en 1985. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"362\" height=\"496\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Juliusz_Kuhl_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11473 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Juliusz_Kuhl_1.jpg 362w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Juliusz_Kuhl_1-219x300.jpg 219w\" sizes=\"auto, (max-width: 362px) 100vw, 362px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Abraham Silberschein (1881\u20131951)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Militant sioniste, avocat et homme politique polonais. Apr\u00e8s le r\u00e9tablissement de l&#8217;ind\u00e9pendance de la Pologne, il fut pr\u00e9sident de l&#8217;Organisation sioniste de Petite-Pologne orientale et l&#8217;un des principaux membres du parti Hitahdut. De 1922 \u00e0 1927, il fut d\u00e9put\u00e9 au Parlement polonais au sein du Bloc des minorit\u00e9s nationales. Il a appartenu au Cercle juif au sein du parlement et a \u00e9t\u00e9 membre de son pr\u00e9sidium jusqu\u2019en 1925. Il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler au sein de la haute direction du Congr\u00e8s juif mondial en 1936 et s\u2019est rendu en Suisse en ao\u00fbt 1939. En septembre 1939, il a fond\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve le Comit\u00e9 de secours pour la population juive sinistr\u00e9e (RELICO).<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait membre du groupe \u0141ado\u015b, qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs europ\u00e9ens. Son r\u00f4le au sein du groupe consistait \u00e0 fournir des listes et des photographies des personnes devant recevoir les passeports, \u00e0 lever des fonds pour financer l\u2019op\u00e9ration et \u00e0 coop\u00e9rer avec les diplomates latino-am\u00e9ricains. La police suisse l&#8217;arr\u00eata bri\u00e8vement en 1943 pour cette raison. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s&#8217;engagea \u00e0 aider les survivants de l&#8217;Holocauste. Il mourut \u00e0 Gen\u00e8ve en 1951. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"253\" height=\"338\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Abraham_Silberschein.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11474 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Abraham_Silberschein.jpg 253w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Abraham_Silberschein-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 253px) 100vw, 253px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 30%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Chaim Yisroel Eiss (1876\u20131943)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Ustrzyki dans une famille juive orthodoxe, Eiss partit \u00e9tudier en Suisse en 1900, mais, faute de moyens financiers, il ouvrit une boutique et se lan\u00e7a dans le commerce un an plus tard. Il vint en aide aux r\u00e9fugi\u00e9s pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Membre actif de la communaut\u00e9 juive, il fut l\u2019un des fondateurs et des dirigeants du groupe politique international Agudat Israel. Il a mis \u00e0 profit les contacts qu\u2019il s\u2019\u00e9tait forg\u00e9s en Europe au fil des ans pour sauver des Juifs des pays sous occupation allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>En collaboration avec les diplomates polonais \u00e0 Berne, il a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau pour faire passer clandestinement des passeports dans les ghettos de la Pologne occup\u00e9e. Il a cofinanc\u00e9 les op\u00e9rations du groupe \u0141ado\u015b, s\u2019est procur\u00e9 des listes de noms de Juifs auxquels les documents \u00e9taient destin\u00e9s et a obtenu les photographies n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une crise cardiaque \u00e0 Zurich en octobre 1943, laissant derri\u00e8re lui des archives inestimables documentant le travail du groupe, notamment des documents remplis et la correspondance entre les diplomates polonais et les organisations juives. Les \u00ab archives Eiss \u00bb ont \u00e9t\u00e9 acquises par le gouvernement polonais en 2018 et sont venues enrichir les collections du mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.<\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"723\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Chaim_Eiss.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11475 size-full\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Chaim_Eiss.jpg 723w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/Chaim_Eiss-212x300.jpg 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction et caract\u00e9ristiques du groupe Pendant la Seconde Guerre mondiale, des diplomates polonais en poste \u00e0 Berne, la capitale suisse, ont collabor\u00e9 avec la communaut\u00e9 juive pour mener \u00e0 bien la \u00ab campagne des passeports \u00bb, qui visait \u00e0 sauver des Juifs de l\u2019Holocauste. 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Aleksander \u0141ado\u015b, Konstanty Rokicki, Abraham Silberschein, Chaim Eiss, Stefan Ryniewicz et Juliusz K\u00fchl, \u00e9galement connus sous le nom de \u00ab groupe \u0141ado\u015b \u00bb, ont d\u00e9livr\u00e9 des passeports et des certificats de citoyennet\u00e9 ill\u00e9gaux de pays d\u2019Am\u00e9rique latine \u00e0 des Juifs menac\u00e9s d\u2019extermination. Ces documents ont permis \u00e0 leurs d\u00e9tenteurs d\u2019\u00eatre intern\u00e9s, puis \u00e9chang\u00e9s contre des prisonniers de guerre allemands, et les ont sauv\u00e9s en leur donnant une chance d\u2019\u00e9chapper au transport vers les camps de la mort.