{"id":9936,"date":"2025-07-10T15:50:55","date_gmt":"2025-07-10T13:50:55","guid":{"rendered":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?p=9936"},"modified":"2025-11-25T15:23:47","modified_gmt":"2025-11-25T14:23:47","slug":"magdalena-abakanowicz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/2025\/07\/10\/magdalena-abakanowicz\/","title":{"rendered":"Magdalena Abakanowicz"},"content":{"rendered":"\n<p>Abakanowicz&nbsp;a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Varsovie entre 1950 et 1954. Elle s\u2019est un temps tourn\u00e9e vers la peinture, r\u00e9alisant des compositions monumentales \u00e0 la gouache sur carton et toile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Abakans<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sa premi\u00e8re grande r\u00e9alisation autonome \u00e9tait repose sur l&#8217;utilisation du textile en trois dimensions comme m\u00e9dium. Abakanowicz s\u2019est rapidement impos\u00e9e comme une figure majeure des sculptures souples, connues sous le nom d\u2019\u00ab Abakans \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Abakanowicz&nbsp;s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 la texture des mat\u00e9riaux, notamment \u00e0 la dimension organique du m\u00e9dium qu\u2019elle avait choisi. Les Abakans, r\u00e9alis\u00e9s en fibres de sisal teintes, \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 organique d\u00e9multipli\u00e9e, surprenaient par leur \u00e9tranget\u00e9. Lors des expositions, ils \u00e9taient suspendus au plafond comme des montres informes, v\u00eatus de toile.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;artiste rompt avec la tradition des surfaces planes des textiles d\u00e9coratifs accroch\u00e9s aux murs. Des ann\u00e9es plus tard, elle a \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>\u00ab Les Abakans d\u00e9rangeaient. Ils arrivaient \u00e0 contretemps. Il y avait la tapisserie fran\u00e7aise, le pop art et l\u2019art conceptuel, et ici apparaissaient ces formes complexes, gigantesques, magiques\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de leurs connotations d\u00e9rangeantes, les Abakans ont suscit\u00e9 l\u2019admiration pour l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 et la constance de l\u2019artiste, devenant rapidement le passeport d\u2019Abakanowicz pour les salons internationaux. Ces formes in\u00e9dites ont enchant\u00e9 les spectateurs et la critique lors de la Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne en 1964, avant d\u2019obtenir la m\u00e9daille d&#8217;or \u00e0 la Biennale de S\u00e3o Paulo en 1967, permettant \u00e0 l&#8217;artiste d&#8217;acqu\u00e9rir une renomm\u00e9e internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Abakans refl\u00e8tent l\u2019approche sculpturale d\u2019Abakanowicz, sa mani\u00e8re d\u2019utiliser le textile et les possibilit\u00e9s techniques qu\u2019offre ce m\u00e9dium. Elle exploite pleinement sa douceur, sa souplesse et sa mall\u00e9abilit\u00e9. Toutefois, ces immenses nappes circulaires prennent une forme animale sous la main de l&#8217;artiste. Les Abakans semblent mena\u00e7ants, leurs surfaces \u00e9voquant la d\u00e9pouille de monstres g\u00e9ants, une impression accentu\u00e9e par le recours \u00e0 une \u00e9chelle surhumaine pour ces \u00eatres myst\u00e9rieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Structures organiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Abakanowicz&nbsp;est rest\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 la logique s\u00e9rielle, pr\u00e9f\u00e9rant les ensembles d\u2019\u0153uvres aux pi\u00e8ces individuelles. Cette logique, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les Abakans, s\u2019exprime de mani\u00e8re encore plus manifeste dans son exposition des ann\u00e9es 1970, <em>Structures organiques<\/em>. Dans l\u2019espace de la galerie, elle aurait dispos\u00e9 plusieurs dizaines de formes ovales, r\u00e9alis\u00e9es en toile de jute, remplies d&#8217;une mati\u00e8re souple. Pour l\u2019artiste, c\u2019\u00e9tait une expression de son exp\u00e9rience d\u2019enfant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es, les choses souples, faites de tissus complexes, sont devenues mes mat\u00e9riaux. Je ressens une affinit\u00e9 avec le monde que je ne veux pas conna\u00eetre autrement que par le toucher, le ressenti, et la relation \u00e0 cette part de moi-m\u00eame que je porte profond\u00e9ment en moi. (\u2026) Il n\u2019y a aucun outil entre moi et la mati\u00e8re que j\u2019utilise. Je la choisis avec mes mains. Je la fa\u00e7onne avec mes mains. Mes mains lui transmettent mon \u00e9nergie. En traduisant une id\u00e9e en une forme, elles transmettent toujours quelque chose qui \u00e9chappe \u00e0 toute conceptualisation. Elles r\u00e9v\u00e8lent l\u2019inconscient.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les s\u00e9ries ult\u00e9rieures d&#8217;Abakanowicz sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir de morceaux de toile de jute grossi\u00e8re qu&#8217;elle coud et assemble, avant de les enduire de r\u00e9sine synth\u00e9tique. C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle cr\u00e9e <strong>Alt\u00e9rations<\/strong> (1974-5) &#8211; douze figures humaines \u00e9vid\u00e9es assises en rang\u00e9e ; <strong>T\u00eates<\/strong> (1973-5) &#8211; une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9normes formes solides rappelant des t\u00eates humaines sans visage ; <strong>Dos<\/strong> (1976-80) &#8211; quatre-vingts n\u00e9gatifs l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents du tronc humain ; <strong>La Foule I <\/strong>(1986-7) &#8211; 50 figures debout ; <strong>Ragazzi<\/strong> (1990) &#8211; 40 &#8222;peaux&#8221; d\u00e9pouill\u00e9es de jeunes gar\u00e7ons ; et <strong>Enfants<\/strong> (1992), <strong>30 Figures Assises \u00e0 l&#8217;envers<\/strong> (1993-4) et <strong>7 Figures Dansantes<\/strong> (2001-2).<\/p>\n\n\n\n<p>Le point de r\u00e9f\u00e9rence fondamental dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz est l\u2019\u00eatre humain, sa condition et sa place dans le monde contemporain, mais surtout son d\u00e9sarroi face \u00e0 l&#8217;exc\u00e8s et \u00e0 l&#8217;anonymat de la foule. Cela transpara\u00eet dans ses sculptures des ann\u00e9es 1980 et 1990, o\u00f9 elle explore de nouveaux mat\u00e9riaux&nbsp;: du m\u00e9tal (principalement du bronze, comme dans la s\u00e9rie <em>Foule de bronze<\/em>, 1990-91 et <em>Puellae<\/em>, 1992), du bois, de la pierre, ou parfois de l\u2019argile.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz \u00e0 cette \u00e9poque revient, pour un temps, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab structure organique \u00bb, comme en t\u00e9moigne Embriologie, l\u2019installation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Biennale de Vienne en 1980, compos\u00e9e de plusieurs dizaines de masses molles, \u00e9voquant des \u0153ufs, de tailles vari\u00e9es, diss\u00e9min\u00e9es dans la salle d\u2019exposition. Dans Katharsis (1986), elle utilise des formes encore plus \u00e9pur\u00e9es, tout en conservant son int\u00e9r\u00eat pour la figure humaine. Cette r\u00e9alisation en plein air, r\u00e9alis\u00e9e pour la Fondation Guliano Gori \u00e0 Florence, pr\u00e9sentait un groupe de trente-trois torses humains d\u00e9shumanis\u00e9s de trois m\u00e8tres de haut, moul\u00e9s en bronze. Abakanowicz y donne \u00e0 voir un \u00eatre \u00e0 l\u2019identit\u00e9 dissoute, une figure androgynique et universelle, soulignant la condition commune de l\u2019humanit\u00e9 et le poids douloureux de la corpor\u00e9it\u00e9. Elle y propose le reflet inerte d\u2019une forme r\u00e9elle, vid\u00e9e de sa mati\u00e8re, de sa chair, de son essence. Elle s&#8217;int\u00e9ressait, pour reprendre ses propres termes, \u00e0 \u00ab&nbsp;l&#8217;horrible impuissance de l&#8217;homme face \u00e0 sa structure biologique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Abakanowicz&nbsp;? Abakanowicz&nbsp;! \u00e0 Varsovie \u2013 Galerie Image<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-7 is-cropped has-vivid-red-background-color has-background wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"203\" height=\"300\" data-id=\"9947\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-2_6667220-1-203x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9947\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-2_6667220-1-203x300.jpg 203w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-2_6667220-1.jpg 270w\" sizes=\"auto, (max-width: 203px) 100vw, 203px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"207\" height=\"300\" data-id=\"9943\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-3_6667224-207x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9943\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-3_6667224-207x300.jpg 207w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-3_6667224.jpg 276w\" sizes=\"auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"300\" data-id=\"9944\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-5_6667232-200x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9944\" 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\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"232\" height=\"300\" data-id=\"9946\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-7_6667240-232x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9946\" srcset=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-7_6667240-232x300.jpg 232w, https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-7_6667240.jpg 309w\" sizes=\"auto, (max-width: 