26.03.2022 - 10.07.2022 Arts visuels, Evenements, Patrimoine & société

MARIA PAPA ROSTKOWSKA. Affinités artistiques: Jean Arp, Émile Gilioli, Marino Marini

Le Musée d’art et d’histoire de Meudon propose une exposition inédite dédiée à Maria Papa Rostkowska (1923-2008), sculptrice de la Nouvelle École de Paris.

Exposition
MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DE MEUDON
26 MARS – 10 JUILLET 2022

Le travail de Maria Papa Rostkowska, artiste d’origine polonaise, de nationalité italienne mais résolument française de cœur, bénéficiera d’une première rétrospective en Ile-de-France au Musée d’art et d’histoire de Meudon. Les œuvres de Maria Papa Rostkowska trouveront un écho avec celles de ses amis, peintres et sculpteurs (Jean Arp, Émile Gilioli et Marino Marini), qu’elle a côtoyés tout au long de sa carrière. Le Musée d’Art et d’Histoire de Meudon conserve une collection exceptionnelle d’œuvres d’artistes de cette époque, regroupés sous l’appellation Nouvelle Ecole de Paris qui participèrent au renouveau artistique de l’art d’après-guerre, entre figuration et abstraction.

L’exposition Maria Papa Rostkowska et ses affinités artistiques – Jean Arp, Émile Gilioli, Marino Marini mettra également en lumière les correspondances plastiques entre ses sculptures, véritables fils conducteurs de cette présentation, et les dessins, collages et lithographies de Jean Arp (1886-1966), Émile Gilioli (1911-1977) et Marino Marini (1901- 1980). Ces quatre artistes, ayant tous autant pratiqué la sculpture que les arts graphiques sont réunis au musée au sein d’un parcours intime. Affinités, amitiés, voire « mariages artistiques », chaque lien qui unit Maria Papa Rostkowska à ces artistes est unique. La vie artistique parisienne et italienne de la sculptrice est jalonnée de rencontres mais celles-là sont scellées dans le marbre, son matériau de prédilection.

Une vie passionnément tournée vers l’art

Résistante en Pologne durant la guerre, la jeune Maria Papa Rostkowska participe au sauvetage des Juifs du Ghetto de Varsovie avec son mari Ludwik Rostkowski (qui recevra la médaille des Justes). Elle participe, armes à la main, à l’Insurrection de Varsovie de 1944. Arrêtée et déportée par les nazis au camp de concentration d’Auschwitz, elle se sauve du train qui la conduit à une funeste destinée. À la Libération Maria Papa Rostkowska reçoit l’une des plus hautes distinctions militaires polonaises, Virtuti Militari. Artiste reconnue en Pologne, elle enseigne tout d’abord la peinture à l’Académie des Beaux-arts de Sopot puis de Varsovie mais choisit de poursuivre sa carrière à Paris dans les années 1950.

Dans le Paris cosmopolite de l’après-guerre, Maria Papa Rostkowska fréquente alors les artistes de la Nouvelle École de Paris, les critiques d’art et collectionneurs influents et participe à l’effervescence culturelle qui anime la capitale à cette époque. Elle y fait la connaissance de Gualtieri Papa di San Lazzaro, écrivain, journaliste et fondateur de la Revue XXe Siècle, qu’elle épousera en secondes noces. À partir de la fin des années 1950, elle se consacre principalement à la sculpture, en terre cuite dans un premier temps puis en marbre, qui devient sa matière de prédilection au milieu des années 1960.

Une œuvre de lutte et d’équilibre

Remarquée par Lucio Fontana, Maria Papa Rostkowska apprendra auprès de l’artiste l’importance de la matière mais intégrera également le cercle restreint des artistes les plus avant-gardistes de cette deuxième moitié du siècle (Joan Miró, Émile Gilioli, Jean Arp, Serge Poliakoff, Alberto Magnelli, Sonia Delaunay…). Oscillant entre l’abstraction et la figuration, Maria Papa Rostkowska trouve un langage plastique qui lui est propre. Puisant dans les formes végétales, minérales et hybrides, ses sculptures sont une invitation à la contemplation et à une certaine quête de bonheur. Elle développe des thèmes qui lui sont chers : figure féminine, couple, famille, métamorphose, harmonie mais aussi guerre et luttes traversent son art.  

Au début des années 1970, l’artiste fait un choix radical en décidant de quitter Paris et installe définitivement son atelier en Italie, dans la ville de Pietrasanta, non loin de Carrare. C’est là que Maria Papa Rostkowska travaillera la pierre, aux côtés des ouvriers qui dégrossissent les blocs de marbres, et où naîtront toutes ses œuvres en marbre.

