ODE À LA JOIE 2026 – TENTE DE CHANTER LE MONDE MUTILÉ
Bastille Design Center – 74 boulevard Richard-Lenoir, 75011 Paris
Du vendredi 8 au dimanche 10 mai 2026
Ode à la joie est une exposition collective pluridisciplinaire ponctuée de micro-événements.
Troisième édition à Paris : après Amsterdam (mai 2024) puis Paris (mai 2025), l’édition 2026 réunit une soixantaine d’artistes européens.
Née de la volonté de créer un événement artistique “à la hauteur” du projet européen, Ode à la joie cherche à faire émerger le temps d’un long week-end une communauté artistique européenne – un laboratoire vivant, pluridisciplinaire, « ouvert » en entrainant les artistes créant dans l’espace européen dans un mouvement de partages et de rencontres. L’ambition : favoriser l’émergence de projets et de collaborations, et promouvoir une Europe joyeuse, ouverte, accueillante.
Fil conducteur 2026 : une invitation poétique
L’édition 2026 propose comme œuvre-source un poème d’Adam Zagajewski :
“Tente de chanter le monde mutilé”.
Adam Zagajewski est au cœur de l’édition 2026 : son poème sert de mot d’ordre à Ode à la joie 2026. Plusieurs artistes choisissent de s’en inspirer et de créer une œuvre en écho à ce texte.
Ce texte (cf. plus bas) est présenté comme une invitation poétique : les artistes sont libres de s’en emparer, de le détourner ou de s’en éloigner. La poésie devient un déclencheur possible – un point de départ, pas une contrainte.
La Pologne à l’honneur
La Pologne est le pays associé de l’édition 2026. L’exposition s’inscrit dans une dynamique de dialogue culturel européen avec un accent particulier sur la poésie et la littérature polonaises, et sur la circulation des œuvres et des imaginaires.
Temps forts
- Vendredi 8 mai 2026 : Inauguration – 14h + Vernissage – 18h à 21h
- Exposition : 8–10 mai 2026
– Curateur et organisateur : Xavier Gras, fondateur de la galerie / laboratoire d’exposition Le Bonheur est dans l’Instant (Paris).
– Marraine de l’exposition : Maja Wodecka Zagajewska, épouse d’Adam Zagajewski.
Poème source
“Tente de chanter le monde mutilé”
Traduction : Maja Wodecka et Michel Chandeigne
Tente de chanter un monde mutilé.
Souviens-toi des longues journées de juin
et des fraises des bois, gouttes du vin rosé.
Des orties, qui couvraient méthodiquement
les maisons des exilés.
Tu dois chanter un monde mutilé.
Tu regardais des yachts luxueux et des navires;
l’un d’eux était destiné à un long voyage,
un autre à celui du néant et du sel.
Tu as vu des réfugiés marcher vers nulle part,
tu as entendu les chants joyeux des tortionnaires.
Tu devrais chanter un monde mutilé.
Souviens-toi des moments, quand nous étions ensemble
dans une chambre blanche et que le rideau a bougé.
Rappelle-toi le concert lorsque la musique a surgi.
A l’automne tu ramassais des glands dans un parc
et les feuilles tournoyaient au-dessus des cicatrices de la terre.
Chante ce monde mutilé
et la petite plume grise, qu’une grive a perdu,
et la lumière subtile qui erre et disparaît
et revient.
