16.03.2020 - 31.12.2020 à lire : patrimoine et société, Evenements, Patrimoine & société

PORTRAITS DE MÉDECINS ET CHERCHEURS POLONAIS

Les médecins et chercheurs polonais et leur contribution à la médecine mondiale

Les scientifiques polonais sont inscrits dans les annales des découvertes révolutionnaires dans le domaine des sciences naturelles depuis l’aube de l’histoire. Les mérites de Nicolas Copernic ou de Maria Skłodowska-Curie sont d’une importance majeure pour le destin du monde de la science, leurs réalisations sont enracinées dans la conscience universelle.

Cependant, peu savent que les représentants polonais de l’art médical ont laissé un grand patrimoine dans le domaine des sciences médicales. Ils étaient pionniers non seulement de recherches novatrices pour leur époque, mais aussi auteurs de travaux scientifiques de grand envergure, apportant un nouveau regard sur les sciences fondamentales. Il est important de rappeler les mérites de ces grands chercheurs polonais trop souvent sous-estimés ou tout simplement méconnus.

Les grands médecins polonais ont été honorés par une série de timbres postaux, par des médailles et des monuments. Des rues, des places et des hôpitaux portent en Pologne leurs noms.

La série que l’Institut Polonais de Paris vous présente est une sélection non exhaustive. Elle sera régulièrement enrichie de nouveaux portraits.

 

Dr Wojciech Oczko (1537-1599)

Docteur en médecine et en philosophie, l’un des créateurs de la médecine polonaise, père de la balnéologie polonaise. Médecin à la cour de trois rois polonais : Zygmunt August, Stefan Batory et Sigismund III Vasa. Il a étudié à l’Académie de Cracovie et a obtenu son doctorat dans les universités de Padoue et Bologne. Il était fervent propagateur de la culture physique, y voyant des avantages à la fois pour le corps et pour l’esprit. Il recommandait en particulier l’équitation, la lutte, l’escrime, le jeu de ballon et la danse. Il est l’auteur du dicton selon lequel l’exercice remplacera presque n’importe quel médicament, alors qu’aucun médicament ne remplacera l’exercice. Il a écrit deux ouvrages fondamentaux, dans l’esprit de la médecine moderne, en tenant compte de l’anatomie, de la chirurgie mais aussi de la diététique, établissant de nombreux nouveaux mots dans la terminologie médicale polonaise. Oczko était pionnier de la balnéologie, la science des eaux thermales. Dans son ouvrage intitulé “Cieplice”, il a classé toutes les sources d’eaux médicinales qui se trouvaient sur les territoires de la Pologne de l’époque et a défini les méthodes de balnéothérapie avec de l’eau souterraine et de la boue. Il a été largement reconnu pour l’étude “Przymiot”, dans laquelle il a décrit de manière exhaustive toute la science concernant la syphilis. Aujourd’hui, des rues et des hôpitaux portent le nom de Wojciech Oczko.

Plus d’informations :

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Wojciech_Oczko

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Wojciech_Oczko

 

Dr Sebastian Petrycy (1554-1626)

Sebastian Petrycy de Pilzno (1554-1626) était un philosophe et médecin polonais, écrivain et traducteur. Il était l’un des principaux philosophes polonais de la Renaissance et créateur de la terminologie philosophique polonaise. Il a enseigné et publié des œuvres notables dans le domaine de la médecine, mais on se souvient surtout de ses traductions magistrales d’œuvres philosophiques d’Aristote et de ses commentaires. Petrycy a apporté une contribution majeure à la terminologie philosophique polonaise naissante. Il a fait ses études de philosophie à Cracovie et de médecine à Padou. Les écrits de Petrycy couvrent trois domaines : les traités médicaux (sur les maladies), les traductions de Horace, ainsi que les traductions et les commentaires sur les œuvres d’Aristote. L’œuvre poétique de Petrycy comprend les traductions et les paraphrases des poèmes d’Horace. Petrycy a fondés deux bourses pour des étudiant de médecine désargentés. En 1613 à Cracovie, il publie l’ouvrage « Instructia ou la science du comportement du temps de la peste » (Instructia abo nauka, jak się sprawować czasu moru).

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Sebastian_Petrycy

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Sebastian_Petrycy

Dr Jędrzej Śniadecki (1768-1838)

Jędrzej Śniadecki (en anglais, Andrew Sniadecki), né le 30 novembre 1768 et mort le 12 mai 1838, était un médecin polonais, biologiste, chimiste, philosophe, écrivain  et chroniqueur satirique. Il a développé les bases de la terminologie chimique polonaise et a écrit le premier manuel de chimie polonais. Il a fait ses études à Cracovie et à Padou. Il était professeur de chimie et de médecine à Vilnius. Il a travaillé sur la théorie des processus de dissolution. En 1808, dans son ouvrage « Rozprawa o nowym metalu w surowej platynie odkrytym… » il a annoncé la découverte d’un nouvel élément atomique, qu’il a appelé “west”, du latin Vestium. Cependant, n’étant pas officiellement confirmé, la découverte de cet élément atomique n° 44, cet fois-ci sous le nom de ruthenium, était attribuée à Karl Claus à la date de 1844. En 1822, Śniadecki a été le premier à décrire la méthode de traitement du rachitisme avec une exposition accrue à la lumière du soleil (qui favorise la production endogène de vitamine D dans la peau). Il a également été propagateur de l’hygiène et de la diététique ainsi que pionnier de l’éducation physique en Pologne. Il est l’auteur d’une œuvre originale et innovante intitulée “Théorie des êtres organiques” publiée en 1804 à Varsovie (traduite en français en 1824), dans laquelle il décrit la caractéristique unique des organismes vivants, le métabolisme. Il était également éducateur, comme en témoigne sa thèse de 1805 « Sur l’éducation physique des enfants ». Il s’agit de l’un des premiers ouvrages polonais sur la théorie de l’éducation physique, dans lequel il souligne que le sens de l’éducation des enfants est l’éducation mentale et les soins de santé, traités comme un tout inséparable.

Jędrzej Śniadecki faisait partie d’une société secrète (Towarzystwo Szubrawców), rassemblant des intellectuels, partisans des Lumières, organisée à l’image de la franc-maçonnerie, qui prônait l’égalité des droits de tous les citoyens et qui combattait la superstition et l’obscurantisme.

On a consacré à Jędrzej Śniadecki un roman biographique, un film documentaire, une œuvre musicale, un monument, une médaille et des timbres postaux. Beaucoup d’écoles et une université portent son nom (Université technico-biologique de Bydgoszcz).

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Jędrzej_Śniadecki

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jędrzej_Śniadecki

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Jędrzej_Śniadecki

Film documentaire « Jędrzej Śniadecki – 250 » de Emilia Sadowska (2018, 44 min., sous-titres en anglais) : https://www.youtube.com/watch?v=c24rGTINVdg

Dr Józef Dietl (1804-1878)

Józef Dietl, né le 24 janvier 1804 à Podbuże et mort le 18 janvier 1878 à Cracovie, était un médecin austropolonais, néphrologue, homme politique, professeur et recteur de l’Université Jagellonne (élu en 1861), premier maire de Cracovie (1866-1874). Il fut pionnier de la balnéothérapie. Dietl est connu mondialement comme un “réformateur de la médecine” pour avoir démontré de manière expérimentale la nuisibilité de la saignée.

Józef Dietl est né d’un père autrichien et d’une mère polonaise. Il a étudié la philosophie à Lviv et la médecine à Vienne. Il a contribué à la réforme de l’enseignement public et à l’introduction du polonais dans les écoles en Galicie, au lieu de la langue allemande, alors obligatoire. Comme maire de Cracovie, il a contribué à la restauration et à la modernisation de la ville. Dans le domaine de la médicine, ses mérites sont très grands. Il a œuvré pour le développement de la physiothérapie, ainsi que de traitements d’ordre hygiénique et diététique. Dietl est considéré comme créateur de la balnéologie polonaise. Il a effectué la classification des eaux thermales polonaises et a popularisé les stations thermales polonaises : Krynica, Rabka, Iwonicz, Szczawnica et Żegiestów. Il a décrit la maladie du rein connue sous le nom de “crise de Dietl” et a établi son traitement.