232px) 100vw, 232px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-medium\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"230\" height=\"300\" data-id=\"9945\" src=\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/abakamowicz-magdalena-retrospektywa-8_6667244-230x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9945\" 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\/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>A la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, Abakanowicz&nbsp;commence \u00e0 exposer ses dessins au fusain (Torses, Visages, 1981, T\u00eates, 1987) et ses peintures (huiles de la s\u00e9rie Faces Which Are Not Portraits (1983) et commen\u00e7a a publier ses r\u00e9flexions sur son \u0153uvre :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>En examinant l\u2019Homme, c\u2019est moi-m\u00eame que j\u2019examine\u2026 Mes formes sont les peaux que j\u2019arrache une \u00e0 une, marquant les \u00e9tapes importantes de mon chemin. Chaque fois, elles m\u2019appartiennent autant que je leur appartiens, au point que nous ne pouvons exister l\u2019un sans l\u2019autre. Souples, elles contiennent un nombre infini de formes possibles dont une seule peut \u00eatre choisie comme \u00e9tant la bonne, celle qui a du sens. Je cr\u00e9e un espace dans les salles d\u2019exposition, o\u00f9 elles rayonnent l\u2019\u00e9nergie que je leur ai transmise. Elles existent avec moi, d\u00e9pendent de moi, je d\u00e9pens d\u2019elles\u2026 Sans moi, elles n\u2019ont aucun sens, telles des parties de corps abandonn\u00e9es, s\u00e9par\u00e9es du torse.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cet autocommentaire semble \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rer aux recherches artistiques ant\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz, notamment les Abakans, bien qu\u2019ils ne semblent pas, \u00e0 premi\u00e8re vue, \u00eatre des \u0153uvres ancr\u00e9es dans une exp\u00e9rience ou une \u00e9motion personnelle pr\u00e9cise, et qu\u2019ils paraissent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de l\u2019anonymat massif et oppressant des s\u00e9ries <strong>T\u00eates<\/strong> ou <strong>Dos<\/strong>. Peut-\u00eatre que c\u2019est le cas parce que les \u00ab&nbsp;Abakans&nbsp;\u00bb conservent le caract\u00e8re unique du tissu, et que leurs couleurs vives ignorent la teinte naturelle du mat\u00e9riau. On trouve ainsi <strong>Abakan rouge<\/strong> (1967) ; <strong>Abakan brun<\/strong> (1969-72) ; <strong>V\u00eatements Oranges<\/strong> (1969) ; <strong>Environnement Noir<\/strong> (1970-78) ; <strong>V\u00eatements Noirs avec Sacs<\/strong> (1971). Les \u0153uvres ult\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz perdent leur individualit\u00e9 de deux fa\u00e7ons&nbsp;: par la r\u00e9p\u00e9tition d&#8217;une m\u00eame forme, et par l&#8217;adoption d&#8217;une palette monochrome, d\u00e9finie par les caract\u00e9ristiques propres du mat\u00e9riau. Abakanowicz a suivi cette d\u00e9marche dans la plupart de ses projets artistiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Jeux de Guerre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tir\u00e9 de la s\u00e9rie War Games de M. Abakanowicz<\/p>\n\n\n\n<p>En 1989, elle pr\u00e9sente <strong>Jeux de Guerre<\/strong>, des structures monumentales compos\u00e9es d\u2019immenses troncs de vieux arbres, d\u00e9pouill\u00e9s de leurs branches et de leur \u00e9corce, partiellement envelopp\u00e9s de chiffons et enserr\u00e9s de cercles d\u2019acier. Pos\u00e9s sur des structures m\u00e9talliques en treillis, ils \u00e9voquent des chars de feu ou des engins d\u2019artillerie. Abakanowicz leur donne des noms \u00e9vocateurs, comme Baz, Ukon ou Runa, qui rappellent des langues oubli\u00e9es, des rituels magiques et primitifs. Elle cr\u00e9e ainsi un langage propre, plus symbolique que litt\u00e9ral. Ces \u0153uvres trouvent leur inspiration dans un voyage entrepris en 1976 \u00ab aux sources de l\u2019\u00e9nergie \u00bb : en Nouvelle-Guin\u00e9e, \u00e0 C\u00e9l\u00e8bes, Bali, Sumatra, Java et en Tha\u00eflande. Elle insiste cependant sur le fait que le titre de la s\u00e9rie lui est venu par hasard. Abakanowicz dit :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Ce titre est atypique dans mon travail. Les autres sont soit strictement descriptifs, comme \u00ab&nbsp;Dos&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Figures assises&nbsp;\u00bb, soit au contraire tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s, m\u00e9taphoriques, comme \u00ab&nbsp;Embryologie&nbsp;\u00bb, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la science plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un ensemble d&#8217;objets cousus en toile de jute. Si cette s\u00e9rie avait eu un autre nom, elle aurait pu \u00e9voquer une association totalement diff\u00e9rente.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Parmi les \u0153uvres les plus saisissantes de l\u2019artiste, <strong>War Games<\/strong> appara\u00eet comme profond\u00e9ment ambivalente. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle d\u00e9gage une \u00e9nergie n\u00e9gative, \u00ab&nbsp;militaire&nbsp;\u00bb massive et dominante. De l\u2019autre, elle \u00e9voque des moignons impuissants. Cette s\u00e9rie peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une d\u00e9claration dont le message m\u00e9taphorique s&#8217;applique non seulement \u00e0 la \u00ab&nbsp;condition humaine&nbsp;\u00bb comprise comme un enchev\u00eatrement de probl\u00e8mes existentiels, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont l&#8217;homme participe \u00e0 l&#8217;Histoire et \u00e0 l&#8217;Art. L&#8217;artiste elle-m\u00eame a \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 de replacer certaines de ses \u0153uvres dans une perspective historique particuli\u00e8re. Interrog\u00e9e par Zbigniew Taranienko : \u00ab&nbsp;A-t-on remarqu\u00e9 en Pologne que, bien qu&#8217;ambigu\u00ebs, vos \u0153uvres comportent des connotations politiques ?&nbsp;\u00bb, Abakanowicz a r\u00e9pondu : \u00ab&nbsp;On ne l&#8217;a pas remarqu\u00e9, m\u00eame durant la loi martiale, lorsque j\u2019ai expos\u00e9 <strong>La Cage<\/strong> en 1981 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Lublin, ni lors de l\u2019exposition <strong>Portraits Anonymes<\/strong> en 1987, dont les socles \u00e9voquaient ceux d\u2019une guillotine \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Abakanowicz a commenc\u00e9 \u00e0 livrer des commentaires plus d\u00e9velopp\u00e9s sur son \u0153uvre il y a 20 ans. Elle a soulign\u00e9 son ascendance tartare, \u00e9voqu\u00e9 son exp\u00e9rience de la guerre et parl\u00e9 ouvertement de son rapport \u00e0 la Pologne communiste. Auparavant, elle se contentait surtout de partager son rapport \u00e0 la mati\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire une exp\u00e9rience qui ne d\u00e9passait pas le processus m\u00eame de la sculpture. Elle a toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par l&#8217;int\u00e9rieur de la mati\u00e8re et l&#8217;a toujours per\u00e7ue comme \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Elle se souvient :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>J&#8217;\u00e9tais tr\u00e8s jeune. Je m\u2019\u00e9tais accroupie au bord d&#8217;un \u00e9tang mar\u00e9cageux pour observer des t\u00eatards. &#8230; Je voyais distinctement des enchev\u00eatrements de visc\u00e8res \u00e0 travers les fines membranes qui recouvraient leurs ventres distendus. &#8230; Ramass\u00e9s avec un b\u00e2ton vers le rivage, touch\u00e9s brutalement, leurs ventres distendus \u00e9clataient, laissant s\u2019\u00e9chapper un contenu noueux et d\u00e9sordonn\u00e9. &#8230; J&#8217;\u00e9tais assise, le c\u0153ur battant, boulvers\u00e9e par ce qui s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9, par la destruction de cette vie molle et le myst\u00e8re infini de ce qu\u2019elle contenait. &#8230; Des ann\u00e9es plus tard, les choses molles, aux tissus complexes, sont devenues mon mat\u00e9riau.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, toutefois, les explications qu&#8217;elle donnait de ses \u0153uvres ne comportaient pas de r\u00e9f\u00e9rences aussi explicites. C&#8217;est comme si elle avait pris soin d\u2019en dissimuler certains sens, soucieuse de pr\u00e9server l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 int\u00e9rieure de son \u0153uvre. Aux spectateurs et critiques qui lui demandaient si <strong>Backs <\/strong>faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab&nbsp;Auschwitz, une c\u00e9r\u00e9monie religieuse au P\u00e9rou ou la danse du Ramayana&nbsp;\u00bb, elle r\u00e9pondait que toutes ces interpr\u00e9tations \u00e9taient l\u00e9gitimes, car l&#8217;homme qui l&#8217;int\u00e9ressait n&#8217;\u00e9tait pas \u00ab&nbsp;l&#8217;homme d&#8217;une \u00e9poque particuli\u00e8re, mais l&#8217;homme en tant que tel&nbsp;\u00bb, et que son art n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un \u00ab&nbsp;r\u00e9cit universel de la condition humaine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a fini par d\u00e9clarer : \u00ab&nbsp;Je continue \u00e0 travailler sur la m\u00eame vieille histoire, aussi vieille que l&#8217;existence elle-m\u00eame, je continue \u00e0 en parler, \u00e0 \u00e9voquer des peurs, les d\u00e9ceptions et les d\u00e9sirs qu&#8217;elle entra\u00eene&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Exp\u00e9riences spatiales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs projets d\u2019Abakanowicz, en particulier les plus