\\nTimothy Snyder, dans son livre Terre noire\u00a0: L'Holocauste, et pourquoi il peut se r\u00e9p\u00e9ter, \u00e9crit : \u00ab Si les Juifs devaient \u00eatre \u00e9limin\u00e9s de la plan\u00e8te, il fallait d\u2019abord les s\u00e9parer de l\u2019\u00c9tat. \u00bb Il cite \u00e9galement Hannah Arendt : \u00ab On ne peut faire ce qu\u2019on veut qu\u2019avec des apatrides. [\u2026] La premi\u00e8re \u00e9tape fondamentale vers la domination totale consiste \u00e0 an\u00e9antir la personnalit\u00e9 juridique d\u2019une personne. \u00bb\\nLa suppression de la nationalit\u00e9 juive et la privation de citoyennet\u00e9 faisaient partie int\u00e9grante des plans d\u2019extermination du Troisi\u00e8me Reich. Les Juifs qui poss\u00e9daient la nationalit\u00e9 allemande, fran\u00e7aise, danoise ou bulgare avant le d\u00e9but de la guerre avaient bien plus de chances de survivre que les Juifs polonais ; ces derniers avaient en effet la nationalit\u00e9 \u00ab sans valeur \u00bb d\u2019un pays d\u00e9truit par l\u2019Allemagne en 1939. La situation des Juifs fran\u00e7ais en est un exemple : environ 75 % d\u2019entre eux ont surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019Holocauste, tandis que pr\u00e8s de 30 000 Juifs polonais vivant en France pendant la guerre ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s en tant qu\u2019apatrides. Par cons\u00e9quent, le seul moyen de sauver des Juifs consistait souvent \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 des m\u00e9canismes juridiques et officiels susceptibles d\u2019emp\u00eacher leur d\u00e9portation vers les camps d\u2019extermination.\\nDans ce contexte, seuls les diplomates disposant des documents et des moyens n\u00e9cessaires ont pu venir en aide \u00e0 la population juive \u00e0 grande \u00e9chelle. Ils pouvaient accorder la citoyennet\u00e9 d\u2019\u00c9tats existants, comme la Su\u00e8de ou le Paraguay, afin de r\u00e9tablir le statut juridique des Juifs r\u00e9sidant dans les territoires contr\u00f4l\u00e9s par le Troisi\u00e8me Reich et de les sauver de la mort. Le simple fait d\u2019inscrire un nom sur une liste de citoyens palestiniens, territoire sous mandat britannique, suffisait \u00e0 sauver la vie de familles enti\u00e8res en Pologne. Ce fut le cas d\u2019Henryk Sch\u00f6nker et de ses proches, qui quitt\u00e8rent le ghetto de Tarn\u00f3w avec une attestation de citoyennet\u00e9 palestinienne obtenue miraculeusement, et surv\u00e9curent pour assister \u00e0 la fin de la guerre \u00e0 Bergen-Belsen. Le diplomate su\u00e9dois Raoul Wallenberg sauva des milliers de vies en d\u00e9livrant pr\u00e8s de 15 000 \u00ab passeports de protection \u00bb. Le consul espagnol Eduardo Propper de Callej\u00f3n et le consul portugais Aristides de Sousa Mendes ont d\u00e9livr\u00e9 des milliers de documents de transit aux Juifs fuyant la France, ce qui leur a permis de poursuivre leur voyage, principalement vers les \u00c9tats-Unis. Chiune Sugihara, le consul japonais \u00e0 Kaunas, a permis \u00e0 pr\u00e8s de 8 000 Juifs de quitter l\u2019Europe avec l\u2019aide d\u2019agents des services secrets polonais.\\nLa campagne de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par la mission diplomatique polonaise \u00e0 Berne, en collaboration avec des organisations juives, b\u00e9n\u00e9ficiait du soutien financier et politique du gouvernement polonais en exil. La d\u00e9livrance de milliers de documents provenant de pays d'Am\u00e9rique latine (Paraguay, Honduras, Ha\u00efti et P\u00e9rou) par des diplomates polonais permit d'accorder la citoyennet\u00e9 \u00e0 des Juifs vivant dans des ghettos, non seulement en Pologne, mais aussi dans toute l'Europe occup\u00e9e. Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019Institut Pilecki, en coop\u00e9ration avec des partenaires polonais et \u00e9trangers, m\u00e8ne des recherches archivistiques et des \u00e9tudes scientifiques sur les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b.\\nLa publication de l\u2019Institut en 2019, \u00ab La liste \u0141ado\u015b \u00bb, constitue la premi\u00e8re tentative de reconstituer la liste des noms pour lesquels des documents ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s. La liste comprend plus de 3 000 personnes. Certaines ont surv\u00e9cu \u00e0 la guerre, d\u2019autres n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es, et le sort de nombreuses autres reste inconnu. La liste est accompagn\u00e9e d\u2019un commentaire d\u00e9taill\u00e9 d\u00e9crivant les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b, les m\u00e9thodes utilis\u00e9es pour \u00e9tablir la liste et les premi\u00e8res analyses statistiques men\u00e9es sur les documents recueillis. Les recherches sur la liste \u0141ado\u015b ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es conjointement par le personnel de l\u2019ambassade de Pologne \u00e0 Berne et l\u2019Institut Pilecki, avec le soutien d\u2019autres institutions, notamment l\u2019Institut historique juif, l\u2019Institut de la m\u00e9moire nationale et le Mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. La deuxi\u00e8me \u00e9dition, augment\u00e9e, publi\u00e9e en 2021, est \u00e9galement disponible en anglais et b\u00e9n\u00e9ficie du patronage du Congr\u00e8s juif mondial.\\nLe groupe \u0141ado\u015b \u00e9tait compos\u00e9 de six membres principaux : quatre diplomates polonais et deux militants juifs :\u2022 Aleksander \u0141ado\u015b \u2013 Envoy\u00e9 polonais (charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim) \u00e0 Berne.