Plusieurs statues en Pologne ont été érigées en son honneur, notamment à Cracovie, Krynica et Iwonicz. De nombreuses écoles, rues et hôpitaux portent son nom. L’une des rues principales de Cracovie s’appelle Planty Dietlowskie.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Józef_Dietl

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Józef_Dietl

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Józef_Dietl

Dr Tytus Chałubiński (1820-1889)

Tytus Chałubiński, né le 29 décembre 1820 à Radom et mort le 4 novembre 1889 à Zakopane, était un médecin polonais, chirurgien, professeur de pathologie, botaniste, activiste social et politique, philanthrope, conférencier universitaire, philosophe de la médecine, amoureux de la nature et notamment des Tatras, écrivain. Il était l’un des précurseurs de la médecine climatique polonaise. Il fut le premier médecin polonais de renommée internationale, considéré parfois comme la personnalité la plus remarquable de la seconde moitié du XIXe siècle.

Célèbre pour ses diagnostics pointus et ses traitements efficaces, il était très populaire parmi ses patients, prodiguant gracieusement ses soins aux plus démunis. Il se passionnait pour la botanique, notamment la bryologie, pour la chimie et la minéralogie. Sa collection unique de près de 3000 spécimens, était considéré comme l’une des plus précieuses collections de minéraux dans le monde, jusqu’à ce qu’elle soit dispersée et partiellement détruite pendant les deux guerres mondiales.

Il a été professeur de l’Académie Médico-Chirurgicale et de l’Ecole Principale de Varsovie. Activiste et grand patriote faisant les cours en polonais (malgré les tentatives des autorités de russification de cette partie du pays), il menait des activités politiques et sociales parfois dangereuses, visant à reformer l’éducation publique et d’autres secteurs importants.

En vacances à Zakopane dans les montagnes des Tatras, il a réussi à éradiquer une épidémie de choléra en finançant personnellement des médicaments, de la nourriture, ainsi que la suppression des puits contaminés. Depuis ce temps, les montagnards avaient pour lui une très grande estime, lui attribuant une super puissance. Chałubiński, amoureux de cette région, y revenait très régulièrement en contribuant à son développement. Il a été cofondateur de la Polish Tatra Society et l’un des premiers explorateurs de la nature des montagnes des Tatras. En son honneur, l’un des cols de la crête principale des Tatras s’appelle Les Portes de Chałubiński. Grand propagateur des valeurs climatiques de Zakopane, il a grandement contribué au développement de ce village. Son âge d’or, Zakopane le doit essentiellement à l’activité de ce médecin de Varsovie qui a popularisé ses conditions climatiques auprès de ses patients. Grâce à lui, Zakopane a obtenu en 1886 le statut de station thermale, particulièrement recommandé dans le traitement des maladies pulmonaires. Chałubiński a fondé des sanatoriums pour tuberculeux à Zakopane et dans les Tatras. Vénéré par les montagnards pour ses activités caritatives, il soignait gracieusement toute personne dans le besoin, prônait les valeurs d’hygiène et de prévention des maladies. En raison de ces mérites importants et divers, beaucoup de gens (non seulement de Podhale) croyaient qu’il était doté de pouvoirs surnaturels. À chaque fois qu’il venait dans les Tatras, les habitants l’accueillaient avec les honneurs dignes d’un empereur : une procession, une porte triomphale, des coups de feu et des vivats ! Dr Tytus Chałubiński est considéré comme la figure la plus remarquable de l’histoire des Tatras et de Zakopane.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Tytus_Chałubiński

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Tytus_Chałubiński

Dr Benedykt Dybowski (1833-1930) 

Benedykt Dybowski (armoiries Nałęcz), né le 12 mai 1833 à Adamaryn et mort le 30 janvier 1930 à Lviv, était biologiste, zoologiste, voyageur, explorateur et médecin polonais, chercheur au Baïkal, en Extrême-Orient et au Kamtchatka, professeur à l’Université de Lviv et à l’École Principale deVarsovie, considéré comme l’un des pères de la limnologie polonaise; frère aîné du biologiste Władysław Dybowski.

Il fait ses études de médecine et des sciences naturels à l’université de Dorpat et de Wrocław, ainsi que de paléontologie, de biologie et de médecine à l’université de Berlin. C’est dans cette dernière qu’il soutient son doctorat et fait connaissance avec des thèses développées par Charles Darwin. Il enseigne ensuite la zoologie et la paléontologie à Varsovie, alors sous administration de l’Empire russe.

Il participe à l’insurrection polonaise de 1863-1864. Condamné à mort, grâce à l’intercession de zoologistes allemands, il est finalement exilé en Sibérie. Il y étudie alors la faune et la flore de la région du lac Baïkal. Ses observations couvrent un champ très large et englobent la météorologie, la géologie et l’ethnologie. Il revient en Pologne en 1876. De 1878 à 1883, il repart, volontairement, dans le Kamtchatka et la région de l’Amour pour y poursuivre ses recherches.

Il fonde au Kamtchatka des hôpitaux pour lépreux, combat des épidémies, achète des chevaux et des rennes avec son propre argent pour soulager les habitants, souffrant souvent de la faim.

En 1883, il enseigne à l’université de Lviv. Benedykt Dybowski était président de la Société Copernic des naturalistes polonais (1886-1887). Il poursuit les recherches de son frère, Władysław Dybowski (1838-1910), sur les mollusques de Sibérie.

Une grande importance pour la biologie sont les recherches de Dybowski sur la faune endémique du Baïkal. En plus de décrire en détails environ 400 espèces d’animaux vivant dans le lac, il a également décrit les conditions hydrologiques et climatiques de ce lieu. Son œuvre est la théorie de la création de Baïkal et l’évolution de sa faune. Au monde animal de ce lac, il a consacré 43 travaux scientifiques. Certains d’entre eux ont fondé une nouvelle science, la limnologie. Les recherches de Dybowski en Sibérie orientale ont duré moins de douze ans, mais les résultats de ces travaux ont dépassé les résultats d’autres expéditions scientifiques bien financées.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Benedykt_Dybowski

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Benedykt_Dybowski

ENG: https://en.wikipedia.org/wiki/Benedykt_Dybowski

Jan Mikulicz-Radecki (1850-1905) 

Jan Antoni Mikulicz-Radecki (né  le 16 mai 1850, mort le 14 juin 1905), chirurgien polonais, professeur des universités, l’un des pionniers de la chirurgie moderne, ainsi que de l’asepsie et des techniques antiseptiques, inventeur de masques de protection et de gants chirurgicaux, initiateur de nouvelles techniques opératoires et d’instruments chirurgicaux. Il était créateur de deux écoles chirurgicales, à Cracovie et à Wrocław.

Jan Mikulicz-Radecki a publié un total de 232 articles scientifiques. Son nom est associé aux débuts et au développement de la chirurgie moderne du XXe siècle. Il s’est occupé de la plupart des spécialités chirurgicales : chirurgie gastro-intestinale, chirurgie plastique, chirurgie pédiatrique, neurochirurgie ; avec Sauerbruch, il a été le pionnier de la chirurgie thoracique ; il a contribué à l’orthopédie, à l’urologie, à laryngologie et à la gynécologie.

Jan Mikulicz-Radecki est un chirurgien polonais à qui nous devons tout produit de protection individuelle, y compris des masques de protection. Cet inventeur exceptionnel de nouvelles techniques chirurgicales et d’instruments chirurgicaux est également devenu un pionnier dans le domaine des antiseptiques et de l’asepsie. Mikulicz a constamment amélioré les méthodes antiseptiques de soins de blessures. Il a utilisé l’iodoforme, et en 1885 a introduit les premiers gants chirurgicaux en soie. Des masques chirurgicaux sont apparus un peu plus tard, en 1896, et étaient faits en coton. Ils couvraient efficacement la bouche et le nez et étaient appelés « masques de Mikulicz ». Il a inventé également une pommade contenant une solution de nitrate d’argent et de lotion péruvienne (dite « pommade de Mikulicz » – Unguentum Argenti nitratis compositum) qui est toujours utilisée dans le traitement des plaies difficiles à guérir et comme un médicament antibactérien efficace.

Il a eu de nombreux contacts internationaux, il a été invité à des conférences aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Russie et au Japon. Il est médecin honoris causa des universités de Glasgow et de Philadelphie. Pour l’honorer, on a érigé un monument, un buste, un relief et une plaque commémorative. Un prix médical et un grand hôpital de Wrocław portent le nom de Mikulicz-Radecki.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Jan_Mikulicz-Radecki

FR : http://boowiki.info/art/les-chirurgiens-autrichiens/jan-mikulicz-radecki.html

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Jan_Mikulicz-Radecki

Rudolf Weigl (1883-1957)

Rudolf Stefan Jan Weigl, né le 2 septembre 1883 à Prerau et mort le 11 août 1957 à Zakopane, est un biologiste polonais et l’inventeur du premier vaccin efficace contre le typhus européen. Sa candidature a été présentée à plusieurs reprises au prix Nobel. Il a fondé l’Institut Weigl à Lwów en Pologne (maintenant Lviv en Ukraine), où il menait ses recherches sur le vaccin. Ce fut là que, pendant la Shoah, il abrita des Juifs au risque de se faire tuer par les nazis ; ses vaccins étaient transportés en contrebande à l’intérieur du ghetto local ainsi que celui de Varsovie, permettant de sauver des vies innombrables, ce qui lui a valu le titre de Juste parmi les nations.