monumentaux, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s en espaces ouverts, la grande majorit\u00e9 en dehors de la Pologne. Elle qualifie ses \u0153uvres d\u2019\u00ab&nbsp;exp\u00e9riences spatiales&nbsp;\u00bb qui peuvent aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 d\u2019\u00ab espaces d\u2019\u00e9motions \u00bb. Parmi ces projets, on compte&nbsp;: <strong>Sarcophages dans des Maisons de Verre <\/strong>(France 1983-89), <strong>N\u00e9guev<\/strong> (Isra\u00ebl 1987 &#8211; sept cercles de pierre), <strong>Espace du Dragon<\/strong> (Cor\u00e9e du Sud 1988 &#8211; 10 t\u00eates d&#8217;animaux m\u00e9taphoriques en bronze), <strong>Les Fig\u00e9s<\/strong> (Japon 1993 &#8211; 40 figures en bronze), <strong>Arbres en Forme de Mains<\/strong> (USA 1993 &#8211; cinq arbres m\u00e9taphoriques en bronze), <strong>Espace de Croissance Inconnue<\/strong> (Lituanie 1997-98 &#8211; 22 formes en b\u00e9ton), <strong>Figures Marchantes<\/strong> (\u00c9tats-Unis 1999 &#8211; 20 figures en bronze), <strong>Oiseaux &#8211; Connaissance du bien et du mal<\/strong> (\u00c9tats-Unis 2001 &#8211; six figures en aluminium ressemblant \u00e0 des oiseaux), <strong>Espace de Pierre<\/strong> (\u00c9tats-Unis 2002 &#8211; 22 blocs de granit). La plus grande de ces installations, un groupe de 112 figures en fonte intitul\u00e9 <strong>Non Reconnus<\/strong> (2002), se trouve en Pologne, dans le parc Cytadela de Pozna\u0144. Une autre ville polonaise, Elbl\u0105g, abrite le tout premier artefact plac\u00e9 de mani\u00e8re permanente en dehors d\u2019un cadre mus\u00e9al : une sculpture en acier, aux formes arboricoles, cr\u00e9\u00e9e par Abakanowicz lors de la premi\u00e8re Biennale des formes spatiales en 1965.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1991, Abakanowicz re\u00e7oit une commande des autorit\u00e9s de la ville de Paris pour d\u00e9velopper le c\u00f4t\u00e9 ouest de La D\u00e9fense. Le projet, une audacieuse conception d\u2019\u00ab architecture arboricole \u00bb, ne fut cependant jamais r\u00e9alis\u00e9. Un autre de ses projets architecturaux est <strong>La Main<\/strong> (1994), une \u00ab&nbsp;sculpture-tour&nbsp;\u00bb command\u00e9e par les autorit\u00e9s de la ville d&#8217;Hiroshima pour comm\u00e9morer les victimes de la bombe nucl\u00e9aire. Comme pour La D\u00e9fense, l&#8217;artiste envisageait que les murs de cette construction soient, au fil du temps, recouverts de plantes. H\u00e9las, ce projet ne vit jamais le jour. En 2006, les autorit\u00e9s de Chicago ont command\u00e9 <strong>Agora<\/strong>, 106 figurines en fonte d&#8217;environ 2,70 m\u00e8tres de haut, repr\u00e9sentant des personnages de la taille \u00e0 la jambe, fig\u00e9s en plein mouvement. Elles sont expos\u00e9es ans le Grant Park de Chicago. En 2010, la ville de Varsovie confie \u00e0 l&#8217;artiste son premier projet en plein air : les l\u00e9gendaires chevaliers Wizard, Perceval, Lancelot et Galahad ont \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9s sous la forme de figures abstraites en acier, pesant chacune environ 400 kg, qui font l&#8217;objet d&#8217;une exposition permanente dans le parc Romuald Traugutt de Varsovie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les projets en plein air d&#8217;Abakanowicz s&#8217;appuient sur ses \u0153uvres ant\u00e9rieures et poursuivent son questionnement sur la condition humaine. Ils le font soit directement, en montrant le corps humain incomplet, endommag\u00e9 et souffrant, soit m\u00e9taphoriquement, \u00e0 travers le contexte (naturel ou historique) dans lequel ils sont plac\u00e9s. En 1975, elle avoue qu&#8217;elle \u00e9tait :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>susceptible de continuer \u00e0 abandonner certaines techniques et certains mat\u00e9riaux au profit d&#8217;autres, sans pour autant perdre l&#8217;essentiel du message. Le plus int\u00e9ressant est d&#8217;utiliser des techniques que l&#8217;on ne ma\u00eetrise pas et de construire des formes que l&#8217;on ne conna\u00eet pas.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La diversit\u00e9 de l&#8217;\u0153uvre d&#8217;Abakanowicz t\u00e9moigne de son inventivit\u00e9 inlassable et de sa capacit\u00e9 \u00e0 appliquer son credo : \u00ab&nbsp;Je n&#8217;aime pas les r\u00e8gles et les r\u00e8glements. Ce sont des ennemis de l&#8217;imagination&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Abakanowicz a fait partie pendant de nombreuses ann\u00e9es du groupe d\u2019artistes repr\u00e9sent\u00e9s par la Galerie Marlborough. De 1965 \u00e0 1990, elle a enseign\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00c9cole nationale des beaux-arts (aujourd&#8217;hui Acad\u00e9mie des beaux-arts) de Pozna\u0144. Elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conf\u00e9renci\u00e8re \u00e0 Los Angeles, Berkeley, Boston, New York, San Diego, Sydney et Tokyo.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ses nombreuses r\u00e9compenses, on compte le Grand Prix de la 8e Biennale de tapisserie de S\u00e3o Paulo (1965), le Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979), le Prix de la Fondation Alfred Jurzykowski, New York (1982), le Sculpture Centre, New York (1993), Leonardo da Vinci, Mexique (1997), Visionaries l, American Craft Museum, New York (2000) ; des distinctions : Croix de Commodore avec \u00e9toile de l&#8217;Ordre de Polonia Restituta (1998), Officier de l&#8217;Ordre des Arts et des Lettres, Paris, France (1999), Cavaliere nell Ordine Al Merito della Repubblica Italiana (2000) ; doctorats honorifiques : Royal College of Art, Londres (1974), Rhode Island School of Design, Providence (\u00c9tats-Unis, 1992), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, L\u00f3d\u017a (1997), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston (2001), School of the Art Institute, Chicago (2002), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, Pozna\u0144 (2002). Elle est \u00e9galement membre de l&#8217;Akademie der K\u00fcnste de Berlin (depuis 1994), de l&#8217;American Academy of Arts and Letters (depuis 1996), de la Sachsische Akademie der Kunste de Dresde (depuis 1998) et de l\u2019Orden Pour le M\u00e9rite f\u00fcr Wissenschaften und K\u00fcnste de Berlin (depuis 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u0153uvres d\u2019Abakanowicz ont fait partie de dizaines d\u2019expositions \u00e0 travers le monde, l\u2019artiste ayant pr\u00e9par\u00e9e personnellement chacune d\u2019entre-elles, au Ludwig Museum de Cologne, au Hiroshima City Museum, au Museum Sonje de Kyongju (Cor\u00e9e), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia de Madrid, au National Museum de Wroc\u0142aw, au Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne de Paris, au Metropolitan Museum of Art de New York, \u00e0 la National Gallery of Art de Washington, \u00e0 la Marlborough Gallery de New York, au Centre d&#8217;art contemporain et \u00e0 la Zacheta National Gallery of Art de Varsovie. Elle a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 d&#8217;importantes expositions internationales, notamment \u00e0 Lausanne (de 1962 \u00e0 1976 et en 1985), Venise (1968, 1980, 1995), S\u00e3o Paulo (1965), Anvers (Biennale internationale de sculpture en plein air, 1983), Sydney (1986). Ses \u0153uvres figurent dans de nombreux mus\u00e9es et galeries mentionn\u00e9s ci-dessus. En Pologne, la plus grande collection de ses \u0153uvres se trouve au Mus\u00e9e national de Wroc\u0142aw.<\/p>\n\n\n\n<p>Magdalena Abakanowicz a re\u00e7u de doctorats honorifiques d\u00e9cern\u00e9s par de nombreuses institutions internationales d&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, notamment le Royal College of Art, Londres, Angleterre (1974), la Rhode Island School of Design, Providence, Rhode Island (1992), l&#8217;Acad\u00e9mie des beaux-arts, \u0141\u00f3d\u017a, Pologne (1998), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston, Massachusetts (2001), Acad\u00e9mie des beaux-arts de Pozna\u0144, Pologne (2002), School of the Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois (2002).<\/p>\n\n\n\n<p>Elle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans le 21 avril 2017.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Prix et distinctions s\u00e9lectionn\u00e9s :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Grand Prix de la 8e Biennale Sztuki, S\u00e3o Paulo (1965)<br>\u2022 Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979)<br>\u2022 Prix Alfreda Jurzykowski, New York (1982)<br>\u2022 Prix d\u2019excellence en sculpture d\u00e9cern\u00e9 par le Sculpture Center, New York (1993)<br>\u2022 Croix de Commandeur avec \u00e9toile de l&#8217;Ordre de Polonia Restituta (1998)<br>\u2022 Croix de l&#8217;Officier de l&#8217;Ordre des Arts et des Lettres fran\u00e7ais (1999, 2004)<br>\u2022 Prix Visionaries I, American Craft Museum, New York (2000)<br>\u2022 Ordre du M\u00e9rite de la R\u00e9publique italienne (2000)<br>\u2022 \u00c9toile de la Grand-Croix d&#8217;Allemagne pour services rendus (2010)<br>\u2022 Prix pour l\u2019ensemble de sa carri\u00e8re en sculpture contemporaine, International Sculpture Center, Hamilton, NJ (2005)<\/p>\n\n\n\n<p>Pour une liste compl\u00e8te des \u0153uvres, des expositions et des distinctions, consulter : <a href=\"http:\/\/www.abakanowicz.art.pl\">www.abakanowicz.art.pl<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz\">Article orignal de Culture.pl<\/a><\/strong> par  Malgorzata Kitowska-Lysiak, Institut d&#8217;histoire de l&#8217;art de l&#8217;Universit\u00e9 catholique de Lublin, 2004, mise \u00e0 jour 2017<\/p>\n\n\n\n<p>Traduit en fran\u00e7ais par Olivia Domingos<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Abakanowicz&nbsp;a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Varsovie entre 1950 et 1954. 