\u2022 Konstanty Rokicki \u2013 Vice-consul polonais, qui a particip\u00e9 directement \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.\u2022 Stefan Ryniewicz \u2013 conseiller de la l\u00e9gation et adjoint de \u0141ado\u015b.\u2022 Juliusz K\u00fchl \u2013 attach\u00e9 de la l\u00e9gation, charg\u00e9 des affaires consulaires.\u2022 Abraham Silberschein \u2013 militant juif et membre du Congr\u00e8s juif mondial.\u2022 Chaim Eiss \u2013 militant juif et commer\u00e7ant de Zurich.\\nL'op\u00e9ration \u00ab Passeport \u00bb\\nEntre 1941 et 1943, le groupe s'est livr\u00e9 \u00e0 l'acquisition et \u00e0 la d\u00e9livrance ill\u00e9gales de passeports et de certificats de citoyennet\u00e9 provenant de pays d'Am\u00e9rique latine, principalement du Paraguay. Ces documents \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 des Juifs vivant en Europe occup\u00e9e. La possession d'un tel passeport les prot\u00e9geait de la d\u00e9portation vers les camps d'extermination ; \u00e0 la place, leurs d\u00e9tenteurs \u00e9taient envoy\u00e9s dans des camps d'internement, o\u00f9 ils avaient une chance d'\u00eatre \u00e9chang\u00e9s contre des Allemands intern\u00e9s par les Alli\u00e9s. On estime que le groupe a d\u00e9livr\u00e9 des passeports \u00e0 pr\u00e8s de 10 000 personnes.\\nR\u00f4le de la l\u00e9gation polonaise \u00e0 Berne\\nLa l\u00e9gation polonaise en Suisse fut l'une des rares missions diplomatiques polonaises \u00e0 fonctionner sans interruption pendant toute la dur\u00e9e de la guerre. En Europe, outre Berne, seules deux ambassades (\u00e0 Londres et au Vatican) et trois l\u00e9gations (\u00e0 Lisbonne, Madrid et Stockholm) rest\u00e8rent actives durant cette p\u00e9riode. Le r\u00f4le de la mission suisse \u00e9tait exceptionnel : contrairement aux autres postes diplomatiques, c'\u00e9tait le seul situ\u00e9 en Europe centrale au sein d'un \u00c9tat neutre.\\nDe ce fait, Berne devint une source vitale de t\u00e9l\u00e9grammes crypt\u00e9s relayant des informations sur la situation en Pologne occup\u00e9e, y compris sur l'Holocauste. Elle servit \u00e9galement de plaque tournante cruciale pour les courriers du gouvernement polonais. L'emplacement de la l\u00e9gation s'est av\u00e9r\u00e9 tout aussi d\u00e9terminant pour l'op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par le groupe \u0141ado\u015b. La Suisse neutre accueillait de nombreuses autres missions diplomatiques, notamment celles des pays d'Am\u00e9rique latine qui, contrairement \u00e0 leurs homologues dans les pays collaborant avec le Troisi\u00e8me Reich, \u00e9taient \u00e0 l'abri de la pression directe de l'Allemagne. De plus, la Suisse abritait les si\u00e8ges ou les bureaux de repr\u00e9sentation de nombreuses organisations internationales, y compris juives, ce qui facilitait la collecte de donn\u00e9es personnelles et la mise en place d'un r\u00e9seau de distribution clandestin.\\nBiographies des membres du groupe\\nAleksander \u0141ado\u015b (1891\u20131963)\\nDiplomate, journaliste et homme politique polonais. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1919. En 1920-1921, il fut secr\u00e9taire au sein de la d\u00e9l\u00e9gation polonaise lors des pourparlers de paix avec l'Union sovi\u00e9tique, puis repr\u00e9sentant de la Pologne en Lettonie (1923-1926) et, plus tard, consul g\u00e9n\u00e9ral de Pologne \u00e0 Munich (1927-1931). Dans les ann\u00e9es 1930, il se consacre principalement au journalisme politique. Apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, il est ministre sans portefeuille au sein du gouvernement en exil de W\u0142adys\u0142aw Sikorski du 3 octobre au 7 d\u00e9cembre 1939.\\nDe 1940 \u00e0 1945, il fut repr\u00e9sentant de la Pologne en Suisse en tant que charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim. Il s\u2019occupa des r\u00e9fugi\u00e9s polonais ainsi que des soldats intern\u00e9s de la 2e division de fusiliers. Il dirigea le groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s. \u0141ado\u015b accorda une protection diplomatique \u00e0 ce groupe. Apr\u00e8s que les autorit\u00e9s suisses eurent d\u00e9couvert cette op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports en 1943, il intervint aupr\u00e8s du ministre suisse des Affaires \u00e9trang\u00e8res et contribua \u00e0 garder l\u2019op\u00e9ration secr\u00e8te.\\nIl resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s\u2019installa en France en 1946. Il retourna en Pologne en 1960 et mourut \u00e0 Varsovie trois ans plus tard. Il re\u00e7ut \u00e0 titre posthume la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\\nKonstanty Rokicki (1899-1958)\\nKonstanty Rokicki a jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans la lutte pour l'ind\u00e9pendance en tant que participant \u00e0 la guerre polono-sovi\u00e9tique. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 dans les consulats de Minsk, Riga et Le Caire, ce qui le conduisit \u00e0 devenir vice-consul \u00e0 Berne, poste qu\u2019il occupa de 1939 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale.\\nPendant cette p\u00e9riode, Rokicki fut charg\u00e9 de l\u2019une des missions les plus importantes du groupe \u0141ado\u015b. Entre 1941 et 1943, il r\u00e9digea \u00e0 la main, \u00e0 lui seul, plusieurs milliers de passeports paraguayens qui furent ensuite introduits clandestinement en Pologne occup\u00e9e, offrant ainsi aux Juifs une chance d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019Holocauste. Apr\u00e8s la guerre, il refusa de continuer \u00e0 servir dans une ambassade soumise \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 communiste. Il resta en Suisse jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie et mourut, tomb\u00e9 dans l\u2019oubli, en 1958.