Né à Prerau, Rudolf Weigl est issu d’une famille autrichienne. Après le décès de son père dans un accident de vélo quand il était petit, sa mère Elisabeth Kroesel épousa Józef Trojnar, professeur de lycée polonais, et s’installa avec sa famille à Jasło en Pologne. Plus tard, la famille déménagea à Lwów, où Weigl obtint son diplôme en 1907 du département de biologie à l’université Jan Kazimierz de Lwów. Il y suivit les enseignements des professeurs Benedykt Dybowski (1833-1930) et Józef Nusbaum-Hilarowicz (1859-1917). Après la fin de ses études, Weigl devint assistant de Nusbaum et reçut son habilitation en 1913 au département de zoologie comparative et d’anatomie. De 1918 à 1920, il a travaillé dans un laboratoire militaire à Przemyśl, avant d’être nommé professeur de biologie à l’Université de Lwów. Il y créa son Institut de recherche sur le typhus et les virus. Il élabora, à partir de 1930, le premier vaccin contre le typhus européen (en latin: Typhus exanthematicus), une maladie infectieuse bactérienne qui provoque de graves épidémies et la mort de millions de personnes. Il fut précurseur de l’utilisation des insectes, principalement les poux, comme animaux de laboratoire.  Grâce à ses travaux, il acquiert dans l’entre-deux-guerres une renommée mondiale. Des scientifiques du monde entier venaient à l’Institut du professeur Weigl pour approfondir leurs connaissances biologiques et apprendre ses méthodes de recherche.

Après l’invasion des troupes soviétiques de septembre 1939, il poursuit les activités de l’Institut dans Lvov, désormais occupé. La production de vaccins contre le typhus est massivement augmentée. Après l’invasion allemande de la ville en juin 1941, les nouveaux occupants abattent 25 professeurs de l’université, y compris l’ancien Premier ministre et mathématicien polonais Kazimierz Bartel. En raison du danger croissant pour sa propre vie, Weigl se déclare prêt à continuer son travail, mais refuse de signer la Deutsche Volksliste. Les nazis s’intéressèrent de près à ses recherches. Au cours des quatre années suivantes, Weigl sauva la vie de nombreuses personnes dont le nombre est estimé à plusieurs milliers en qualifiant leur travail « d’important pour l’effort de guerre ». Parmi les employés figuraient des professeurs d’université polonais tels que Stefan Banach, Bronisław Knaster et Władysław Orlicz. Les employés nourrissaient de leur sang des poux infectés et le sérum était extrait des intestins des insectes. Parmi les rescapés se trouvaient aussi des Juifs, comme son collègue de science naturelle et sociologue Ludwik Fleck. Ainsi, Weigl employa et protégea des intellectuels polonais, des Juifs et des membres de la résistance polonaise. Grâce à la contrebande, ses vaccins sauvèrent des vies innombrables dans les ghettos de Lwów et de Varsovie jusqu’à ce que l’Institut soit fermé par les forces de l’Union soviétique après l’offensive de 1944.

Weigl vint à Cracovie en 1945. Il reçut la chaire de l’Institut de microbiologie générale à l’Université Jagellon de Cracovie et, plus tard, la chaire de biologie à la Faculté de médecine de Poznań. La production du vaccin demeura à Cracovie dans les années qui suivirent et jusqu’à aujourd’hui. Le nouveau régime lui proposa également des installations de fabrication de vaccins à Moscou. Son refus de s’impliquer dans le régime socialiste lui fut dommageable. Il mourut, brisé et oublié, le 11 août 1957.

Le professeur Rudolf Weigl reçut de nombreuses distinctions pour ses mérites médicaux et scientifiques, mais aussi pour son engagement pendant la guerre. En 2003, il reçut à titre posthume la médaille de Juste parmi les nations décerné par l’État d’Israël. L’Institut Weigl occupe un rôle important dans le film d’Andrzej Żuławski, Troisième partie de la nuit (1971).

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Weigl

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Weigl

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Weigl

Dr Henryk Jordan (1842-1907)

Henryk Jordan (né le 23 juillet 1842 à Przemyśl – mort le 16 mai 1907 à Cracovie) est un médecin, philanthrope et professeur polonais. Pionnier de l’éducation physique et sportive en Pologne, il enseigne la gynécologie obstétrique à l’Université Jagellon de Cracovie à partir de 1895. Il est reconnu pour la création de terrains de jeux pour les enfants, appelés les jardins Jordan, uniques au monde.

Henryk Jordan naît dans le village de Zakliczyn au sein d’une famille noble et pauvre de l’aristocratie polonaise. Il fait des études secondaires à Tarnopol et Tarnów. En 1861, il est menacé d’expulsion après avoir participé à une manifestation pro-polonaise. En 1862, il déménage à Trieste et termine ses études secondaires en italien une année plus tard, avec mentions. Il commence ses études à l’université de Vienne, puis les poursuit à l’Université Jagellon de Cracovie à partir de 1863. Il fait ses examens en sciences en 1867, mais n’obtient pas sa maîtrise en raison d’une pneumonie. Il déménage à Berlin, puis à New York. C’est à ce moment qu’il est en contact pour la première fois avec la Swedish school of gymnastics pour filles et jeunes femmes, qui aura une grande influence sur lui.

Jordan commence sa carrière de médecine aux États-Unis et ouvre parallèlement une école pour sage-femme. De retour en Europe, il travaille d’abord en Angleterre, puis en Allemagne, avant de revenir à Cracovie. Il y exerce diverses fonctions. De 1895 à 1901, il est député de la ville à la Diète de Pologne. À la même époque, il est à la tête de la Société gynécologique de Cracovie, de la Société des Médecins et de l’Association polonaise des professeurs des études supérieures. Il intègre notamment l’éducation physique au cursus de toutes les écoles polonaises.

L’un des plus grands accomplissements d’Henryk Jordan est la création, en 1889, du premier terrain de jeux public de Cracovie ayant des infrastructures d’exercices inspirées de celles présentes aux États-Unis. Le « jardin Jordan » comprend ainsi une piscine, 12 terrains de jeux et de football ainsi que plusieurs pistes de course à pied. Des infrastructures d’intérieur ont été ajoutées en 1906.

Le concept de jardin de jeu Jordan a été populaire non seulement en Pologne. Selon la devise du dr Jordan sur l’éducation d’une génération saine de Polonais, les jardins similaires ont ouvert dans d’autres villes galiciennes, et peu de temps après aussi à Varsovie, Płock, Kalisz, Lublin, Katowice. En 1929, la Société Jardins Jordan a été fondée pour promouvoir et soutenir la création de ces établissements récréatifs et sportifs pour enfants.

Les jardins Jordan en Pologne étaient uniques au monde. En Europe, jusqu’à la fin du XIXe siècle, des jardins spécifiquement pour enfants n’existaient pas encore.

Henryk Jordan fut décoré de la croix de Commandeur de l’ordre Polonia Restituta.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Henryk_Jordan

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henryk_Jordan

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Henryk_Jordan

PL: https://pl.wikipedia.org/wiki/Ogród_jordanowski

Kazimierz Funk (1884-1967)

Kazimierz Funk, né le 23 février 1884 à Varsovie et mort le 19 novembre 1967 à New York, était un biochimiste polonais, le premier chercheur qui a isolé et formulé la vitamine B1, en 1912. C’est également à lui que l’on doit le terme « vitamine ». Il est considéré comme le « père de la vitaminothérapie ». Il a été nominé quatre fois pour le Prix Nobel, sans jamais le recevoir.