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Elle s\u2019est un temps tourn\u00e9e vers la peinture, r\u00e9alisant des compositions monumentales \u00e0 la gouache sur carton et toile.\\nAbakans\\nSa premi\u00e8re grande r\u00e9alisation autonome \u00e9tait repose sur l'utilisation du textile en trois dimensions comme m\u00e9dium. Abakanowicz s\u2019est rapidement impos\u00e9e comme une figure majeure des sculptures souples, connues sous le nom d\u2019\u00ab Abakans \u00bb.\\nAbakanowicz s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 la texture des mat\u00e9riaux, notamment \u00e0 la dimension organique du m\u00e9dium qu\u2019elle avait choisi. Les Abakans, r\u00e9alis\u00e9s en fibres de sisal teintes, \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 organique d\u00e9multipli\u00e9e, surprenaient par leur \u00e9tranget\u00e9. Lors des expositions, ils \u00e9taient suspendus au plafond comme des montres informes, v\u00eatus de toile.\\nL'artiste rompt avec la tradition des surfaces planes des textiles d\u00e9coratifs accroch\u00e9s aux murs. Des ann\u00e9es plus tard, elle a \u00e9crit :\\n\u00ab Les Abakans d\u00e9rangeaient. Ils arrivaient \u00e0 contretemps. Il y avait la tapisserie fran\u00e7aise, le pop art et l\u2019art conceptuel, et ici apparaissaient ces formes complexes, gigantesques, magiques\u2026 \u00bb\\nEn d\u00e9pit de leurs connotations d\u00e9rangeantes, les Abakans ont suscit\u00e9 l\u2019admiration pour l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 et la constance de l\u2019artiste, devenant rapidement le passeport d\u2019Abakanowicz pour les salons internationaux. Ces formes in\u00e9dites ont enchant\u00e9 les spectateurs et la critique lors de la Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne en 1964, avant d\u2019obtenir la m\u00e9daille d'or \u00e0 la Biennale de S\u00e3o Paulo en 1967, permettant \u00e0 l'artiste d'acqu\u00e9rir une renomm\u00e9e internationale.\\nLes Abakans refl\u00e8tent l\u2019approche sculpturale d\u2019Abakanowicz, sa mani\u00e8re d\u2019utiliser le textile et les possibilit\u00e9s techniques qu\u2019offre ce m\u00e9dium. Elle exploite pleinement sa douceur, sa souplesse et sa mall\u00e9abilit\u00e9. Toutefois, ces immenses nappes circulaires prennent une forme animale sous la main de l'artiste. Les Abakans semblent mena\u00e7ants, leurs surfaces \u00e9voquant la d\u00e9pouille de monstres g\u00e9ants, une impression accentu\u00e9e par le recours \u00e0 une \u00e9chelle surhumaine pour ces \u00eatres myst\u00e9rieux.\\nStructures organiques\\nAbakanowicz est rest\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 la logique s\u00e9rielle, pr\u00e9f\u00e9rant les ensembles d\u2019\u0153uvres aux pi\u00e8ces individuelles. Cette logique, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les Abakans, s\u2019exprime de mani\u00e8re encore plus manifeste dans son exposition des ann\u00e9es 1970, Structures organiques. Dans l\u2019espace de la galerie, elle aurait dispos\u00e9 plusieurs dizaines de formes ovales, r\u00e9alis\u00e9es en toile de jute, remplies d'une mati\u00e8re souple. Pour l\u2019artiste, c\u2019\u00e9tait une expression de son exp\u00e9rience d\u2019enfant :\\nLes s\u00e9ries ult\u00e9rieures d'Abakanowicz sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir de morceaux de toile de jute grossi\u00e8re qu'elle coud et assemble, avant de les enduire de r\u00e9sine synth\u00e9tique. C'est ainsi qu'elle cr\u00e9e Alt\u00e9rations (1974-5) - douze figures humaines \u00e9vid\u00e9es assises en rang\u00e9e ; T\u00eates (1973-5) - une s\u00e9rie d'\u00e9normes formes solides rappelant des t\u00eates humaines sans visage ; Dos (1976-80) - quatre-vingts n\u00e9gatifs l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents du tronc humain ; La Foule I (1986-7) - 50 figures debout ; Ragazzi (1990) - 40 \\\"peaux\\\" d\u00e9pouill\u00e9es de jeunes gar\u00e7ons ; et Enfants (1992), 30 Figures Assises \u00e0 l'envers (1993-4) et 7 Figures Dansantes (2001-2).\\nLe point de r\u00e9f\u00e9rence fondamental dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz est l\u2019\u00eatre humain, sa condition et sa place dans le monde contemporain, mais surtout son d\u00e9sarroi face \u00e0 l'exc\u00e8s et \u00e0 l'anonymat de la foule. Cela transpara\u00eet dans ses sculptures des ann\u00e9es 1980 et 1990, o\u00f9 elle explore de nouveaux mat\u00e9riaux : du m\u00e9tal (principalement du bronze, comme dans la s\u00e9rie Foule de bronze, 1990-91 et Puellae, 1992), du bois, de la pierre, ou parfois de l\u2019argile.\\nL\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz \u00e0 cette \u00e9poque revient, pour un temps, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab structure organique \u00bb, comme en t\u00e9moigne Embriologie, l\u2019installation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Biennale de Vienne en 1980, compos\u00e9e de plusieurs dizaines de masses molles, \u00e9voquant des \u0153ufs, de tailles vari\u00e9es, diss\u00e9min\u00e9es dans la salle d\u2019exposition. Dans Katharsis (1986), elle utilise des formes encore plus \u00e9pur\u00e9es, tout en conservant son int\u00e9r\u00eat pour la figure humaine. Cette r\u00e9alisation en plein air, r\u00e9alis\u00e9e pour la Fondation Guliano Gori \u00e0 Florence, pr\u00e9sentait un groupe de trente-trois torses humains d\u00e9shumanis\u00e9s de trois m\u00e8tres de haut, moul\u00e9s en bronze. Abakanowicz y donne \u00e0 voir un \u00eatre \u00e0 l\u2019identit\u00e9 dissoute, une figure androgynique et universelle, soulignant la condition commune de l\u2019humanit\u00e9 et le poids douloureux de la corpor\u00e9it\u00e9. Elle y propose le reflet inerte d\u2019une forme r\u00e9elle, vid\u00e9e de sa mati\u00e8re, de sa chair, de son essence. Elle s'int\u00e9ressait, pour reprendre ses propres termes, \u00e0 \u00ab l'horrible impuissance de l'homme face \u00e0 sa structure biologique \u00bb.\\nAbakanowicz ? Abakanowicz ! \u00e0 Varsovie \u2013 Galerie Image\\nA la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, Abakanowicz commence \u00e0 exposer ses dessins au fusain (Torses, Visages, 1981, T\u00eates, 1987) et ses peintures (huiles de la s\u00e9rie Faces Which Are Not Portraits (1983) et commen\u00e7a a publier ses r\u00e9flexions sur son \u0153uvre :\\nEn examinant l\u2019Homme, c\u2019est moi-m\u00eame que j\u2019examine\u2026 Mes formes sont les peaux que j\u2019arrache une \u00e0 une, marquant les \u00e9tapes importantes de mon chemin. Chaque fois, elles m\u2019appartiennent autant que je leur appartiens, au point que nous ne pouvons exister l\u2019un sans l\u2019autre. Souples, elles contiennent un nombre infini de formes possibles dont une seule peut \u00eatre choisie comme \u00e9tant la bonne, celle qui a du sens. Je cr\u00e9e un espace dans les salles d\u2019exposition, o\u00f9 elles rayonnent l\u2019\u00e9nergie que je leur ai transmise. Elles existent avec moi, d\u00e9pendent de moi, je d\u00e9pens d\u2019elles\u2026 Sans moi, elles n\u2019ont aucun sens, telles des parties de corps abandonn\u00e9es, s\u00e9par\u00e9es du torse.\\nCet autocommentaire semble \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rer aux recherches artistiques ant\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz, notamment les Abakans, bien qu\u2019ils ne semblent pas, \u00e0 premi\u00e8re vue, \u00eatre des \u0153uvres ancr\u00e9es dans une exp\u00e9rience ou une \u00e9motion personnelle pr\u00e9cise, et qu\u2019ils paraissent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de l\u2019anonymat massif et oppressant des s\u00e9ries T\u00eates ou Dos. Peut-\u00eatre que c\u2019est le cas parce que les \u00ab Abakans \u00bb conservent le caract\u00e8re unique du tissu, et que leurs couleurs vives ignorent la teinte naturelle du mat\u00e9riau. On trouve ainsi Abakan rouge (1967) ; Abakan brun (1969-72) ; V\u00eatements Oranges (1969) ; Environnement Noir (1970-78) ; V\u00eatements Noirs avec Sacs (1971). Les \u0153uvres ult\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz perdent leur individualit\u00e9 de deux fa\u00e7ons : par la r\u00e9p\u00e9tition d'une m\u00eame forme, et par l'adoption d'une palette monochrome, d\u00e9finie par les caract\u00e9ristiques propres du mat\u00e9riau. Abakanowicz a suivi cette d\u00e9marche dans la plupart de ses projets artistiques.\\nJeux de Guerre\\nTir\u00e9 de la s\u00e9rie War Games de M. Abakanowicz\\nEn 1989, elle pr\u00e9sente Jeux de Guerre, des structures monumentales compos\u00e9es d\u2019immenses troncs de vieux arbres, d\u00e9pouill\u00e9s de leurs branches et de leur \u00e9corce, partiellement envelopp\u00e9s de chiffons et enserr\u00e9s de cercles d\u2019acier. Pos\u00e9s sur des structures m\u00e9talliques en treillis, ils \u00e9voquent des chars de feu ou des engins d\u2019artillerie. Abakanowicz leur donne des noms \u00e9vocateurs, comme Baz, Ukon ou Runa, qui rappellent des langues oubli\u00e9es, des rituels magiques et primitifs. Elle cr\u00e9e ainsi un langage propre, plus symbolique que litt\u00e9ral. Ces \u0153uvres trouvent leur inspiration dans un voyage entrepris en 1976 \u00ab aux sources de l\u2019\u00e9nergie \u00bb : en Nouvelle-Guin\u00e9e, \u00e0 C\u00e9l\u00e8bes, Bali, Sumatra, Java et en Tha\u00eflande. Elle insiste cependant sur le fait que le titre de la s\u00e9rie lui est venu par hasard. Abakanowicz dit :\\nCe titre est atypique dans mon travail. Les autres sont soit strictement descriptifs, comme \u00ab Dos \u00bb ou \u00ab Figures assises \u00bb, soit au contraire tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s, m\u00e9taphoriques, comme \u00ab Embryologie \u00bb, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la science plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un ensemble d'objets cousus en toile de jute. Si cette s\u00e9rie avait eu un autre nom, elle aurait pu \u00e9voquer une association totalement diff\u00e9rente.