\\nCe n\u2019est qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es que les efforts de Rokicki ont \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9s et reconnus. Sa tombe a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e en 2018 et des fun\u00e9railles officielles ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es \u00e0 Lucerne en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident polonais Andrzej Duda. En 2019, Yad Vashem l\u2019a nomm\u00e9 Juste parmi les Nations, seul membre du groupe \u00e0 recevoir cet honneur. La m\u00eame ann\u00e9e, il s\u2019est vu d\u00e9cerner la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas.\\nStefan Jan Ryniewicz (1903-1988)\\nSa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1928 \u00e0 l'ambassade de Pologne \u00e0 Berne (1928-1933). Il a ensuite \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 au cabinet de J\u00f3zef Beck, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Il a \u00e9t\u00e9 consul de Pologne \u00e0 Riga de 1935 \u00e0 1938 avant de retourner \u00e0 l\u2019ambassade \u00e0 Berne en tant que premier secr\u00e9taire, puis conseiller \u00e0 partir de 1943. Il \u00e9tait l\u2019adjoint d\u2019Aleksander \u0141ado\u015b et membre du groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s.\\nLe r\u00f4le de Ryniewicz consistait \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 diplomatique de l\u2019ensemble de l\u2019op\u00e9ration. Il a convaincu des diplomates latino-am\u00e9ricains de reconna\u00eetre ces passeports et a maintenu le contact avec des organisations juives. Lorsque les autorit\u00e9s suisses ont d\u00e9couvert cette campagne de passeports en 1943, il est intervenu aupr\u00e8s du chef de la police suisse, contribuant ainsi \u00e0 pr\u00e9server le secret de l\u2019op\u00e9ration.\\nIl est rest\u00e9 en Suisse apr\u00e8s la guerre, puis s\u2019est rendu en France. De l\u00e0, il a \u00e9migr\u00e9 en Argentine o\u00f9 il a dirig\u00e9 sa propre entreprise. Il \u00e9tait un membre actif de la diaspora polonaise et a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Club polonais. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Buenos Aires en 1988. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\\nDr Juliusz K\u00fchl (1913-1985)\\nJuliusz K\u00fchl \u00e9tait issu d'une famille de juifs orthodoxes. N\u00e9 \u00e0 Sanok, il se rendit en Suisse en 1929 pour \u00e9tudier \u00e0 l'universit\u00e9 de Berne. Il commen\u00e7a \u00e0 collaborer avec l'ambassade de Pologne \u00e0 Berne alors qu'il pr\u00e9parait sa th\u00e8se sur les relations commerciales entre la Pologne et la Suisse, ce qui lui permit d'y \u00eatre engag\u00e9 comme fonctionnaire consulaire apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale.\\nEn tant que membre du groupe \u0141ado\u015b, il \u00e9tait charg\u00e9 de se procurer des passeports latino-am\u00e9ricains vierges et de prendre contact avec des organisations juives. La Suisse ne reconnut son statut diplomatique qu\u2019\u00e0 la fin de la guerre et il fut interrog\u00e9 \u00e0 deux reprises par la police suisse charg\u00e9e de l\u2019enqu\u00eate sur les passeports ill\u00e9gaux. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre. Il partit pour le Canada en 1949 et s\u2019installa aux \u00c9tats-Unis en 1980, o\u00f9 il mourut en 1985. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\\nAbraham Silberschein (1881\u20131951)\\nMilitant sioniste, avocat et homme politique polonais. Apr\u00e8s le r\u00e9tablissement de l'ind\u00e9pendance de la Pologne, il fut pr\u00e9sident de l'Organisation sioniste de Petite-Pologne orientale et l'un des principaux membres du parti Hitahdut. De 1922 \u00e0 1927, il fut d\u00e9put\u00e9 au Parlement polonais au sein du Bloc des minorit\u00e9s nationales. Il a appartenu au Cercle juif au sein du parlement et a \u00e9t\u00e9 membre de son pr\u00e9sidium jusqu\u2019en 1925. Il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler au sein de la haute direction du Congr\u00e8s juif mondial en 1936 et s\u2019est rendu en Suisse en ao\u00fbt 1939. En septembre 1939, il a fond\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve le Comit\u00e9 de secours pour la population juive sinistr\u00e9e (RELICO).\\nIl \u00e9tait membre du groupe \u0141ado\u015b, qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs europ\u00e9ens. Son r\u00f4le au sein du groupe consistait \u00e0 fournir des listes et des photographies des personnes devant recevoir les passeports, \u00e0 lever des fonds pour financer l\u2019op\u00e9ration et \u00e0 coop\u00e9rer avec les diplomates latino-am\u00e9ricains. La police suisse l'arr\u00eata bri\u00e8vement en 1943 pour cette raison. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s'engagea \u00e0 aider les survivants de l'Holocauste. Il mourut \u00e0 Gen\u00e8ve en 1951. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\\nChaim Yisroel Eiss (1876\u20131943)\\nN\u00e9 \u00e0 Ustrzyki dans une famille juive orthodoxe, Eiss partit \u00e9tudier en Suisse en 1900, mais, faute de moyens financiers, il ouvrit une boutique et se lan\u00e7a dans le commerce un an plus tard. Il vint en aide aux r\u00e9fugi\u00e9s pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Membre actif de la communaut\u00e9 juive, il fut l\u2019un des fondateurs et des dirigeants du groupe politique international Agudat Israel. Il a mis \u00e0 profit les contacts qu\u2019il s\u2019\u00e9tait forg\u00e9s en Europe au fil des ans pour sauver des Juifs des pays sous occupation allemande.