En 1900, après avoir étudié à Varsovie, il s’installe en Suisse. Il a étudié la biologie à Genève, puis la chimie à Berne. Il fait son doctorat en 1904. Dans les années suivantes, il a travaillé à l’Institut Pasteur de Paris, à l’Université de Berlin et au Royaume-Uni (il a mené des recherches sur le béribéri, maladie jusque-là inconnue). Il a découvert et extrait la première vitamine B1 du son de riz. Ses recherches ont révélé la présence de cette vitamine dans une variété d’aliments, entre autres dans la levure, le lait et le cerveau de bœuf.
Funk est l’auteur du terme « vitamine » (latin : vita – vie, amina – produit chimique contenant un groupe d’amine), qu’il a introduit en 1912. Il a été aidé par Louis Rajchman, qui a suggéré à Funk d’écrire une publication de revue liée à son travail, et non pas une publication sur un travail expérimental, pour éviter la nécessité de permission des supérieurs de Funk qui s’opposaient à l’utilisation du nouveau terme « vitamine ». L’article est paru dans The Journal of State Medicine. Ensuite, Funk a publié un livre, The Vitamines (1912), et a reçu une bourse pour poursuivre ses recherches.
Funk traitait des patients malades d’avitaminose. Il proposait l’hypothèse selon laquelle d’autres maladies, telles que le rachitisme, la pellagre, la maladie cœliaque et le scorbut puissent être également guéries grâce à la prise de vitamines. Il a postulé l’existence d’autres nutriments essentiels, connus sous le nom de vitamines B1, B2, C et D. Il a effectué la plupart de ses travaux de recherche à l’Institut Pasteur de Paris.
Pendant la Première Guerre mondiale, il s’installe aux États-Unis, où il mène des recherches sur l’utilisation des vitamines à des fins médicales. En 1923, il retourne en Pologne. De 1923 à 1928, il dirige département de biochimie de PZH (Institut national de l’hygiène) à Varsovie, y travaillant, entre autres, sur l’isolement de l’insuline. Il a étudié les effets de la vitamine B1 sur le métabolisme des glucides et a étudié l’acide nicotinique.
En 1928, il se réinstalle à Paris, où il mène des recherches sur les hormones. En 1936, il a déterminé la structure moléculaire de la thiamine. En 1939, après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il retourne aux États-Unis, où il reste jusqu’à la fin de sa vie. Il devient en 1940 président de la Funk Foundation for Medical Research. Dans cette dernière période, il mène des recherches sur la biochimie du cancer.
Il est l’auteur de plusieurs centaines de publications scientifiques.
Il meurt à New York à l’âge de 83 ans.
Kazimierz Funk a été nominé quatre fois pour le Prix Nobel, en 1914, 1925, 1926, 1946, sans jamais le recevoir.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Kazimierz_Funk
FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazimierz_Funk
ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Casimir_Funk

Napoleon Cybulski (1854-1919)

Napoleon Nikodem Cybulski (né le 14 septembre 1854 à Kryvanosy, mort le 26 avril 1919 à Cracovie) était un physiologiste polonais, découvreur de l’adrénaline, l’un des créateurs de l’endocrinologie, mais aussi pionnier de l’électroencéphalographie. Il a été nominé trois fois pour le Prix Nobel, sans jamais le recevoir.

Après avoir fait son doctorat en médecine en 1885 à Saint-Pétersbourg, il s’installe à Cracovie et prend un poste de chef du Département de physiologie, d’histologie et d’embryologie de l’Université Jagellon, où il est ensuite doyen de la Faculté de médecine, pro-recteur et recteur. Il est membre de l’Académie des compétences (Akademia Umiejętności). Il est considéré comme le créateur de l’école de physiologie de Cracovie.

Il est pionnier de l’électroencéphalographie et de l’endocrinologie en Pologne et dans le monde. Il est codécouvreur des courants fonctionnels cérébraux du cerveau (1890). Il fut l’un des premiers en 1890 à faire un enregistrement EEG du cortex cérébral. Avec Adolf Beck, il a mené une étude pionnière à l’échelle mondiale des ondes électroencéphalographiques.

En 1895, il découvre les interactions hormonales de la médulla surrénale et de l’adrénaline qu’il avait isolée et identifiée. Il a appelé cette substance adrénaline (nadnerczyna en polonais, “adrenal gland” signifiant nadnercze). Il introduit en médecine ce terme pour les composés biologiquement actifs sécrétés de la surrénale.

Il a été l’un des premiers au monde à enregistrer et à décrire le débit sanguin dans les artères carotides et fémorales. En utilisant le photohémotacomètre construit par Cybulski, Andrzej Klisiecki a réalisé dans les années 1930 et 40 des fameuses études sur les changements de la pression artérielle en fonction des phases de l’action systolique du cœur.

Il a initié en Pologne des recherches sur l’hypnose. Une partie des thèses de son livre « L’hypnotisme du point de vue physiologique » permet de le classer comme un précurseur du concept d’inconscient, devançant les idées de Freud.

Napoleon Cybulski est auteur d’une centaine d’articles scientifiques. Parmi ses disciples se trouvent des scientifiques remarquables. En plus de la médecine, il s’intéressait également aux questions sociales et a publié des livres et des articles à ces sujets. Il était notamment un fervent partisan de l’accès des femmes aux études médicales.

Napoleon Cybulski a été nominé trois fois pour le Prix Nobel, en 1911, 1914, 1918, sans jamais le recevoir.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Napoleon_Cybulski

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Napoleon_Cybulski

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Napoleon_Cybulski 

Ludwik Hirszfeld (1884-1954)

Ludwik Hirszfeld (5 août 1884, Varsovie7 mars 1954, Wrocław), médecin polonais, bactériologiste, immunologue, microbiologiste, considéré comme l’un des découvreurs du système ABO des groupes sanguins. Il a aussi découvert leur hérédité. Il est fondateur de l’école d’immunologie polonaise et de la séro-anthropologie. Il a été nominé pour le Prix Nobel en 1950.

Après avoir terminé ses études au lycée de Łódź, Hirszfeld, né dans une famille juive et converti plus tard au catholicisme, décida d’étudier la médecine en Allemagne. En 1902, il entra à l’université de Wurtzbourg et en 1904 à celle de Berlin, où il suivit des cours en médecine et en philosophie. Il devint assistant à l’Institut de Heidelberg pour la recherche  sur le cancer, sous la direction de E. von Dungern, avec lequel il réalise leur premier travail commun sur les groupes sanguins chez l’animal et chez l’homme. En 1911, il devint assistant à l’Institut d’hygiène de l’université de Zurich.

Pendant la Première Guerre mondiale Hirszfeld demanda à travailler en Serbie, ravagée par des épidémies de typhus et de dysenterie. Il resta avec l’armée serbe jusqu’à la fin de la guerre, exerçant les fonctions de conseiller en sérologie et bactériologie. C’est à cette époque qu’à l’hôpital pour maladies contagieuses de Salonique il découvrit le bacille Salmonella paratyphi C, aujourd’hui nommé Salmonella hirszfeldi.

Peu de temps après la Première Guerre mondiale, Hirszfeld revint à Varsovie où il créa un institut sérologique et l’Institut d’hygiène. Il y devint directeur chargé des recherches scientifiques et, en 1924, y fut nommé professeur. En 1931, il fut appelé comme professeur titulaire à l’université de Varsovie et participa à de nombreux comités internationaux.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de l’occupation de la Pologne par l’armée allemande, Hirszfeld fut démis de ses fonctions comme « non-aryen » ; des protections lui permirent de continuer son travail scientifique chez lui, mais il lui était impossible de publier. En 1941, Hirszfeld fut forcé de s’installer dans le ghetto de Varsovie avec sa femme et sa fille. Il y organisa des mesures antiépidémiques et des campagnes de vaccination contre le typhus et la typhoïde. Il y donnait des cours de médecine clandestins. En 1943, il réussit à s’enfuir du ghetto avec sa famille. Ils parvinrent à survivre cachés sous de faux noms et en changeant de cachette. Quand une partie de la Pologne fut libérée en 1944, Hirszfeld participa immédiatement à la création de l’Université de Lublin dont il devint le prorecteur. En 1945, il devint directeur de l’Institut de microbiologie médicale de Wrocław et doyen de la faculté de médecine. Jusqu’à sa mort, il enseigna à l’Institut, qui a pris son nom. En 1946, il a publié son autobiographie, Histoire d’une vie.

C’est à Hirszfeld et von Dungern qu’on doit les appellations A, B, AB et O pour les groupes sanguins ; auparavant on parlait des groupes I, II, III et IV. Il a proposé les désignations l’A et B en raison des agglutinines. En 1910-1911, il a découvert l’hérédité des groupes sanguins, découverte qui a permis d’établir l’exclusion de paternité par la sérologie. Pendant la Première Guerre mondiale, il écrivit avec sa femme des travaux sur la séro-anthropologie, à l’origine des conclusions fondamentales sur la composition des races humaines présentes et passées. Selon sa théorie des groupes sanguins dite des Pléiades, les autres groupes se sont probablement développés au cours de l’évolution à partir du groupe O, le plus archaïque.