\\nParmi les \u0153uvres les plus saisissantes de l\u2019artiste, War Games appara\u00eet comme profond\u00e9ment ambivalente. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle d\u00e9gage une \u00e9nergie n\u00e9gative, \u00ab militaire \u00bb massive et dominante. De l\u2019autre, elle \u00e9voque des moignons impuissants. Cette s\u00e9rie peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une d\u00e9claration dont le message m\u00e9taphorique s'applique non seulement \u00e0 la \u00ab condition humaine \u00bb comprise comme un enchev\u00eatrement de probl\u00e8mes existentiels, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont l'homme participe \u00e0 l'Histoire et \u00e0 l'Art. L'artiste elle-m\u00eame a \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 de replacer certaines de ses \u0153uvres dans une perspective historique particuli\u00e8re. Interrog\u00e9e par Zbigniew Taranienko : \u00ab A-t-on remarqu\u00e9 en Pologne que, bien qu'ambigu\u00ebs, vos \u0153uvres comportent des connotations politiques ? \u00bb, Abakanowicz a r\u00e9pondu : \u00ab On ne l'a pas remarqu\u00e9, m\u00eame durant la loi martiale, lorsque j\u2019ai expos\u00e9 La Cage en 1981 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Lublin, ni lors de l\u2019exposition Portraits Anonymes en 1987, dont les socles \u00e9voquaient ceux d\u2019une guillotine \u00bb.\\nAbakanowicz a commenc\u00e9 \u00e0 livrer des commentaires plus d\u00e9velopp\u00e9s sur son \u0153uvre il y a 20 ans. Elle a soulign\u00e9 son ascendance tartare, \u00e9voqu\u00e9 son exp\u00e9rience de la guerre et parl\u00e9 ouvertement de son rapport \u00e0 la Pologne communiste. Auparavant, elle se contentait surtout de partager son rapport \u00e0 la mati\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire une exp\u00e9rience qui ne d\u00e9passait pas le processus m\u00eame de la sculpture. Elle a toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par l'int\u00e9rieur de la mati\u00e8re et l'a toujours per\u00e7ue comme \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Elle se souvient :\\nJ'\u00e9tais tr\u00e8s jeune. Je m\u2019\u00e9tais accroupie au bord d'un \u00e9tang mar\u00e9cageux pour observer des t\u00eatards. ... Je voyais distinctement des enchev\u00eatrements de visc\u00e8res \u00e0 travers les fines membranes qui recouvraient leurs ventres distendus. ... Ramass\u00e9s avec un b\u00e2ton vers le rivage, touch\u00e9s brutalement, leurs ventres distendus \u00e9clataient, laissant s\u2019\u00e9chapper un contenu noueux et d\u00e9sordonn\u00e9. ... J'\u00e9tais assise, le c\u0153ur battant, boulvers\u00e9e par ce qui s'\u00e9tait pass\u00e9, par la destruction de cette vie molle et le myst\u00e8re infini de ce qu\u2019elle contenait. ... Des ann\u00e9es plus tard, les choses molles, aux tissus complexes, sont devenues mon mat\u00e9riau.\\nDans un premier temps, toutefois, les explications qu'elle donnait de ses \u0153uvres ne comportaient pas de r\u00e9f\u00e9rences aussi explicites. C'est comme si elle avait pris soin d\u2019en dissimuler certains sens, soucieuse de pr\u00e9server l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 int\u00e9rieure de son \u0153uvre. Aux spectateurs et critiques qui lui demandaient si Backs faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab Auschwitz, une c\u00e9r\u00e9monie religieuse au P\u00e9rou ou la danse du Ramayana \u00bb, elle r\u00e9pondait que toutes ces interpr\u00e9tations \u00e9taient l\u00e9gitimes, car l'homme qui l'int\u00e9ressait n'\u00e9tait pas \u00ab l'homme d'une \u00e9poque particuli\u00e8re, mais l'homme en tant que tel \u00bb, et que son art n'\u00e9tait qu'un \u00ab r\u00e9cit universel de la condition humaine \u00bb.\\nElle a fini par d\u00e9clarer : \u00ab Je continue \u00e0 travailler sur la m\u00eame vieille histoire, aussi vieille que l'existence elle-m\u00eame, je continue \u00e0 en parler, \u00e0 \u00e9voquer des peurs, les d\u00e9ceptions et les d\u00e9sirs qu'elle entra\u00eene \u00bb.\\nExp\u00e9riences spatiales\\nPlusieurs projets d\u2019Abakanowicz, en particulier les plus monumentaux, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s en espaces ouverts, la grande majorit\u00e9 en dehors de la Pologne. Elle qualifie ses \u0153uvres d\u2019\u00ab exp\u00e9riences spatiales \u00bb qui peuvent aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 d\u2019\u00ab espaces d\u2019\u00e9motions \u00bb. Parmi ces projets, on compte : Sarcophages dans des Maisons de Verre (France 1983-89), N\u00e9guev (Isra\u00ebl 1987 - sept cercles de pierre), Espace du Dragon (Cor\u00e9e du Sud 1988 - 10 t\u00eates d'animaux m\u00e9taphoriques en bronze), Les Fig\u00e9s (Japon 1993 - 40 figures en bronze), Arbres en Forme de Mains (USA 1993 - cinq arbres m\u00e9taphoriques en bronze), Espace de Croissance Inconnue (Lituanie 1997-98 - 22 formes en b\u00e9ton), Figures Marchantes (\u00c9tats-Unis 1999 - 20 figures en bronze), Oiseaux - Connaissance du bien et du mal (\u00c9tats-Unis 2001 - six figures en aluminium ressemblant \u00e0 des oiseaux), Espace de Pierre (\u00c9tats-Unis 2002 - 22 blocs de granit). La plus grande de ces installations, un groupe de 112 figures en fonte intitul\u00e9 Non Reconnus (2002), se trouve en Pologne, dans le parc Cytadela de Pozna\u0144. Une autre ville polonaise, Elbl\u0105g, abrite le tout premier artefact plac\u00e9 de mani\u00e8re permanente en dehors d\u2019un cadre mus\u00e9al : une sculpture en acier, aux formes arboricoles, cr\u00e9\u00e9e par Abakanowicz lors de la premi\u00e8re Biennale des formes spatiales en 1965.\\nEn 1991, Abakanowicz re\u00e7oit une commande des autorit\u00e9s de la ville de Paris pour d\u00e9velopper le c\u00f4t\u00e9 ouest de La D\u00e9fense. Le projet, une audacieuse conception d\u2019\u00ab architecture arboricole \u00bb, ne fut cependant jamais r\u00e9alis\u00e9. Un autre de ses projets architecturaux est La Main (1994), une \u00ab sculpture-tour \u00bb command\u00e9e par les autorit\u00e9s de la ville d'Hiroshima pour comm\u00e9morer les victimes de la bombe nucl\u00e9aire. Comme pour La D\u00e9fense, l'artiste envisageait que les murs de cette construction soient, au fil du temps, recouverts de plantes. H\u00e9las, ce projet ne vit jamais le jour. En 2006, les autorit\u00e9s de Chicago ont command\u00e9 Agora, 106 figurines en fonte d'environ 2,70 m\u00e8tres de haut, repr\u00e9sentant des personnages de la taille \u00e0 la jambe, fig\u00e9s en plein mouvement. Elles sont expos\u00e9es ans le Grant Park de Chicago. En 2010, la ville de Varsovie confie \u00e0 l'artiste son premier projet en plein air : les l\u00e9gendaires chevaliers Wizard, Perceval, Lancelot et Galahad ont \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9s sous la forme de figures abstraites en acier, pesant chacune environ 400 kg, qui font l'objet d'une exposition permanente dans le parc Romuald Traugutt de Varsovie.\\nLes projets en plein air d'Abakanowicz s'appuient sur ses \u0153uvres ant\u00e9rieures et poursuivent son questionnement sur la condition humaine. Ils le font soit directement, en montrant le corps humain incomplet, endommag\u00e9 et souffrant, soit m\u00e9taphoriquement, \u00e0 travers le contexte (naturel ou historique) dans lequel ils sont plac\u00e9s. En 1975, elle avoue qu'elle \u00e9tait :\\nsusceptible de continuer \u00e0 abandonner certaines techniques et certains mat\u00e9riaux au profit d'autres, sans pour autant perdre l'essentiel du message. Le plus int\u00e9ressant est d'utiliser des techniques que l'on ne ma\u00eetrise pas et de construire des formes que l'on ne conna\u00eet pas.\\nLa diversit\u00e9 de l'\u0153uvre d'Abakanowicz t\u00e9moigne de son inventivit\u00e9 inlassable et de sa capacit\u00e9 \u00e0 appliquer son credo : \u00ab Je n'aime pas les r\u00e8gles et les r\u00e8glements. Ce sont des ennemis de l'imagination \u00bb.\\nAbakanowicz a fait partie pendant de nombreuses ann\u00e9es du groupe d\u2019artistes repr\u00e9sent\u00e9s par la Galerie Marlborough. De 1965 \u00e0 1990, elle a enseign\u00e9 \u00e0 l'\u00c9cole nationale des beaux-arts (aujourd'hui Acad\u00e9mie des beaux-arts) de Pozna\u0144. Elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conf\u00e9renci\u00e8re \u00e0 Los Angeles, Berkeley, Boston, New York, San Diego, Sydney et Tokyo.\\nParmi ses nombreuses r\u00e9compenses, on compte le Grand Prix de la 8e Biennale de tapisserie de S\u00e3o Paulo (1965), le Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979), le Prix de la Fondation Alfred Jurzykowski, New York (1982), le Sculpture Centre, New York (1993), Leonardo da Vinci, Mexique (1997), Visionaries l, American Craft Museum, New York (2000) ; des distinctions : Croix de Commodore avec \u00e9toile de l'Ordre de Polonia Restituta (1998), Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, Paris, France (1999), Cavaliere nell Ordine Al Merito della Repubblica Italiana (2000) ; doctorats honorifiques : Royal College of Art, Londres (1974), Rhode Island School of Design, Providence (\u00c9tats-Unis, 1992), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, L\u00f3d\u017a (1997), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston (2001), School of the Art Institute, Chicago (2002), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, Pozna\u0144 (2002). Elle est \u00e9galement membre de l'Akademie der K\u00fcnste de Berlin (depuis 1994), de l'American Academy of Arts and Letters (depuis 1996), de la Sachsische Akademie der Kunste de Dresde (depuis 1998) et de l\u2019Orden Pour le M\u00e9rite f\u00fcr Wissenschaften und K\u00fcnste de Berlin (depuis 2000).