\\nEn collaboration avec les diplomates polonais \u00e0 Berne, il a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau pour faire passer clandestinement des passeports dans les ghettos de la Pologne occup\u00e9e. Il a cofinanc\u00e9 les op\u00e9rations du groupe \u0141ado\u015b, s\u2019est procur\u00e9 des listes de noms de Juifs auxquels les documents \u00e9taient destin\u00e9s et a obtenu les photographies n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.\\nIl est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une crise cardiaque \u00e0 Zurich en octobre 1943, laissant derri\u00e8re lui des archives inestimables documentant le travail du groupe, notamment des documents remplis et la correspondance entre les diplomates polonais et les organisations juives. Les \u00ab archives Eiss \u00bb ont \u00e9t\u00e9 acquises par le gouvernement polonais en 2018 et sont venues enrichir les collections du mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/ChatGPT-Image-24-mars-2026-10_35_18.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/ChatGPT-Image-24-mars-2026-10_35_18.png\",\"width\":1536,\"height\":1024},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le groupe \u0141ado\u015b\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#website\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/\",\"name\":\"Instytut Polski w Pary\u017cu\",\"description\":\"Instytuty Polskie\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"pl-PL\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/cb66a216727a2091ef661a565b4eb82a\",\"name\":\"merkezt\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"merkezt\"},\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/author\/merkezt\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le groupe \u0141ado\u015b - Instytut Polski w Pary\u017cu","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/","og_locale":"pl_PL","og_type":"article","og_title":"Le groupe \u0141ado\u015b - Instytut Polski w Pary\u017cu","og_description":"Introduction et caract\u00e9ristiques du groupe Pendant la Seconde Guerre mondiale, des diplomates polonais en poste \u00e0 Berne, la capitale suisse, ont collabor\u00e9 avec la communaut\u00e9 juive pour mener \u00e0 bien la \u00ab campagne des passeports \u00bb, qui visait \u00e0 sauver des Juifs de l\u2019Holocauste. 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Aleksander \u0141ado\u015b, Konstanty Rokicki, Abraham Silberschein, Chaim Eiss, Stefan Ryniewicz et Juliusz K\u00fchl, \u00e9galement connus sous le nom de \u00ab groupe \u0141ado\u015b \u00bb, ont d\u00e9livr\u00e9 des passeports et des certificats de citoyennet\u00e9 ill\u00e9gaux de pays d\u2019Am\u00e9rique latine \u00e0 des Juifs menac\u00e9s d\u2019extermination. Ces documents ont permis \u00e0 leurs d\u00e9tenteurs d\u2019\u00eatre intern\u00e9s, puis \u00e9chang\u00e9s contre des prisonniers de guerre allemands, et les ont sauv\u00e9s en leur donnant une chance d\u2019\u00e9chapper au transport vers les camps de la mort.\nTimothy Snyder, dans son livre Terre noire\u00a0: L'Holocauste, et pourquoi il peut se r\u00e9p\u00e9ter, \u00e9crit : \u00ab Si les Juifs devaient \u00eatre \u00e9limin\u00e9s de la plan\u00e8te, il fallait d\u2019abord les s\u00e9parer de l\u2019\u00c9tat. \u00bb Il cite \u00e9galement Hannah Arendt : \u00ab On ne peut faire ce qu\u2019on veut qu\u2019avec des apatrides. [\u2026] La premi\u00e8re \u00e9tape fondamentale vers la domination totale consiste \u00e0 an\u00e9antir la personnalit\u00e9 juridique d\u2019une personne. \u00bb\nLa suppression de la nationalit\u00e9 juive et la privation de citoyennet\u00e9 faisaient partie int\u00e9grante des plans d\u2019extermination du Troisi\u00e8me Reich. Les Juifs qui poss\u00e9daient la nationalit\u00e9 allemande, fran\u00e7aise, danoise ou bulgare avant le d\u00e9but de la guerre avaient bien plus de chances de survivre que les Juifs polonais ; ces derniers avaient en effet la nationalit\u00e9 \u00ab sans valeur \u00bb d\u2019un pays d\u00e9truit par l\u2019Allemagne en 1939. La situation des Juifs fran\u00e7ais en est un exemple : environ 75 % d\u2019entre eux ont surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019Holocauste, tandis que pr\u00e8s de 30 000 Juifs polonais vivant en France pendant la guerre ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s en tant qu\u2019apatrides. Par cons\u00e9quent, le seul moyen de sauver des Juifs consistait souvent \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 des m\u00e9canismes juridiques et officiels susceptibles d\u2019emp\u00eacher leur d\u00e9portation vers les camps d\u2019extermination.\nDans ce contexte, seuls les diplomates disposant des documents et des moyens n\u00e9cessaires ont pu venir en aide \u00e0 la population juive \u00e0 grande \u00e9chelle. Ils pouvaient accorder la citoyennet\u00e9 d\u2019\u00c9tats existants, comme la Su\u00e8de ou le Paraguay, afin de r\u00e9tablir le statut juridique des Juifs r\u00e9sidant dans les territoires contr\u00f4l\u00e9s par le Troisi\u00e8me Reich et de les sauver de la mort. Le simple fait d\u2019inscrire un nom sur une liste de citoyens palestiniens, territoire sous mandat britannique, suffisait \u00e0 sauver la vie de familles enti\u00e8res en Pologne. Ce fut le cas d\u2019Henryk Sch\u00f6nker et de ses proches, qui quitt\u00e8rent le ghetto de Tarn\u00f3w avec une attestation de citoyennet\u00e9 palestinienne obtenue miraculeusement, et surv\u00e9curent pour assister \u00e0 la fin de la guerre \u00e0 Bergen-Belsen. Le diplomate su\u00e9dois Raoul Wallenberg sauva des milliers de vies en d\u00e9livrant pr\u00e8s de 15 000 \u00ab passeports de protection \u00bb. Le consul espagnol Eduardo Propper de Callej\u00f3n et le consul portugais Aristides de Sousa Mendes ont d\u00e9livr\u00e9 des milliers de documents de transit aux Juifs fuyant la France, ce qui leur a permis de poursuivre leur voyage, principalement vers les \u00c9tats-Unis. Chiune Sugihara, le consul japonais \u00e0 Kaunas, a permis \u00e0 pr\u00e8s de 8 000 Juifs de quitter l\u2019Europe avec l\u2019aide d\u2019agents des services secrets polonais.