Hirszfeld a été le premier à prévoir entre la mère et l’enfant le conflit sérologique qu’a confirmé la découverte du facteur Rhésus. Sur cette base, il a développé, dans les dernières années de sa vie, une théorie « allergique » des avortements et a recommandé la thérapie par les antihistaminiques. Hirszfeld a aussi enquêté sur les tumeurs et la sérologie de la tuberculose. Sa découverte de l’agent infectieux de la fièvre paratyphoïde C a eu des conséquences importantes pour le diagnostic différentiel.

Hirszfeld a reçu de nombreux honneurs, y compris des doctorats honoraires des universités de Prague et de Zurich. Il a écrit presque 400 travaux en allemand, en français, en anglais et en polonais, un grand nombre en collaboration avec d’autres chercheurs célèbres et beaucoup avec sa femme.

Il a été nominé pour le Prix Nobel en 1950, sans jamais le recevoir.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Ludwik_Hirszfeld

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Tadeusz Reichstein (1897-1996)

Tadeusz Reichstein, né le 20 juillet 1897 à Włocławek, Pologne et mort le 1er août 1996 à Bâle, Suisse, était un biochimiste polono-suisse. Il a été le premier à synthétiser la vitamine C et à isoler la cortisone. Lauréat du Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1950[].

Il est né dans une famille polonaise d’origine juive. Son prénom lui a été donné en l’honneur de Tadeusz Kościuszko, héros national polonais. Après avoir passé sa petite enfance à Kiev, en Ukraine, où son père était ingénieur, Reichstein fut mis en pension à Iéna, en Allemagne. La famille s’installa finalement en Suisse. Il étudie la chimie à l’Université fédérale de technologie de Zurich (ETHZ), obtenant un diplôme en 1920. En 1922, il obtient son doctorat et poursuit son travail à l’ETHZ, où il est professeur de chimie organique de 1930 à 1938. De 1938 à 1967, il est professeur à l’Université de Bâle. En 1952, il est élu membre étranger de la Royal Society de Londres et en 1994, il devient membre étranger de l’Académie polonaise des sciences.

En 1933, il synthétise l’acide ascorbique (vitamine C), indépendamment de W.N. Haworth qui le fait un an plus tard. C’est pourtant Haworth qui reçut le prix Nobel de chimie en 1937 pour cette découverte.

Néanmoins, c’est la méthode de Tadeusz Reichstein, appelée « procédé Reichstein », un procédé industriel de synthèse artificielle de la vitamine C, qui porte toujours son nom. En 1936, il isole la cortisone, ainsi que d’autres hormones du cortex surrénal. En 1950, il reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine (partagé avec E. C. Kendall et P. S. Hench) pour ses découvertes sur les hormones du cortex des glandes surrénales, leur structure et leurs effets biologiques[]. En 1951, il reçoit, avec Kendall, le Prix Cameron pour la thérapeutique de l’Université d’Édimbourg. En 1968, il reçoit la médaille Copley, la plus prestigieuse et la plus ancienne récompense dans le domaine des sciences, attribuée par la Royal Society de Londres. La cortisone est un médicament qui a révolutionné la médecine et changé la vie de millions de patients dans le monde.

Tadeusz Reichstein apportait son soutien aux jeunes Polonais qui étudiaient et travaillaient dans les universités suisses, en leur finançant des bourses. Il a reçu le titre de docteur honoris causa de la Sorbonne de Paris (1947), de l’Université polonaise de Londres (1947) et de l’Académie médicale de Gdańsk (1995). Depuis 1988, il a été membre honoraire de la Société scientifique de Włocławek, il a reçu la médaille du mérité de la ville de Włocławek, et en 1994 la citoyenneté d’honneur de cette ville.

Il est mort à Bâle en Suisse en 1996, à l’âge de 99 ans.

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dr Janusz Korczak (1878-1942)

Janusz Korczak (né le 22 juillet 1878, mort le 6 août 1942), de son vrai nom Henryk Goldszmit, est un médecin-pédiatre, éducateur, pédagogue et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour son œuvre de pédagogie, sa littérature enfantine, et son engagement en faveur des droits de l’enfant. Il est reconnu comme le précurseur et l’inspirateur de la Convention des droits de l’enfant. Grand témoin de son temps, il s’est battu toute sa vie pour défendre et faire respecter l’enfant jusqu’à avoir choisi délibérément d’être déporté du ghetto de Varsovie au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants juifs de son orphelinat. Il y est mort pour ses convictions.

Janusz Korczak est né dans une famille juive de Varsovie. Depuis sa plus jeune enfance il est révolté par les injustices que les adultes réservent aux enfants. Sa famille connait des conditions de vie difficiles. À 17-18 ans, il doit commencer à travailler et donne des cours particuliers. En 1896, il devient un journaliste engagé. C’est en 1901 qu’il publie son premier livre Les enfants de la rue, où il décrit la misère des enfants les plus pauvres. En 1905, il obtient son diplôme de médecin et publie le livre Les enfants de salon qui va faire de lui un jeune écrivain célèbre. Mais à peine son diplôme de médecine reçu, il est mobilisé comme médecin militaire dans l’armée russe pour la Guerre russo-japonaise de 1904-1905. À son retour, il travaille dans un hôpital pour enfants pauvres de Varsovie et il ouvre un cabinet personnel. Passionné par son travail et très dévoué, il va très vite devenir un médecin recherché. Il rêve de construire un endroit idéal pour les enfants pauvres. En 1909, il est jeté en prison par la répression tsariste. Il y restera deux mois. En 1912, Dom Sierot (la maison des orphelins) est ouverte à Varsovie. C’est l’un des plus beaux orphelinats d’Europe, avec des projets pédagogiques innovants, c’est un établissement mixte qui n’accueille que les orphelins juifs. Janusz Korczak abandonne son poste de l’hôpital pour prendre la direction de la Dom Sierot. En 1914, il est mobilisé dans un hôpital de campagne de l’armée russe, puis il va à Kiev. En 1919, Nasz Dom (Notre Maison) est créée à Pruszków pour les orphelins de guerre polonais, sous la direction de Janusz Korczak. La même année il est de nouveau mobilisé, comme officier de l’armée polonaise, dans un hôpital où il contracte le typhus. Il échappe de justesse à la mort mais contamine sa mère venue le voir et qui en mourra. En 1922, il crée son personnage clé, Le roi Mathias 1er. En 1934, il effectue son premier voyage en Palestine. À son retour, il crée les « Causeries du Vieux docteur », une émission radio qui invite les enfants à faire part de leurs expériences dans la vie. En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Dans la ville de Varsovie assiégée par les Allemands, il met son uniforme d’officier polonais qu’il ne quittera plus malgré les risques, et il ne portera jamais l’étoile jaune. Il est appelé à la radio pour soutenir la population. C’est en 1940 que la Dom Sierot déménage dans le ghetto de Varsovie. Le dernier combat de sa vie consistera à mendier pour nourrir les enfants. Les nazis commencent la déportation du ghetto. C’est au mois d’août 1942 qu’aura lieu la déportation massive des orphelins : parmi les nombreux cortèges formés à travers le ghetto, on a pu voir Janusz Korczak et ses deux cents enfants être emmenés dans les trains du camp d’extermination de Treblinka, où tous furent tués à leur arrivée. Malgré les difficiles conditions de vie de cette période, Janusz Korczak tient son Journal du ghetto, un témoignage sauvegardé de justesse.

L’histoire de la vie de Janusz Korczak a été décrite dans de nombreux livres. Le film Korczak (1990) de Andrzej Wajda raconte l’histoire de sa vie et en partie de sa déportation avec ses orphelins par les nazis à Treblinka.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak  

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak

FR : https://fr.vikidia.org/wiki/Janusz_Korczak

FR: http://korczak.fr/m1korczak/droits-de-lenfant/droits-enfant-selon-korczak.html

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak 

dr Władysław Biegański (1857-1917)

Władysław Biegański (né le 28 avril 1857 à Grabów nad Prosną et mort le 29 janvier 1917 à Częstochowa) était un interniste polonais, docteur en médecine, théoricien de la logique et de la psychologie, philosophe et activiste social. Il s’occupait de presque tous les domaines de la médecine, en particulier les maladies infectieuses, le diagnostic des maladies et la logique en médecine.