\\nLes \u0153uvres d\u2019Abakanowicz ont fait partie de dizaines d\u2019expositions \u00e0 travers le monde, l\u2019artiste ayant pr\u00e9par\u00e9e personnellement chacune d\u2019entre-elles, au Ludwig Museum de Cologne, au Hiroshima City Museum, au Museum Sonje de Kyongju (Cor\u00e9e), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia de Madrid, au National Museum de Wroc\u0142aw, au Mus\u00e9e d'Art Moderne de Paris, au Metropolitan Museum of Art de New York, \u00e0 la National Gallery of Art de Washington, \u00e0 la Marlborough Gallery de New York, au Centre d'art contemporain et \u00e0 la Zacheta National Gallery of Art de Varsovie. Elle a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 d'importantes expositions internationales, notamment \u00e0 Lausanne (de 1962 \u00e0 1976 et en 1985), Venise (1968, 1980, 1995), S\u00e3o Paulo (1965), Anvers (Biennale internationale de sculpture en plein air, 1983), Sydney (1986). Ses \u0153uvres figurent dans de nombreux mus\u00e9es et galeries mentionn\u00e9s ci-dessus. En Pologne, la plus grande collection de ses \u0153uvres se trouve au Mus\u00e9e national de Wroc\u0142aw.\\nMagdalena Abakanowicz a re\u00e7u de doctorats honorifiques d\u00e9cern\u00e9s par de nombreuses institutions internationales d'enseignement sup\u00e9rieur, notamment le Royal College of Art, Londres, Angleterre (1974), la Rhode Island School of Design, Providence, Rhode Island (1992), l'Acad\u00e9mie des beaux-arts, \u0141\u00f3d\u017a, Pologne (1998), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston, Massachusetts (2001), Acad\u00e9mie des beaux-arts de Pozna\u0144, Pologne (2002), School of the Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois (2002).\\nElle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans le 21 avril 2017.\\nPrix et distinctions s\u00e9lectionn\u00e9s :\\n\u2022 Grand Prix de la 8e Biennale Sztuki, S\u00e3o Paulo (1965)\u2022 Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979)\u2022 Prix Alfreda Jurzykowski, New York (1982)\u2022 Prix d\u2019excellence en sculpture d\u00e9cern\u00e9 par le Sculpture Center, New York (1993)\u2022 Croix de Commandeur avec \u00e9toile de l'Ordre de Polonia Restituta (1998)\u2022 Croix de l'Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres fran\u00e7ais (1999, 2004)\u2022 Prix Visionaries I, American Craft Museum, New York (2000)\u2022 Ordre du M\u00e9rite de la R\u00e9publique italienne (2000)\u2022 \u00c9toile de la Grand-Croix d'Allemagne pour services rendus (2010)\u2022 Prix pour l\u2019ensemble de sa carri\u00e8re en sculpture contemporaine, International Sculpture Center, Hamilton, NJ (2005)\\nPour une liste compl\u00e8te des \u0153uvres, des expositions et des distinctions, consulter : www.abakanowicz.art.pl\\nArticle orignal de Culture.pl par  Malgorzata Kitowska-Lysiak, Institut d'histoire de l'art de l'Universit\u00e9 catholique de Lublin, 2004, mise \u00e0 jour 2017\\nTraduit en fran\u00e7ais par Olivia Domingos\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/magdalena_abakanowicz_pap.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/magdalena_abakanowicz_pap.jpg\",\"width\":1000,\"height\":663},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Magdalena Abakanowicz\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#website\",\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/\",\"name\":\"Instytut Polski w Pary\u017cu\",\"description\":\"Instytuty Polskie\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"pl-PL\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/cb66a216727a2091ef661a565b4eb82a\",\"name\":\"merkezt\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"pl-PL\",\"@id\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"merkezt\"},\"url\":\"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/author\/merkezt\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Magdalena Abakanowicz - Instytut Polski w Pary\u017cu","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz","og_locale":"pl_PL","og_type":"article","og_title":"Magdalena Abakanowicz - Instytut Polski w Pary\u017cu","og_description":"Abakanowicz&nbsp;a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Varsovie entre 1950 et 1954. 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Elle s\u2019est un temps tourn\u00e9e vers la peinture, r\u00e9alisant des compositions monumentales \u00e0 la gouache sur carton et toile.\nAbakans\nSa premi\u00e8re grande r\u00e9alisation autonome \u00e9tait repose sur l'utilisation du textile en trois dimensions comme m\u00e9dium. Abakanowicz s\u2019est rapidement impos\u00e9e comme une figure majeure des sculptures souples, connues sous le nom d\u2019\u00ab Abakans \u00bb.\nAbakanowicz s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 la texture des mat\u00e9riaux, notamment \u00e0 la dimension organique du m\u00e9dium qu\u2019elle avait choisi. Les Abakans, r\u00e9alis\u00e9s en fibres de sisal teintes, \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 organique d\u00e9multipli\u00e9e, surprenaient par leur \u00e9tranget\u00e9. Lors des expositions, ils \u00e9taient suspendus au plafond comme des montres informes, v\u00eatus de toile.\nL'artiste rompt avec la tradition des surfaces planes des textiles d\u00e9coratifs accroch\u00e9s aux murs. Des ann\u00e9es plus tard, elle a \u00e9crit :\n\u00ab Les Abakans d\u00e9rangeaient. Ils arrivaient \u00e0 contretemps. Il y avait la tapisserie fran\u00e7aise, le pop art et l\u2019art conceptuel, et ici apparaissaient ces formes complexes, gigantesques, magiques\u2026 \u00bb\nEn d\u00e9pit de leurs connotations d\u00e9rangeantes, les Abakans ont suscit\u00e9 l\u2019admiration pour l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 et la constance de l\u2019artiste, devenant rapidement le passeport d\u2019Abakanowicz pour les salons internationaux. Ces formes in\u00e9dites ont enchant\u00e9 les spectateurs et la critique lors de la Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne en 1964, avant d\u2019obtenir la m\u00e9daille d'or \u00e0 la Biennale de S\u00e3o Paulo en 1967, permettant \u00e0 l'artiste d'acqu\u00e9rir une renomm\u00e9e internationale.\nLes Abakans refl\u00e8tent l\u2019approche sculpturale d\u2019Abakanowicz, sa mani\u00e8re d\u2019utiliser le textile et les possibilit\u00e9s techniques qu\u2019offre ce m\u00e9dium. Elle exploite pleinement sa douceur, sa souplesse et sa mall\u00e9abilit\u00e9. Toutefois, ces immenses nappes circulaires prennent une forme animale sous la main de l'artiste. Les Abakans semblent mena\u00e7ants, leurs surfaces \u00e9voquant la d\u00e9pouille de monstres g\u00e9ants, une impression accentu\u00e9e par le recours \u00e0 une \u00e9chelle surhumaine pour ces \u00eatres myst\u00e9rieux.\nStructures organiques\nAbakanowicz est rest\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 la logique s\u00e9rielle, pr\u00e9f\u00e9rant les ensembles d\u2019\u0153uvres aux pi\u00e8ces individuelles. Cette logique, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les Abakans, s\u2019exprime de mani\u00e8re encore plus manifeste dans son exposition des ann\u00e9es 1970, Structures organiques. Dans l\u2019espace de la galerie, elle aurait dispos\u00e9 plusieurs dizaines de formes ovales, r\u00e9alis\u00e9es en toile de jute, remplies d'une mati\u00e8re souple. Pour l\u2019artiste, c\u2019\u00e9tait une expression de son exp\u00e9rience d\u2019enfant :\nLes s\u00e9ries ult\u00e9rieures d'Abakanowicz sont \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir de morceaux de toile de jute grossi\u00e8re qu'elle coud et assemble, avant de les enduire de r\u00e9sine synth\u00e9tique. C'est ainsi qu'elle cr\u00e9e Alt\u00e9rations (1974-5) - douze figures humaines \u00e9vid\u00e9es assises en rang\u00e9e ; T\u00eates (1973-5) - une s\u00e9rie d'\u00e9normes formes solides rappelant des t\u00eates humaines sans visage ; Dos (1976-80) - quatre-vingts n\u00e9gatifs l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents du tronc humain ; La Foule I (1986-7) - 50 figures debout ; Ragazzi (1990) - 40 \"peaux\" d\u00e9pouill\u00e9es de jeunes gar\u00e7ons ; et Enfants (1992), 30 Figures Assises \u00e0 l'envers (1993-4) et 7 Figures Dansantes (2001-2).\nLe point de r\u00e9f\u00e9rence fondamental dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz est l\u2019\u00eatre humain, sa condition et sa place dans le monde contemporain, mais surtout son d\u00e9sarroi face \u00e0 l'exc\u00e8s et \u00e0 l'anonymat de la foule. Cela transpara\u00eet dans ses sculptures des ann\u00e9es 1980 et 1990, o\u00f9 elle explore de nouveaux mat\u00e9riaux : du m\u00e9tal (principalement du bronze, comme dans la s\u00e9rie Foule de bronze, 1990-91 et Puellae, 1992), du bois, de la pierre, ou parfois de l\u2019argile.