La technique de la taille de la pierre

Maria Papa Rostkowska travaille principalement le marbre, toujours en taille directe, c’est-à-dire à même la pierre à l’aide d’outils manuels (marteau, pointe, ciseaux…) mais également d’outils mécanisés. Ce matériau dur et brut, traditionnellement réservé aux hommes jusqu’à la fin du XIXe siècle, engage l’artiste dans un corps à corps avec la matière.

Un espace de médiation dédié à la taille de la pierre est présenté au cœur de l’exposition. Didactique et accessible, il permet de comprendre les techniques de taille grâce à une scénographie mêlant illustrations, explications synthétiques et présentation d’outils et vidéos.

Les œuvres de Maria Papa Rostkowska sont installées au Palais Bourbon, la cour d’honneur de la Bibliothèque Polonaise de Paris et sur plusieurs bâtiments publics à Paris, au Musée des Beaux-Arts de Menton, au Musée de l’Hospice Saint Roch, à l’Université de Milan, au Parc international de sculptures de Pietrasanta, au Palais présidentiel de Pologne à Varsovie, au Musée National à Varsovie et au Musée National de la Sculpture (Królikarnia) à Varsovie.

Affinités artistiques avec Jean Arp, Émile Gilioli, Marino Marini

De ses années parisiennes, Maria Papa Rostkowska conservera des liens amicaux avec de nombreux artistes. Même si elle œuvre seule, Maria Papa Rostkowska a su s’entourer d’amis artistes qui furent de véritables compagnons sur la route tourmentée de la création artistique. Ces amitiés artistiques furent le creuset de fécondes recherches plastiques. L’exposition au Musée d’art et d’histoire de Meudon propose une correspondance entre les sculptures de Maria Papa Rostkowska et des œuvres d’arts graphiques d’artistes qu’elle a fréquentés tout au long de sa carrière, à Paris, Meudon ou Pietrasanta.

Véritable figure tutélaire pour l’artiste, Jean Arp est un familier de la Galerie et de la Revue XXe siècle, dirigées par Gualtieri Papa de San Lazzaro, second mari de Maria Papa Rostkowska. Possédant déjà une grande renommée, elle rencontre le sculpteur à Meudon dans sa maison-atelier (actuelle fondation Arp de Clamart) et le reçoit en Italie à plusieurs reprises. Jusqu’à sa mort, Jean Arp l’encouragera et soutiendra son travail. La correspondance conservée montre des relations cordiales, où les considérations pragmatiques liées aux expositions et aux publications se mêlent à des invitations plus intimes, des dîners dominicaux dans la maison-atelier des Arp à Meudon Val-Fleury et des rencontres lors de vacances en Italie.

En 1966, elle recevra le prestigieux prix de la William et Noma Copley Foundation pour la Sculpture grâce aux recommandations de Jean Arp et Lucio Fontana.

Émile Gilioli est un ami proche et bienveillant. Connu comme sculpteur, son travail graphique est composé de dessins préparatoires épurés où quelques traits forment d’élégants éléments géométriques qui seront traduits dans le bronze, la pierre ou le béton en œuvres monumentales. Émile Gilioli réalise également de nombreuses lithographies où il reprend les éléments géométriques assemblés en aplats colorés qui traduisent la mise en espace. Lorsqu’ils se rencontrent en 1957 à la Galerie XXe siècle Maria Papa Rostkowska est déjà une artiste peintre accomplie en Pologne, mais elle cherche encore un renouveau dans son approche de la sculpture (elle modèle à cette époque la cire et l’argile). Les encouragements renouvelés de Gilioli ont été sans nul doute profitables pour son épanouissement artistique de sculptrice.

Maria Papa Rostkowska installe son atelier à côté de celui de Marino Marini au cœur de la marbrerie Henraux à Querceta di Seravezza. Elle rencontre pour la première fois ce géant de l’art italien à la fin des années 1950 lors de ses voyages à Albisola. C’est aux côtés de ce sculpteur confirmé qu’elle se familiarise avec la pratique de la taille directe grâce aux outils mécanisés.

Maria Papa Rostkowska dira qu’elle et Marino Marini étaient réunis par un « mariage artistique ». Le thème du cheval, que Marino Marini a inlassablement décliné durant toute sa carrière, a été également sculpté par Maria Papa Rostkowska dans le marbre sous une forme résolument épurée et dynamique.

Plus d’infos : https://musee.meudon.fr/en-cours/

MARIA PAPA ROSTKOWSKA (1923-2008)
Affinités artistiques : Jean Arp, Émile Gilioli, Marino Marini
Du 26 mars au 10 juillet 2022
MUSEE D’ART ET D’HISTOIRE DE MEUDON
11 rue des Pierres, 92 190 Meudon

Entrée libre et gratuite

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