Il est diplômé en 1880 de l’Université impériale de Varsovie. Après la pratique – principalement l’obstétrique – à Berlin et Prague, en 1883, il s’installe définitivement à Częstochowa, où il ouvre un cabinet privé. Il est devenu médecin hospitalier et municipal. Devenu directeur de l’hôpital municipal, il le réorganise et le transforme en un important centre médical et scientifique de la région. Il a été président de la Société médicale de Częstochowa (dont il a été co-fondateur). Par ailleurs, il a été le fondateur et le président de la Société pour la bienfaisance des chrétiens et l’initiateur et le premier président de la branche locale de l’Association nationale touristique polonaise. Propagateur des questions d’hygiène, il fonde, en 1901, la Société d’hygiène. Il initie la création de la Bibliothèque municipale qui porte maintenant son nom. À Częstochowa, il a mené des travaux scientifiques, loin des centres universitaires polonais, ce qui lui a valu d’être traité de « professeur sans chaire ». Il s’occupait également de la philosophie de la médecine et a appartenu à l’école polonaise de philosophie de la médecine. Il était membre de la Société des sciences de Varsovie.

Il a écrit plusieurs manuels, notamment : Conférences sur les maladies infectieuses aiguës (1900-1901), Questions générales sur la théorie des sciences médicales (1897), Logique de la médecine (1894, publié en 1909 en Allemagne. Il a publié dans diverses revues médicales. En tant que philosophe, il s’est consacré à la théorie de la connaissance et à la genèse de la morale. Il a décrit ses opinions comme le « prévidisme » (doctrine épistémologique de prévisionnisme). Ses plus grandes œuvres philosophiques sont : Principes de la logique (1903), Théorie de la logique (1912), Traité sur la connaissance et la vérité (1910), Théorie de la connaissance du point de vue de l’intention (1914–1915), Prévidisme et pragmatisme (1906), Ethique générale (posthume, 1918).

Władysław Biegański est l’une des figures les plus populaires dans l’histoire de la médecine polonaise.

Le Parlement polonais a décidé de faire de 2017 l’Année de Władysław Biegański.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Władysław_Biegański

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Władysław_Biegański

Feliks Przesmycki (1892-1974)

Feliks Przesmycki (né le 21 janvier 1892 à Miropol, Volhynie, décédé le 25 décembre 1974 à Varsovie), bactériologiste et virologue polonais, enseignant, initiateur de la vaccination contre la polio en Pologne, fondateur et directeur de longue date de la plus grande institution polonaise d’épidémiologie – l’Institut national d’hygiène de Varsovie (PZH). Médecin de l’Insurrection de Varsovie 1944.

Il a étudié la médecine à l’Université de Kiev. Il a collaboré avec de nombreux virologues de premier plan, notamment à l’Institut Pasteur de Paris avec le bactériologiste français Albert Calmette et à la Harvard Medical School avec Hans Zinsser. Il était professeur à l’Académie de médecine de Varsovie. En janvier 1921, pendant la guerre polono-bolchevique, il fut délégué par le gouvernement polonais dans un camp de prisonniers de guerre à Strzałkowo, où il combattit l’épidémie de choléra parmi les civils et les soldats russes en six semaines. Ensuite, il s’est vu confier la même tâche de consultant dans les camps de Tuchola et de Wadowice. En octobre 1923, avec un groupe de jeunes médecins polonais, il fut délégué aux États-Unis pour des études d’un an en santé publique, organisées par la Fondation Rockefeller. De retour en Pologne en 1925, il devient assistant et dirige des cours de microbiologie à la Faculté de pharmacie de l’Université de Varsovie. Le 7 septembre 1929, il est habilité à la Faculté de médecine de l’Université de Varsovie, puis a commencé à travailler au département de bactériologie et de médecine expérimentale de l’Institut d’État sous la direction de Ludwik Hirszfeld. À partir du 1er janvier 1933, il est à la tête du département des diagnostics bactériologiques. Grâce à une bourse de la Section d’hygiène de la Société des Nations, il a appris à connaître l’organisation des départements bactériologiques, entre autres à Copenhague, Prague et Budapest. Après son retour, il développe le réseau des agences PZH, à partir de 1938 il est inspecteur et directeur adjoint de l’Institut National d’Hygiène (PZH). Pendant l’occupation, après l’arrestation de Ludwik Hirszfeld, il le remplaça, dirigeant le département de bactériologie et de médecine expérimentale, en 1941 il co-organisa la production clandestine du vaccin contre la fièvre typhoïde, qui fut distribué dans le camp de Majdanek et dans le ghetto de Varsovie. Dans les années 1942-1944, il a enseigné la bactériologie à l’Université clandestine de Varsovie et à l’Université des Terres occidentales. Pendant le soulèvement de Varsovie, il était chef du service de santé civile et après son effondrement, il organisa l’évacuation des hôpitaux civils. À partir de 1945, il fut directeur de l’Institut national d’hygiène de Łódź, en même temps il organisa la faculté de médecine de l’Université de Łódź, le 1er mai 1946, il y fut nommé professeur agrégé de bactériologie et occupa ce poste jusqu’au 31 août 1950. Le 29 juillet 1950, il fut nommé professeur ordinaire de microbiologie et d’hygiène à la faculté pharmaceutique de l’Académie de médecine de Varsovie. À partir du 1er janvier 1953, il fut le premier professeur d’épidémiologie et enseigna cette matière jusqu’à la fin de 1962. Il fut l’organisateur du département de virologie de l’Institut national d’hygiène, qui devint le principal centre de virologie médicale du pays. Il a pris sa retraite le 31 octobre 1963, demeurant professionnellement actif, et en 1964-1970, il était le spécialiste national de la virologie au ministère de la Santé. Dans les années 1972-1973, il a été consultant au Laboratoire expérimental des sérums et vaccins Biomed. Feliks Przesmycki a été l’initiateur de l’introduction du système de vaccination contre la poliomyélite (maladie de Heine-Medin) en Pologne. Il est l’auteur de nombreux travaux scientifiques, principalement dans le domaine de la virologie. Il a également écrit un journal dans lequel il a décrit, entre autres, la lutte contre l’épidémie de choléra pendant la guerre dans le camp de prisonniers de guerre soviétiques à Strzałkowo.PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Feliks_Przesmycki

Ludwik Rydygier (1850-1920)

Ludwik Rydygier (né le 21 août 1850 à Dusocin – mort le 25 juin 1920 à Lviv, actuellement en Ukraine) était un chirurgien polonais, professeur de médecine, recteur de l’Université de Lviv. Pionnier de nombreuses méthodes chirurgicales, il était l’un des chirurgiens polonais les plus distingués et des plus connus dans le monde entier à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Il a été promu général de brigade de l’armée polonaise lors de la guerre polono-bolchevique de 1920.

Né à Dusocin (Dossoczyn) près de Grudziądz (Graudenz), dans la partie annexée par la Prusse lors du partage de la Pologne. Comme son père, Karol Ferdynand Riediger, propriétaire terrien, il soulignait son origine polonaise depuis son enfance, malgré son nom de consonance allemande. Il a fait ses études de médecine dans les années 1869-1873, d’abord à Cracovie, puis à Greifswald, où il a polonisé volontairement son nom, l’écrivant désormais Rydygier. Il obtient le diplôme de docteur en médecine en 1874. Après ses études, il dirige une clinique privée à Chełmno, où il écrit plusieurs ouvrages scientifiques dans le domaine de la chirurgie.  En 1887, il est doyen de la faculté de chirurgie de l’Université Jagellonne de Cracovie, et en 1897, de la nouvelle faculté de chirurgie et de clinique de l’Université de Lviv.

Il était l’un des plus éminents chirurgiens polonais de son époque, connus dans le monde entier. En 1880, pour la première fois au monde, il effectue une ablation chirurgicale du pylore chez un patient souffrant d’un cancer de l’estomac. Il est également le premier à documenter cette procédure. En 1881, il est aussi le premier au monde à réaliser une résection d’ulcère gastroduodénal. En 1884, il introduit une nouvelle méthode de traitement chirurgical de l’ulcère gastroduodénal, utilisant la gastroentérostomie. En 1900, il invente une méthode de l’ablation de l’adénome de la prostate. Auteur des concepts originaux, il a introduit de nombreuses autres techniques chirurgicales.

Dans les années 1901-1902, il est recteur de l’Université de Lviv. Il a été le mentor de nombreux chirurgiens et futurs professeurs. En 1889, il a organisé le premier congrès chirurgical de Pologne. Ces congrès ont abouti à la création de la Société des chirurgiens polonais en 1921.