\nLa campagne de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par la mission diplomatique polonaise \u00e0 Berne, en collaboration avec des organisations juives, b\u00e9n\u00e9ficiait du soutien financier et politique du gouvernement polonais en exil. La d\u00e9livrance de milliers de documents provenant de pays d'Am\u00e9rique latine (Paraguay, Honduras, Ha\u00efti et P\u00e9rou) par des diplomates polonais permit d'accorder la citoyennet\u00e9 \u00e0 des Juifs vivant dans des ghettos, non seulement en Pologne, mais aussi dans toute l'Europe occup\u00e9e. Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019Institut Pilecki, en coop\u00e9ration avec des partenaires polonais et \u00e9trangers, m\u00e8ne des recherches archivistiques et des \u00e9tudes scientifiques sur les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b.\nLa publication de l\u2019Institut en 2019, \u00ab La liste \u0141ado\u015b \u00bb, constitue la premi\u00e8re tentative de reconstituer la liste des noms pour lesquels des documents ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s. La liste comprend plus de 3 000 personnes. Certaines ont surv\u00e9cu \u00e0 la guerre, d\u2019autres n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es, et le sort de nombreuses autres reste inconnu. La liste est accompagn\u00e9e d\u2019un commentaire d\u00e9taill\u00e9 d\u00e9crivant les activit\u00e9s du groupe \u0141ado\u015b, les m\u00e9thodes utilis\u00e9es pour \u00e9tablir la liste et les premi\u00e8res analyses statistiques men\u00e9es sur les documents recueillis. Les recherches sur la liste \u0141ado\u015b ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es conjointement par le personnel de l\u2019ambassade de Pologne \u00e0 Berne et l\u2019Institut Pilecki, avec le soutien d\u2019autres institutions, notamment l\u2019Institut historique juif, l\u2019Institut de la m\u00e9moire nationale et le Mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. La deuxi\u00e8me \u00e9dition, augment\u00e9e, publi\u00e9e en 2021, est \u00e9galement disponible en anglais et b\u00e9n\u00e9ficie du patronage du Congr\u00e8s juif mondial.\nLe groupe \u0141ado\u015b \u00e9tait compos\u00e9 de six membres principaux : quatre diplomates polonais et deux militants juifs :\u2022 Aleksander \u0141ado\u015b \u2013 Envoy\u00e9 polonais (charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim) \u00e0 Berne.\u2022 Konstanty Rokicki \u2013 Vice-consul polonais, qui a particip\u00e9 directement \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.\u2022 Stefan Ryniewicz \u2013 conseiller de la l\u00e9gation et adjoint de \u0141ado\u015b.\u2022 Juliusz K\u00fchl \u2013 attach\u00e9 de la l\u00e9gation, charg\u00e9 des affaires consulaires.\u2022 Abraham Silberschein \u2013 militant juif et membre du Congr\u00e8s juif mondial.\u2022 Chaim Eiss \u2013 militant juif et commer\u00e7ant de Zurich.\nL'op\u00e9ration \u00ab Passeport \u00bb\nEntre 1941 et 1943, le groupe s'est livr\u00e9 \u00e0 l'acquisition et \u00e0 la d\u00e9livrance ill\u00e9gales de passeports et de certificats de citoyennet\u00e9 provenant de pays d'Am\u00e9rique latine, principalement du Paraguay. Ces documents \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 des Juifs vivant en Europe occup\u00e9e. La possession d'un tel passeport les prot\u00e9geait de la d\u00e9portation vers les camps d'extermination ; \u00e0 la place, leurs d\u00e9tenteurs \u00e9taient envoy\u00e9s dans des camps d'internement, o\u00f9 ils avaient une chance d'\u00eatre \u00e9chang\u00e9s contre des Allemands intern\u00e9s par les Alli\u00e9s. On estime que le groupe a d\u00e9livr\u00e9 des passeports \u00e0 pr\u00e8s de 10 000 personnes.\nR\u00f4le de la l\u00e9gation polonaise \u00e0 Berne\nLa l\u00e9gation polonaise en Suisse fut l'une des rares missions diplomatiques polonaises \u00e0 fonctionner sans interruption pendant toute la dur\u00e9e de la guerre. En Europe, outre Berne, seules deux ambassades (\u00e0 Londres et au Vatican) et trois l\u00e9gations (\u00e0 Lisbonne, Madrid et Stockholm) rest\u00e8rent actives durant cette p\u00e9riode. Le r\u00f4le de la mission suisse \u00e9tait exceptionnel : contrairement aux autres postes diplomatiques, c'\u00e9tait le seul situ\u00e9 en Europe centrale au sein d'un \u00c9tat neutre.\nDe ce fait, Berne devint une source vitale de t\u00e9l\u00e9grammes crypt\u00e9s relayant des informations sur la situation en Pologne occup\u00e9e, y compris sur l'Holocauste. Elle servit \u00e9galement de plaque tournante cruciale pour les courriers du gouvernement polonais. L'emplacement de la l\u00e9gation s'est av\u00e9r\u00e9 tout aussi d\u00e9terminant pour l'op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports men\u00e9e par le groupe \u0141ado\u015b. La Suisse neutre accueillait de nombreuses autres missions diplomatiques, notamment celles des pays d'Am\u00e9rique latine qui, contrairement \u00e0 leurs homologues dans les pays collaborant avec le Troisi\u00e8me Reich, \u00e9taient \u00e0 l'abri de la pression directe de l'Allemagne. De plus, la Suisse abritait les si\u00e8ges ou les bureaux de repr\u00e9sentation de nombreuses organisations internationales, y compris juives, ce qui facilitait la collecte de donn\u00e9es personnelles et la mise en place d'un r\u00e9seau de distribution clandestin.