\nL\u2019\u0153uvre d\u2019Abakanowicz \u00e0 cette \u00e9poque revient, pour un temps, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de \u00ab structure organique \u00bb, comme en t\u00e9moigne Embriologie, l\u2019installation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Biennale de Vienne en 1980, compos\u00e9e de plusieurs dizaines de masses molles, \u00e9voquant des \u0153ufs, de tailles vari\u00e9es, diss\u00e9min\u00e9es dans la salle d\u2019exposition. Dans Katharsis (1986), elle utilise des formes encore plus \u00e9pur\u00e9es, tout en conservant son int\u00e9r\u00eat pour la figure humaine. Cette r\u00e9alisation en plein air, r\u00e9alis\u00e9e pour la Fondation Guliano Gori \u00e0 Florence, pr\u00e9sentait un groupe de trente-trois torses humains d\u00e9shumanis\u00e9s de trois m\u00e8tres de haut, moul\u00e9s en bronze. Abakanowicz y donne \u00e0 voir un \u00eatre \u00e0 l\u2019identit\u00e9 dissoute, une figure androgynique et universelle, soulignant la condition commune de l\u2019humanit\u00e9 et le poids douloureux de la corpor\u00e9it\u00e9. Elle y propose le reflet inerte d\u2019une forme r\u00e9elle, vid\u00e9e de sa mati\u00e8re, de sa chair, de son essence. Elle s'int\u00e9ressait, pour reprendre ses propres termes, \u00e0 \u00ab l'horrible impuissance de l'homme face \u00e0 sa structure biologique \u00bb.\nAbakanowicz ? Abakanowicz ! \u00e0 Varsovie \u2013 Galerie Image\nA la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, Abakanowicz commence \u00e0 exposer ses dessins au fusain (Torses, Visages, 1981, T\u00eates, 1987) et ses peintures (huiles de la s\u00e9rie Faces Which Are Not Portraits (1983) et commen\u00e7a a publier ses r\u00e9flexions sur son \u0153uvre :\nEn examinant l\u2019Homme, c\u2019est moi-m\u00eame que j\u2019examine\u2026 Mes formes sont les peaux que j\u2019arrache une \u00e0 une, marquant les \u00e9tapes importantes de mon chemin. Chaque fois, elles m\u2019appartiennent autant que je leur appartiens, au point que nous ne pouvons exister l\u2019un sans l\u2019autre. Souples, elles contiennent un nombre infini de formes possibles dont une seule peut \u00eatre choisie comme \u00e9tant la bonne, celle qui a du sens. Je cr\u00e9e un espace dans les salles d\u2019exposition, o\u00f9 elles rayonnent l\u2019\u00e9nergie que je leur ai transmise. Elles existent avec moi, d\u00e9pendent de moi, je d\u00e9pens d\u2019elles\u2026 Sans moi, elles n\u2019ont aucun sens, telles des parties de corps abandonn\u00e9es, s\u00e9par\u00e9es du torse.\nCet autocommentaire semble \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rer aux recherches artistiques ant\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz, notamment les Abakans, bien qu\u2019ils ne semblent pas, \u00e0 premi\u00e8re vue, \u00eatre des \u0153uvres ancr\u00e9es dans une exp\u00e9rience ou une \u00e9motion personnelle pr\u00e9cise, et qu\u2019ils paraissent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de l\u2019anonymat massif et oppressant des s\u00e9ries T\u00eates ou Dos. Peut-\u00eatre que c\u2019est le cas parce que les \u00ab Abakans \u00bb conservent le caract\u00e8re unique du tissu, et que leurs couleurs vives ignorent la teinte naturelle du mat\u00e9riau. On trouve ainsi Abakan rouge (1967) ; Abakan brun (1969-72) ; V\u00eatements Oranges (1969) ; Environnement Noir (1970-78) ; V\u00eatements Noirs avec Sacs (1971). Les \u0153uvres ult\u00e9rieures d\u2019Abakanowicz perdent leur individualit\u00e9 de deux fa\u00e7ons : par la r\u00e9p\u00e9tition d'une m\u00eame forme, et par l'adoption d'une palette monochrome, d\u00e9finie par les caract\u00e9ristiques propres du mat\u00e9riau. Abakanowicz a suivi cette d\u00e9marche dans la plupart de ses projets artistiques.\nJeux de Guerre\nTir\u00e9 de la s\u00e9rie War Games de M. Abakanowicz\nEn 1989, elle pr\u00e9sente Jeux de Guerre, des structures monumentales compos\u00e9es d\u2019immenses troncs de vieux arbres, d\u00e9pouill\u00e9s de leurs branches et de leur \u00e9corce, partiellement envelopp\u00e9s de chiffons et enserr\u00e9s de cercles d\u2019acier. Pos\u00e9s sur des structures m\u00e9talliques en treillis, ils \u00e9voquent des chars de feu ou des engins d\u2019artillerie. Abakanowicz leur donne des noms \u00e9vocateurs, comme Baz, Ukon ou Runa, qui rappellent des langues oubli\u00e9es, des rituels magiques et primitifs. Elle cr\u00e9e ainsi un langage propre, plus symbolique que litt\u00e9ral. Ces \u0153uvres trouvent leur inspiration dans un voyage entrepris en 1976 \u00ab aux sources de l\u2019\u00e9nergie \u00bb : en Nouvelle-Guin\u00e9e, \u00e0 C\u00e9l\u00e8bes, Bali, Sumatra, Java et en Tha\u00eflande. Elle insiste cependant sur le fait que le titre de la s\u00e9rie lui est venu par hasard. Abakanowicz dit :\nCe titre est atypique dans mon travail. Les autres sont soit strictement descriptifs, comme \u00ab Dos \u00bb ou \u00ab Figures assises \u00bb, soit au contraire tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s, m\u00e9taphoriques, comme \u00ab Embryologie \u00bb, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la science plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 un ensemble d'objets cousus en toile de jute. Si cette s\u00e9rie avait eu un autre nom, elle aurait pu \u00e9voquer une association totalement diff\u00e9rente.\nParmi les \u0153uvres les plus saisissantes de l\u2019artiste, War Games appara\u00eet comme profond\u00e9ment ambivalente. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle d\u00e9gage une \u00e9nergie n\u00e9gative, \u00ab militaire \u00bb massive et dominante. De l\u2019autre, elle \u00e9voque des moignons impuissants. Cette s\u00e9rie peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une d\u00e9claration dont le message m\u00e9taphorique s'applique non seulement \u00e0 la \u00ab condition humaine \u00bb comprise comme un enchev\u00eatrement de probl\u00e8mes existentiels, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont l'homme participe \u00e0 l'Histoire et \u00e0 l'Art. L'artiste elle-m\u00eame a \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 de replacer certaines de ses \u0153uvres dans une perspective historique particuli\u00e8re. Interrog\u00e9e par Zbigniew Taranienko : \u00ab A-t-on remarqu\u00e9 en Pologne que, bien qu'ambigu\u00ebs, vos \u0153uvres comportent des connotations politiques ? \u00bb, Abakanowicz a r\u00e9pondu : \u00ab On ne l'a pas remarqu\u00e9, m\u00eame durant la loi martiale, lorsque j\u2019ai expos\u00e9 La Cage en 1981 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 catholique de Lublin, ni lors de l\u2019exposition Portraits Anonymes en 1987, dont les socles \u00e9voquaient ceux d\u2019une guillotine \u00bb.\nAbakanowicz a commenc\u00e9 \u00e0 livrer des commentaires plus d\u00e9velopp\u00e9s sur son \u0153uvre il y a 20 ans. Elle a soulign\u00e9 son ascendance tartare, \u00e9voqu\u00e9 son exp\u00e9rience de la guerre et parl\u00e9 ouvertement de son rapport \u00e0 la Pologne communiste. Auparavant, elle se contentait surtout de partager son rapport \u00e0 la mati\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire une exp\u00e9rience qui ne d\u00e9passait pas le processus m\u00eame de la sculpture. Elle a toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par l'int\u00e9rieur de la mati\u00e8re et l'a toujours per\u00e7ue comme \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Elle se souvient :\nJ'\u00e9tais tr\u00e8s jeune. Je m\u2019\u00e9tais accroupie au bord d'un \u00e9tang mar\u00e9cageux pour observer des t\u00eatards. ... Je voyais distinctement des enchev\u00eatrements de visc\u00e8res \u00e0 travers les fines membranes qui recouvraient leurs ventres distendus. ... Ramass\u00e9s avec un b\u00e2ton vers le rivage, touch\u00e9s brutalement, leurs ventres distendus \u00e9clataient, laissant s\u2019\u00e9chapper un contenu noueux et d\u00e9sordonn\u00e9. ... J'\u00e9tais assise, le c\u0153ur battant, boulvers\u00e9e par ce qui s'\u00e9tait pass\u00e9, par la destruction de cette vie molle et le myst\u00e8re infini de ce qu\u2019elle contenait. ... Des ann\u00e9es plus tard, les choses molles, aux tissus complexes, sont devenues mon mat\u00e9riau.\nDans un premier temps, toutefois, les explications qu'elle donnait de ses \u0153uvres ne comportaient pas de r\u00e9f\u00e9rences aussi explicites. C'est comme si elle avait pris soin d\u2019en dissimuler certains sens, soucieuse de pr\u00e9server l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 int\u00e9rieure de son \u0153uvre. Aux spectateurs et critiques qui lui demandaient si Backs faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab Auschwitz, une c\u00e9r\u00e9monie religieuse au P\u00e9rou ou la danse du Ramayana \u00bb, elle r\u00e9pondait que toutes ces interpr\u00e9tations \u00e9taient l\u00e9gitimes, car l'homme qui l'int\u00e9ressait n'\u00e9tait pas \u00ab l'homme d'une \u00e9poque particuli\u00e8re, mais l'homme en tant que tel \u00bb, et que son art n'\u00e9tait qu'un \u00ab r\u00e9cit universel de la condition humaine \u00bb.\nElle a fini par d\u00e9clarer : \u00ab Je continue \u00e0 travailler sur la m\u00eame vieille histoire, aussi vieille que l'existence elle-m\u00eame, je continue \u00e0 en parler, \u00e0 \u00e9voquer des peurs, les d\u00e9ceptions et les d\u00e9sirs qu'elle entra\u00eene \u00bb.