Il était un chirurgien remarquable, bien connu pour ses réalisations pratiques, mais aussi comme initiateur de nouvelles méthodes et organisateur de talent. Certaines des méthodes opératoires introduites par Rydygier, comprenant la chirurgie gastrique, du rectum, amputations, chirurgie cardiaque, chirurgie plastique, orthopédique et urologique, sont toujours utilisées aujourd’hui.

Au cours de la Première Guerre mondiale, il dirige l’hôpital militaire de Brno. Après la guerre, il retourne à Lviv, où il prend part, en novembre 1918, aux combats de la défense de la ville contre l’armée ukrainienne. Lors de ces combats, il participe à la création des services médicaux et sanitaires de l’armée polonaise, en tant que lieutenant général. En 1920, lors de la guerre polono-bolchevique, il commence à organiser des hôpitaux militaires. Chef sanitaire du Commandement du district général “Pomorze”, puis consultant et chirurgien en chef du Commandement “Est”, il est promu général de brigade de l’armée polonaise..

Il est mort subitement le 25 juin 1920. De nombreux hôpitaux et rues en Pologne portent aujourd’hui son nom.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Ludwik_Rydygier

FR : https://fr.qwe.wiki/wiki/Ludwik_Rydygier

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Ludwik_Rydygier

Odo Bujwid (1857-1942)

Odo Feliks Kazimierz Bujwid, né le 30 novembre 1857 à Vilnius, décédé le 25 décembre 1942 à Cracovie, était un bactériologiste polonais, premier disciple polonais de Pasteur, fondateur de la bactériologie en Pologne. Pionnier de l’hygiène et des soins de santé préventifs, il était l’un des premiers scientifiques polonais à produire des vaccins, y compris le vaccin contre la rage.

Il a étudié la médecine à Varsovie et a parfait sa spécialisation en bactériologie à Berlin avec Robert Koch et à Paris avec Louis Pasteur. Il a fondé à Varsovie le premier institut polonais de prévention contre la rage, ainsi que des centres de recherche sur les produits alimentaires. Il a travaillé successivement à Varsovie, Saint-Pétersbourg, Odessa et surtout à Cracovie, où pendant de longues années il occupa la chaire d’hygiène et de microbiologie de l’Université Jagellon et où il créa le deuxième centre de vaccination contre la rage.

Dès le début, il a développé une activité scientifique extrêmement intense. Il a publié 386 ouvrages scientifiques, parmi lesquelles il convient de citer son important manuel de microbiologie. Outre la publication de nombreuses articles scientifiques, il était activement impliqué dans le travail social. Elu conseiller de la ville de Cracovie, il contribua à la modernisation de la ville. Il était partisan de l’éducation universelle, de l’accès des femmes à l’université. Il attirait des jeunes gens aux opinions modernes, et sa maison devint le centre de rencontres de l’intelligentsia progressiste de Cracovie. Il était un promoteur de l’espéranto. Dans sa maison, il a installé un centre de production de sérums et de vaccins. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il a fourni à la population polonaise des vaccins contre le typhus. Cette maison est devenue un musée.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Odo_Bujwid

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Odo_Bujwid

FR : https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1973x007x004/HSMx1973x007x004x0346.pdf

Rafał Józef Czerwiakowski (1743-1816) 

Rafał Józef Czerwiakowski était un chirurgien et obstétricien polonais, fondateur du premier service de chirurgie en Pologne, considéré comme “le père de la chirurgie polonaise”, spécialiste des maladies féminines, précurseur de l’orthopédie en Pologne, pionnier de la rééducation, éminent universitaire, professeur à l’Université Jagellon de Cracovie.

Rafał Józef Czerwiakowski (né le 24 octobre 1743, décédé le 5 août 1816) était le fils d’un administrateur foncier. Il a d’abord fait ses études à la maison, puis à l’école piariste de Pińsk. En 1795, il prononce ses vœux religieux dans la congrégation piariste de Lubieszów. En 1771, il se rend à Rome pour étudier la médecine, en 1776, il obtient un doctorat en philosophie et en médecine. Il poursuit ses études à Naples, Bologne, Turin, Padoue, Vienne, Paris et Berlin. Il a été le premier organisateur de formations pour chirurgiens en Pologne. Dans les années 1779-1803, il fut professeur de la première chaire polonaise de chirurgie et d’obstétrique à l’Académie de Cracovie (jusqu’en 1785 également d’anatomie). Il a été le premier à donner des conférences sur la médecine en polonais. En 1783, il obtient l’approbation du Vatican pour la sécularisation et se marie. En 1785, il devient médecin de la cour de Stanisław August Poniatowski. Lors de l’Insurrection de Kościuszko, il est le chirurgien en chef de l’armée polonaise. Il a créé de nouvelles méthodes chirurgicales et inventé de nombreux instruments chirurgicaux. Il est l’auteur du premier manuel polonais de chirurgie théorique et pratique.
Il a été le premier en Pologne à décrire les instruments orthopédiques et leur application. Il est considéré comme le pionnier de la physiothérapie en Pologne.

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Rafa%C5%82_J%C3%B3zef_Czerwiakowski 

PL : https://forumakademickie.pl/fa-archiwum/archiwum/98/6/artykuly/19-gwiazdy.htm 

Tomasz Janiszewski (1867-1939)

Tomasz Wiktor Janiszewski (né le 21 mai 1867 à Varsovie, décédé le 23 juillet 1939 à Brok) – médecin polonais, professeur agrégé d’hygiène sociale à l’Université Jagellon, professeur ordinaire à l’Université de Varsovie, ministre de la Santé publique dans le gouvernement de Ignacy Jan Paderewski, médecin chef de la ville de Cracovie, partisan de l’eugénisme. Il était le prototype de Tomasz Judym, le héros du roman de Stefan Żeromski « Les Sans-logis ». (Ludzie bezdomni, 1900). 

Il étudie la médecine à Varsovie, puis à Moscou, Brno, Fribourg, Zurich, Vienne, et poursuit ses études en France, Angleterre, Irlande et Autriche. Enfin, il arrive à Cracovie, à l’Université Jagellon, où il obtient le titre de docteur en médicine en 1896. Aussitôt, pour des raisons de santé, il s’installe à Zakopane, où il prend le poste de médecin thermal, spécialiste des maladies pulmonaires. Il collabore à la planification et à la mise en œuvre de dispositifs d’égouts et d’alimentation en eau conçus à ses frais par des ingénieurs de Vienne. Il organise un service de désinfection à Zakopane, élabore des règlements sur la lutte contre la tuberculose dans les stations thermales. Le but de ses efforts est de construire un hôpital à Zakopane. À ses frais, il organise un hôpital de fortune avec 12 lits, dont il est le chef dans les années 1899-1904. Grâce à son initiative, la Société de médecins de Galicie et la Société polonaise de lutte contre la tuberculose ont été créées à Zakopane. Le périodique “Przegląd Zakopiański” a été cofondé et cofinancé par lui. C’est aussi à Zakopane, que Janiszewski rencontre l’écrivain Stefan Żeromski, qui fait de lui le prototype du personnage principal du roman « Les Sans-logis », Tomasz Judym (1900). En 1908, Janiszewski s’installe à Lwów (Lviv) et y fonde la première clinique de tuberculose et l’une des premières en Pologne. En 1909, il est nommé médecin chef de la ville de Cracovie. Pendant les 17 années de son mandat, il a réorganisé le bureau de santé municipal, augmenté le nombre de médecins de la ville, élaboré des règlements généraux pour lutter contre les maladies infectieuses, fondé un laboratoire municipal de bactériologie, amélioré les statistiques médicales et organisé la première clinique dentaire ambulatoire de Pologne pour les enfants des écoles primaires. Il a créé une installation de désinfection et de désinsectisation. À son initiative, de nouvelles installations sanitaires ont été établies à Cracovie et à Prądnik Biały, notamment un sanatorium pour tuberculeux avec 120 lits. Il organise des jardins ouvriers qui, pendant la Première Guerre mondiale, servent de camps d’été pour les enfants. Il a également fondé la Société antituberculeuse de Cracovie et a été président de la Société Médicale de Cracovie. En 1915, il est nommé professeur agrégé d’hygiène sociale à l’Université Jagellon. De janvier à décembre 1919, il est ministre de la Santé publique dans le gouvernement de Ignacy Jan Paderewski. Il a fondé à Varsovie plusieurs centres de recherches scientifiques : épidémiologique, pharmaceutique, sur l’eau, de production de sérums et de vaccins, alimentaire. Plus tard, après la construction de l’École d’hygiène, ces établissements ont reçu le nom commun d’Institut national d’hygiène (PZH). Il a organisé une campagne de masse dans toute la Pologne en faveur des enfants dénutris qui a couvert 1 300 000 jeunes. Il a joué un rôle clé dans la promotion des activités et des méthodes eugéniques ainsi que dans la recherche sur les problèmes de population. Il a publié plus d’une centaine d’ouvrages scientifiques.  