\nBiographies des membres du groupe\nAleksander \u0141ado\u015b (1891\u20131963)\nDiplomate, journaliste et homme politique polonais. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1919. En 1920-1921, il fut secr\u00e9taire au sein de la d\u00e9l\u00e9gation polonaise lors des pourparlers de paix avec l'Union sovi\u00e9tique, puis repr\u00e9sentant de la Pologne en Lettonie (1923-1926) et, plus tard, consul g\u00e9n\u00e9ral de Pologne \u00e0 Munich (1927-1931). Dans les ann\u00e9es 1930, il se consacre principalement au journalisme politique. Apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre, il est ministre sans portefeuille au sein du gouvernement en exil de W\u0142adys\u0142aw Sikorski du 3 octobre au 7 d\u00e9cembre 1939.\nDe 1940 \u00e0 1945, il fut repr\u00e9sentant de la Pologne en Suisse en tant que charg\u00e9 d\u2019affaires par int\u00e9rim. Il s\u2019occupa des r\u00e9fugi\u00e9s polonais ainsi que des soldats intern\u00e9s de la 2e division de fusiliers. Il dirigea le groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s. \u0141ado\u015b accorda une protection diplomatique \u00e0 ce groupe. Apr\u00e8s que les autorit\u00e9s suisses eurent d\u00e9couvert cette op\u00e9ration de d\u00e9livrance de passeports en 1943, il intervint aupr\u00e8s du ministre suisse des Affaires \u00e9trang\u00e8res et contribua \u00e0 garder l\u2019op\u00e9ration secr\u00e8te.\nIl resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s\u2019installa en France en 1946. Il retourna en Pologne en 1960 et mourut \u00e0 Varsovie trois ans plus tard. Il re\u00e7ut \u00e0 titre posthume la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\nKonstanty Rokicki (1899-1958)\nKonstanty Rokicki a jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans la lutte pour l'ind\u00e9pendance en tant que participant \u00e0 la guerre polono-sovi\u00e9tique. Sa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 dans les consulats de Minsk, Riga et Le Caire, ce qui le conduisit \u00e0 devenir vice-consul \u00e0 Berne, poste qu\u2019il occupa de 1939 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale.\nPendant cette p\u00e9riode, Rokicki fut charg\u00e9 de l\u2019une des missions les plus importantes du groupe \u0141ado\u015b. Entre 1941 et 1943, il r\u00e9digea \u00e0 la main, \u00e0 lui seul, plusieurs milliers de passeports paraguayens qui furent ensuite introduits clandestinement en Pologne occup\u00e9e, offrant ainsi aux Juifs une chance d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019Holocauste. Apr\u00e8s la guerre, il refusa de continuer \u00e0 servir dans une ambassade soumise \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 communiste. Il resta en Suisse jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie et mourut, tomb\u00e9 dans l\u2019oubli, en 1958.\nCe n\u2019est qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es que les efforts de Rokicki ont \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9s et reconnus. Sa tombe a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e en 2018 et des fun\u00e9railles officielles ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es \u00e0 Lucerne en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident polonais Andrzej Duda. En 2019, Yad Vashem l\u2019a nomm\u00e9 Juste parmi les Nations, seul membre du groupe \u00e0 recevoir cet honneur. La m\u00eame ann\u00e9e, il s\u2019est vu d\u00e9cerner la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas.\nStefan Jan Ryniewicz (1903-1988)\nSa carri\u00e8re diplomatique d\u00e9buta en 1928 \u00e0 l'ambassade de Pologne \u00e0 Berne (1928-1933). Il a ensuite \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 au cabinet de J\u00f3zef Beck, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Il a \u00e9t\u00e9 consul de Pologne \u00e0 Riga de 1935 \u00e0 1938 avant de retourner \u00e0 l\u2019ambassade \u00e0 Berne en tant que premier secr\u00e9taire, puis conseiller \u00e0 partir de 1943. Il \u00e9tait l\u2019adjoint d\u2019Aleksander \u0141ado\u015b et membre du groupe qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs pers\u00e9cut\u00e9s.\nLe r\u00f4le de Ryniewicz consistait \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 diplomatique de l\u2019ensemble de l\u2019op\u00e9ration. Il a convaincu des diplomates latino-am\u00e9ricains de reconna\u00eetre ces passeports et a maintenu le contact avec des organisations juives. Lorsque les autorit\u00e9s suisses ont d\u00e9couvert cette campagne de passeports en 1943, il est intervenu aupr\u00e8s du chef de la police suisse, contribuant ainsi \u00e0 pr\u00e9server le secret de l\u2019op\u00e9ration.\nIl est rest\u00e9 en Suisse apr\u00e8s la guerre, puis s\u2019est rendu en France. De l\u00e0, il a \u00e9migr\u00e9 en Argentine o\u00f9 il a dirig\u00e9 sa propre entreprise. Il \u00e9tait un membre actif de la diaspora polonaise et a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Club polonais. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Buenos Aires en 1988. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\nDr Juliusz K\u00fchl (1913-1985)\nJuliusz K\u00fchl \u00e9tait issu d'une famille de juifs orthodoxes. N\u00e9 \u00e0 Sanok, il se rendit en Suisse en 1929 pour \u00e9tudier \u00e0 l'universit\u00e9 de Berne. Il commen\u00e7a \u00e0 collaborer avec l'ambassade de Pologne \u00e0 Berne alors qu'il pr\u00e9parait sa th\u00e8se sur les relations commerciales entre la Pologne et la Suisse, ce qui lui permit d'y \u00eatre engag\u00e9 comme fonctionnaire consulaire apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale.\nEn tant que membre du groupe \u0141ado\u015b, il \u00e9tait charg\u00e9 de se procurer des passeports latino-am\u00e9ricains vierges et de prendre contact avec des organisations juives. La Suisse ne reconnut son statut diplomatique qu\u2019\u00e0 la fin de la guerre et il fut interrog\u00e9 \u00e0 deux reprises par la police suisse charg\u00e9e de l\u2019enqu\u00eate sur les passeports ill\u00e9gaux. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre. Il partit pour le Canada en 1949 et s\u2019installa aux \u00c9tats-Unis en 1980, o\u00f9 il mourut en 1985. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\nAbraham Silberschein (1881\u20131951)\nMilitant sioniste, avocat et homme politique polonais. Apr\u00e8s le r\u00e9tablissement de l'ind\u00e9pendance de la Pologne, il fut pr\u00e9sident de l'Organisation sioniste de Petite-Pologne orientale et l'un des principaux membres du parti Hitahdut. De 1922 \u00e0 1927, il fut d\u00e9put\u00e9 au Parlement polonais au sein du Bloc des minorit\u00e9s nationales. Il a appartenu au Cercle juif au sein du parlement et a \u00e9t\u00e9 membre de son pr\u00e9sidium jusqu\u2019en 1925. Il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler au sein de la haute direction du Congr\u00e8s juif mondial en 1936 et s\u2019est rendu en Suisse en ao\u00fbt 1939. En septembre 1939, il a fond\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve le Comit\u00e9 de secours pour la population juive sinistr\u00e9e (RELICO).\nIl \u00e9tait membre du groupe \u0141ado\u015b, qui d\u00e9livrait des passeports latino-am\u00e9ricains ill\u00e9gaux aux Juifs europ\u00e9ens. Son r\u00f4le au sein du groupe consistait \u00e0 fournir des listes et des photographies des personnes devant recevoir les passeports, \u00e0 lever des fonds pour financer l\u2019op\u00e9ration et \u00e0 coop\u00e9rer avec les diplomates latino-am\u00e9ricains. La police suisse l'arr\u00eata bri\u00e8vement en 1943 pour cette raison. Il resta en Suisse apr\u00e8s la guerre et s'engagea \u00e0 aider les survivants de l'Holocauste. Il mourut \u00e0 Gen\u00e8ve en 1951. Il re\u00e7ut la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019.\nChaim Yisroel Eiss (1876\u20131943)\nN\u00e9 \u00e0 Ustrzyki dans une famille juive orthodoxe, Eiss partit \u00e9tudier en Suisse en 1900, mais, faute de moyens financiers, il ouvrit une boutique et se lan\u00e7a dans le commerce un an plus tard. Il vint en aide aux r\u00e9fugi\u00e9s pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Membre actif de la communaut\u00e9 juive, il fut l\u2019un des fondateurs et des dirigeants du groupe politique international Agudat Israel. Il a mis \u00e0 profit les contacts qu\u2019il s\u2019\u00e9tait forg\u00e9s en Europe au fil des ans pour sauver des Juifs des pays sous occupation allemande.\nEn collaboration avec les diplomates polonais \u00e0 Berne, il a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau pour faire passer clandestinement des passeports dans les ghettos de la Pologne occup\u00e9e. Il a cofinanc\u00e9 les op\u00e9rations du groupe \u0141ado\u015b, s\u2019est procur\u00e9 des listes de noms de Juifs auxquels les documents \u00e9taient destin\u00e9s et a obtenu les photographies n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9livrance des passeports.\nIl est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une crise cardiaque \u00e0 Zurich en octobre 1943, laissant derri\u00e8re lui des archives inestimables documentant le travail du groupe, notamment des documents remplis et la correspondance entre les diplomates polonais et les organisations juives. Les \u00ab archives Eiss \u00bb ont \u00e9t\u00e9 acquises par le gouvernement polonais en 2018 et sont venues enrichir les collections du mus\u00e9e d\u2019Auschwitz-Birkenau. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille Virtus et Fraternitas en 2019."},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/#primaryimage","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/ChatGPT-Image-24-mars-2026-10_35_18.png","contentUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2026\/03\/ChatGPT-Image-24-mars-2026-10_35_18.png","width":1536,"height":1024},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2026\/03\/23\/le-groupe-lados\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le groupe \u0141ado\u015b"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#website","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/","name":"Instytut Polski w Pary\u017cu","description":"Instytuty Polskie","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"pl-PL"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/cb66a216727a2091ef661a565b4eb82a","name":"merkezt","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g","caption":"merkezt"},"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/author\/merkezt\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/users\/188"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11468"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11468\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11484,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11468\/revisions\/11484"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11483"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}