\nExp\u00e9riences spatiales\nPlusieurs projets d\u2019Abakanowicz, en particulier les plus monumentaux, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s en espaces ouverts, la grande majorit\u00e9 en dehors de la Pologne. Elle qualifie ses \u0153uvres d\u2019\u00ab exp\u00e9riences spatiales \u00bb qui peuvent aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 d\u2019\u00ab espaces d\u2019\u00e9motions \u00bb. Parmi ces projets, on compte : Sarcophages dans des Maisons de Verre (France 1983-89), N\u00e9guev (Isra\u00ebl 1987 - sept cercles de pierre), Espace du Dragon (Cor\u00e9e du Sud 1988 - 10 t\u00eates d'animaux m\u00e9taphoriques en bronze), Les Fig\u00e9s (Japon 1993 - 40 figures en bronze), Arbres en Forme de Mains (USA 1993 - cinq arbres m\u00e9taphoriques en bronze), Espace de Croissance Inconnue (Lituanie 1997-98 - 22 formes en b\u00e9ton), Figures Marchantes (\u00c9tats-Unis 1999 - 20 figures en bronze), Oiseaux - Connaissance du bien et du mal (\u00c9tats-Unis 2001 - six figures en aluminium ressemblant \u00e0 des oiseaux), Espace de Pierre (\u00c9tats-Unis 2002 - 22 blocs de granit). La plus grande de ces installations, un groupe de 112 figures en fonte intitul\u00e9 Non Reconnus (2002), se trouve en Pologne, dans le parc Cytadela de Pozna\u0144. Une autre ville polonaise, Elbl\u0105g, abrite le tout premier artefact plac\u00e9 de mani\u00e8re permanente en dehors d\u2019un cadre mus\u00e9al : une sculpture en acier, aux formes arboricoles, cr\u00e9\u00e9e par Abakanowicz lors de la premi\u00e8re Biennale des formes spatiales en 1965.\nEn 1991, Abakanowicz re\u00e7oit une commande des autorit\u00e9s de la ville de Paris pour d\u00e9velopper le c\u00f4t\u00e9 ouest de La D\u00e9fense. Le projet, une audacieuse conception d\u2019\u00ab architecture arboricole \u00bb, ne fut cependant jamais r\u00e9alis\u00e9. Un autre de ses projets architecturaux est La Main (1994), une \u00ab sculpture-tour \u00bb command\u00e9e par les autorit\u00e9s de la ville d'Hiroshima pour comm\u00e9morer les victimes de la bombe nucl\u00e9aire. Comme pour La D\u00e9fense, l'artiste envisageait que les murs de cette construction soient, au fil du temps, recouverts de plantes. H\u00e9las, ce projet ne vit jamais le jour. En 2006, les autorit\u00e9s de Chicago ont command\u00e9 Agora, 106 figurines en fonte d'environ 2,70 m\u00e8tres de haut, repr\u00e9sentant des personnages de la taille \u00e0 la jambe, fig\u00e9s en plein mouvement. Elles sont expos\u00e9es ans le Grant Park de Chicago. En 2010, la ville de Varsovie confie \u00e0 l'artiste son premier projet en plein air : les l\u00e9gendaires chevaliers Wizard, Perceval, Lancelot et Galahad ont \u00e9t\u00e9 recr\u00e9\u00e9s sous la forme de figures abstraites en acier, pesant chacune environ 400 kg, qui font l'objet d'une exposition permanente dans le parc Romuald Traugutt de Varsovie.\nLes projets en plein air d'Abakanowicz s'appuient sur ses \u0153uvres ant\u00e9rieures et poursuivent son questionnement sur la condition humaine. Ils le font soit directement, en montrant le corps humain incomplet, endommag\u00e9 et souffrant, soit m\u00e9taphoriquement, \u00e0 travers le contexte (naturel ou historique) dans lequel ils sont plac\u00e9s. En 1975, elle avoue qu'elle \u00e9tait :\nsusceptible de continuer \u00e0 abandonner certaines techniques et certains mat\u00e9riaux au profit d'autres, sans pour autant perdre l'essentiel du message. Le plus int\u00e9ressant est d'utiliser des techniques que l'on ne ma\u00eetrise pas et de construire des formes que l'on ne conna\u00eet pas.\nLa diversit\u00e9 de l'\u0153uvre d'Abakanowicz t\u00e9moigne de son inventivit\u00e9 inlassable et de sa capacit\u00e9 \u00e0 appliquer son credo : \u00ab Je n'aime pas les r\u00e8gles et les r\u00e8glements. Ce sont des ennemis de l'imagination \u00bb.\nAbakanowicz a fait partie pendant de nombreuses ann\u00e9es du groupe d\u2019artistes repr\u00e9sent\u00e9s par la Galerie Marlborough. De 1965 \u00e0 1990, elle a enseign\u00e9 \u00e0 l'\u00c9cole nationale des beaux-arts (aujourd'hui Acad\u00e9mie des beaux-arts) de Pozna\u0144. Elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conf\u00e9renci\u00e8re \u00e0 Los Angeles, Berkeley, Boston, New York, San Diego, Sydney et Tokyo.\nParmi ses nombreuses r\u00e9compenses, on compte le Grand Prix de la 8e Biennale de tapisserie de S\u00e3o Paulo (1965), le Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979), le Prix de la Fondation Alfred Jurzykowski, New York (1982), le Sculpture Centre, New York (1993), Leonardo da Vinci, Mexique (1997), Visionaries l, American Craft Museum, New York (2000) ; des distinctions : Croix de Commodore avec \u00e9toile de l'Ordre de Polonia Restituta (1998), Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, Paris, France (1999), Cavaliere nell Ordine Al Merito della Repubblica Italiana (2000) ; doctorats honorifiques : Royal College of Art, Londres (1974), Rhode Island School of Design, Providence (\u00c9tats-Unis, 1992), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, L\u00f3d\u017a (1997), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston (2001), School of the Art Institute, Chicago (2002), Acad\u00e9mie des Beaux-Arts, Pozna\u0144 (2002). Elle est \u00e9galement membre de l'Akademie der K\u00fcnste de Berlin (depuis 1994), de l'American Academy of Arts and Letters (depuis 1996), de la Sachsische Akademie der Kunste de Dresde (depuis 1998) et de l\u2019Orden Pour le M\u00e9rite f\u00fcr Wissenschaften und K\u00fcnste de Berlin (depuis 2000).\nLes \u0153uvres d\u2019Abakanowicz ont fait partie de dizaines d\u2019expositions \u00e0 travers le monde, l\u2019artiste ayant pr\u00e9par\u00e9e personnellement chacune d\u2019entre-elles, au Ludwig Museum de Cologne, au Hiroshima City Museum, au Museum Sonje de Kyongju (Cor\u00e9e), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia de Madrid, au National Museum de Wroc\u0142aw, au Mus\u00e9e d'Art Moderne de Paris, au Metropolitan Museum of Art de New York, \u00e0 la National Gallery of Art de Washington, \u00e0 la Marlborough Gallery de New York, au Centre d'art contemporain et \u00e0 la Zacheta National Gallery of Art de Varsovie. Elle a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 d'importantes expositions internationales, notamment \u00e0 Lausanne (de 1962 \u00e0 1976 et en 1985), Venise (1968, 1980, 1995), S\u00e3o Paulo (1965), Anvers (Biennale internationale de sculpture en plein air, 1983), Sydney (1986). Ses \u0153uvres figurent dans de nombreux mus\u00e9es et galeries mentionn\u00e9s ci-dessus. En Pologne, la plus grande collection de ses \u0153uvres se trouve au Mus\u00e9e national de Wroc\u0142aw.\nMagdalena Abakanowicz a re\u00e7u de doctorats honorifiques d\u00e9cern\u00e9s par de nombreuses institutions internationales d'enseignement sup\u00e9rieur, notamment le Royal College of Art, Londres, Angleterre (1974), la Rhode Island School of Design, Providence, Rhode Island (1992), l'Acad\u00e9mie des beaux-arts, \u0141\u00f3d\u017a, Pologne (1998), Pratt Institute, New York (2000), Massachusetts College of Art, Boston, Massachusetts (2001), Acad\u00e9mie des beaux-arts de Pozna\u0144, Pologne (2002), School of the Art Institute of Chicago, Chicago, Illinois (2002).\nElle d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 86 ans le 21 avril 2017.\nPrix et distinctions s\u00e9lectionn\u00e9s :\n\u2022 Grand Prix de la 8e Biennale Sztuki, S\u00e3o Paulo (1965)\u2022 Prix Gottfried von Herder, Vienne (1979)\u2022 Prix Alfreda Jurzykowski, New York (1982)\u2022 Prix d\u2019excellence en sculpture d\u00e9cern\u00e9 par le Sculpture Center, New York (1993)\u2022 Croix de Commandeur avec \u00e9toile de l'Ordre de Polonia Restituta (1998)\u2022 Croix de l'Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres fran\u00e7ais (1999, 2004)\u2022 Prix Visionaries I, American Craft Museum, New York (2000)\u2022 Ordre du M\u00e9rite de la R\u00e9publique italienne (2000)\u2022 \u00c9toile de la Grand-Croix d'Allemagne pour services rendus (2010)\u2022 Prix pour l\u2019ensemble de sa carri\u00e8re en sculpture contemporaine, International Sculpture Center, Hamilton, NJ (2005)\nPour une liste compl\u00e8te des \u0153uvres, des expositions et des distinctions, consulter : www.abakanowicz.art.pl\nArticle orignal de Culture.pl par  Malgorzata Kitowska-Lysiak, Institut d'histoire de l'art de l'Universit\u00e9 catholique de Lublin, 2004, mise \u00e0 jour 2017\nTraduit en fran\u00e7ais par Olivia Domingos"},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz#primaryimage","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/magdalena_abakanowicz_pap.jpg","contentUrl":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2025\/07\/magdalena_abakanowicz_pap.jpg","width":1000,"height":663},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/culture.pl\/en\/artist\/magdalena-abakanowicz#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Magdalena Abakanowicz"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#website","url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/","name":"Instytut Polski w Pary\u017cu","description":"Instytuty Polskie","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"pl-PL"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/cb66a216727a2091ef661a565b4eb82a","name":"merkezt","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"pl-PL","@id":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/87c770ee924f6503959adf7f99a49fa5?s=96&d=mm&r=g","caption":"merkezt"},"url":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/author\/merkezt\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9936","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/users\/188"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9936"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9936\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9952,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9936\/revisions\/9952"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9937"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9936"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9936"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/instytutpolski.pl\/paris\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9936"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}