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/Tomasz_Janiszewski  

PL : https://forumakademickie.pl/fa-archiwum/archiwum/2003/07-08/artykuly/31-rody_uczone.htm  

ENG : https://www.academia.edu/25638551/Dr_Judym_and_Mr_Janiszewski_The_Polish_Eugenics_Society_and_other_stories  

Ludwik Rajchman (1881-1965) 

Ludwik Witold Rajchman, né le 1er novembre 1881 à Varsovie et mort le 13 juillet 1965 à Chenu (Sarthe, France) était un médecin et bactériologiste polonais. Il est considéré comme le fondateur de l’UNICEF et en a été le premier président entre 1946 et 1950. 

Ludwik Rajchman a grandi à Varsovie dans les conditions difficiles de l’occupation russe. Il a étudié la médecine à l’Université Jagellon de Cracovie. Il fut fasciné par la bactériologie. Rajchman a fait ses études postdoctorales à l’Institut Pasteur de Paris, puis est brièvement retourné à Cracovie (il lui a été interdit d’aller dans la partie de Pologne occupée par les Russes) avant d’être nommé dans un important laboratoire de bactériologie à Londres. Rajchman, son épouse et leurs trois enfants sont restés à Londres tout au long de la Première Guerre mondiale. Au cours de cette période, il milita pour l’indépendance polonaise. La famille rentre à Varsovie en octobre 1918 et Rajchman persuade les nouvelles autorités polonaises de créer un centre épidémiologique, renommé par la suite Państwowy Zaklad Higieny (Institut national de l’hygiène) qui est jusqu’à ce jour le principal institut de santé publique de Pologne. Rajchman lutta activement contre les vagues d’épidémie de typhus qui dévastèrent l’Europe de l’Est et a été remarqué par la Société des Nations en plein essor, qui l’a nommé en 1921 pour créer une Organisation de la santé (considérée comme l’une des entreprises les plus réussies de la SdN). Rajchman voyagea longuement pour remplir son mandat et devint notamment fasciné par la nécessité d’un système de quarantaine et de santé publique en Chine. Au début des années 1930, Rajchman s’est fait connaître à Genève pour ses attitudes et ses actions antifascistes. Il n’apprécia pas le nouveau secrétaire général de la SdN, Joseph Avenol, lequel le démit de ses fonctions en 1938. 

Se trouvant sans emploi, Rajchman se rendit en Chine pour aider le gouvernement à préparer sa défense contre le Japon, notamment en achetant des avions aux États-Unis. Sa famille déménagea en France, achetant un château dans la Sarthe. Toute la famille était présente lorsque les Allemands ont envahi la France. Rajchman est allé voir le président du gouvernement polonais en exil, le général Sikorski, qu’il connaissait personnellement. Sikorski le nomma responsable des réfugiés polonais et lui confia une lettre à remettre au président Roosevelt demandant l’aide des États-Unis. Il lui délivra également un passeport diplomatique lui permettant de fuir la France par l’Espagne et le Portugal afin d’atteindre Washington. Pendant la guerre, Rajchman travaillait sur les questions humanitaires. À la fin de la guerre, l’Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA) lui demanda de rédiger un rapport sur la manière de faire face à l’état dramatique des conditions sanitaires une fois que l’Europe serait libérée (on craignait notamment une épidémie de typhus). À la fin de la guerre, le nouveau gouvernement polonais (communiste) de Lublin lui demanda de représenter la Pologne au sein de l’UNRRA. On dit que Rajchman avait de sérieuses hésitations à collaborer avec ce gouvernement, mais il finit par être conquis par le désir d’aider son pays, ce qu’il a fait de manière très efficace grâce à l’UNRRA. 

Lorsque l’UNRRA a annoncé lors d’une réunion des Nations unies à Genève qu’il mettrait fin à ses efforts de secours, Rajchman a appelé à la création d’un fonds d’aide aux enfants du monde entier. Sa proposition fut acceptée et, au début de 1947, l’UNICEF fut fondée pour aider les enfants, notamment en matière de nutrition et de vaccination. Rajchman resta président du conseil d’administration de l’UNICEF jusqu’en 1950 et refusa d’être rémunéré pour son travail. Dans le contexte de la guerre froide naissante et du stalinisme dans les pays du bloc soviétique, Rajchman fut assigné à comparaître à l’époque de McCarthy : il partit brusquement pour la France et ne retourna jamais aux États-Unis. Au même moment, les autorités communistes polonaises lui retirèrent son passeport polonais et il ne fut pas renouvelé avant le début de la période post-stalinienne en 1956. À partir de ce moment-là, Rajchman se rendit assez souvent en Pologne, notamment pour rendre visite à sa sœur qui avait été déchue de ses fonctions académiques. Sa dernière visite eut lieu à Varsovie en 1963, dans l’institut de santé publique qu’il avait fondé en 1918. Rajchman décéda en 1965 des suites d’une complication de la maladie de Parkinson

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwik_Rajchman  

ENG : https://en.wikipedia.org/wiki/Ludwik_Rajchman  

Joseph Babinski (1857-1932) 

Joseph Babinski, médecin français d’origine polonaise, neurologue, pionnier de la neurochirurgie, célèbre pour la découverte du « signe de Babinski », un réflexe cutané plantaire, l’un des symptômes de base vérifiés lors d’un examen neurologique. 

Joseph Babinski (1857-1932), médecin français d’origine polonaise, neurologue, pionnier de la neurochirurgie, célèbre pour la découverte en 1896 du « signe de Babinski », un réflexe cutané plantaire, l’un des symptômes de base vérifiés lors d’un examen neurologique. 

Joseph Jules François Félix Babinski (en polonais Józef Julian Franciszek Feliks Babiński), né le 17 novembre 1857 à Paris et mort le 29 octobre 1932 dans la même ville, est un médecin neurologue français d’ascendance polonaise

Fils d’un ingénieur polonais installé à Paris en 1848 pour échapper à la répression russe des revendications d’indépendance de la Pologne, Joseph Babinski grandit à Montparnasse. À la fin de son internat, il est promu chef de clinique de Charcot, dont il devient l’élève préféré, et participe aux leçons du maître à l’hôpital de la Salpêtrière

En 1890, il est nommé médecin des hôpitaux. On dit qu’il était peu loquace durant ses consultations mais qu’il était un observateur exceptionnel. En 1895, il devient chef de service à l’Hôpital de la Pitié où il exerce jusqu’à sa retraite en 1922. Atteint de la maladie de Parkinson, il meurt en décembre 1932

Babinski a codifié la neurologie et distingué les grandes affections neurologique organiques des syndromes psychiatriques. Ses études sur les réflexes, la physiologie du cervelet ne sont que quelques aspects de son œuvre. Ses travaux dans le domaine de la physiologie du système nerveux et de la neuropathologie ont été cruciaux pour le développement de la neurologie. Découvreur en 1896 de l’un des symptômes neurologiques les plus importants, preuve de dommages à la voie pyramidale, nommé le « signe de Babinski » en son honneur, devenu l’un des symptômes de base vérifiés lors d’un examen neurologique. Il a décrit l’anosognosie, trouble neuropsychologique d’absence de prise de conscience de sa condition de malade ou handicapé. Babinski contribua également au développement de la neurochirurgie, notamment dans le domaine des tumeurs de la moelle épinière. En dehors de sa contribution majeure au développement de la neurologie en France, il a également marqué l’évolution de la psychiatrie et de la neuropsychologie. 

Babinski apparaît, sans doute, comme le plus grand des neuro-sémiologistes en montrant l’importance de manœuvres permettant de distinguer les paralysies organiques de celles qui relèvent de l’hystérie ou de la simulation. 

Babinski est l’un des fondateurs de la Société de neurologie de Paris. 

PL : https://pl.wikipedia.org/wiki/J%C3%B3zef_Babi%C5%84ski 

FR : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Babinski 

FR : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-babinski/ 

FR : https://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/babinski.htm 

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