En 2026, nous célébrons le 100ᵉ anniversaire de la naissance d’Andrzej Wajda. À cette occasion, le Sénat de la République de Pologne a proclamé l’année 2026 « Année Andrzej Wajda ». Dans le cadre du cycle Les Mardis Polonais, l’Institut Polonais et l’Institut Adam Mickiewicz vous invitent à (re)découvrir l’œuvre de ce grand réalisateur polonais, dont les films ont marqué la culture européenne et inspiré de nombreux cinéastes. En présentant des films de différentes périodes de sa carrière, ce cycle montre à la fois le regard humaniste de Wajda et l’évolution de son style et de ses thèmes, toujours centrés sur l’histoire, la mémoire et la condition humaine.
Le programme proposé présente des adaptations littéraires, des portraits intimes et des récits historiques. Cette sélection montre un Wajda à la fois poète à l’écran, témoin de son époque et toujours en quête de nouvelles formes d’expression.
Le programme du cycle sera enrichi par un concert de musique, ainsi que par une exposition au cinéma Reflet Médicis présentant des photos de tournage, réalisées par Renata Pajchel, qui a documenté pendant des années l’activité du maître. Cette photographe attentive aux nuances de la création cinématographique a su capturer l’intimité et l’intensité du travail d’Andrzej Wajda. Ses images révèlent non seulement le processus artistique du réalisateur, mais aussi l’atmosphère singulière qui entoure chaque scène, transformant la documentation en véritable œuvre visuelle. L’exposition est préparée avec la FINA – National Film Archive – Audiovisual Institute.
Les films d’Andrzej Wajda seront précédés par une sélection de courts-métrages réalisés à l’École de cinéma de Łódź, où le maître a étudié et enseigné, et qui lui est toujours restée chère. Ces films offrent un nouveau regard de la jeune génération, nourrie par l’héritage cinématographique du réalisateur.
De plus, nous avons l’honneur d’accueillir d’éminents collaborateurs et collaboratrices de Wajda, qui partageront leur expérience à ses côtés.
Mardi 10 février 2026 à 20h
Les Demoiselles de Wilko (Panny z Wilka)
1979 -116 min – Couleur – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage Portret kobiecy, réalisé par Natalia Durszewicz (2020, 4’50 min).
Au début des années 1930. Wiktor Ruben, administrateur d’un domaine près de Varsovie, assiste à l’enterrement de son ami Jurek. À la fin de la cérémonie, il est victime d’un malaise. Suivant le conseil de son médecin, il part se reposer trois semaines chez son oncle à la campagne. En chemin, Wiktor s’arrête à Wilko où, quinze ans plus tôt, il avait passé un été heureux auprès de ses voisines, six sœurs toutes amoureuses de lui. Les jeunes filles de l’époque sont désormais des femmes dans la fleur de l’âge. Et Fela, que Viktor aima passionnément, est morte. Le film a été nommé aux Oscars pour le meilleur film étranger (1980).
Avec Daniel Olbrychski, Anna Seniuk, Christine Pascal, Maja Komorowska, Stanisława Celińska, Krystyna Zachwatowicz.
La séance sera présentée par Wiesława Starska, costumière, et Allan Starski, décorateur de cinéma. Allan Starski a reçu l’Oscar de la meilleure scénographie pour le film La Liste de Schindler de Steven Spielberg en 1994. Il a également été récompensé par un César pour son travail sur Le Pianiste de Roman Polański, ainsi que par plusieurs prix polonais et distinctions internationales pour sa scénographie.
Mardi 17 mars 2026 à 20h
Les Innocents charmeurs (Niewinni czarodzieje)
1960 – 83 min – Noir et blanc – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage Pewnego razu w Izraelu, réalisé par Weronika Szyma (2021, 11 min).
Bazyli, jeune médecin et batteur de jazz, passe ses nuits dans les boîtes de jazz. Il rencontre Magda, une étudiante. Il l’invite chez lui et tous deux parlent de morale et d’amour. D’abord distants, ils se laissent prendre au jeu de la séduction. Un portrait de la jeunesse polonaise à l’aube des années 1960.
Avec Tadeusz Łomnicki, Krystyna Stypułkowska
Le film sera accompagné d’une musique live et présenté par Julia Kowalski, réalisatrice de la jeune génération, et Ania Szczepańska, historienne du cinéma à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et réalisatrice.
mardi 7 avril 2026 à 20h
Katyń
2006 – 120 min – Couleur – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage W lesie są ludzie, réalisé par Szymon Ruczyński (2023, 10 min).
Anna, la femme d’un capitaine d’un régiment des Uhlans, attend le retour de son mari. Elle ne peut se résoudre à l’idée qu’il ait été assassiné par les Russes. En avril 1943, l’épouse d’un général apprend la mort de son mari quand les Allemands découvrent l’existence de charniers dans la forêt de Katyn contenant des milliers d’officiers polonais. Silence et mensonges brisent le cœur d’Agnieszka, la soeur d’un pilote qui a connu le même sort.
Avec Maja Ostaszewska, Artur Zmijewski, Jan Englert, Danuta Stenka, Andrzej Chyra, Magdalena Cielecka.
La séance sera présentée par Paweł Edelman, directeur de la photographie mondialement reconnu, nommé à l’Oscar et aux Césars, dont la caméra a magnifié l’univers visuel de nombreux films d’Andrzej Wajda, ainsi que par Maja Ostaszewska, actrice de renom du cinéma polonais, figure emblématique du Théâtre Nowy de Varsovie.
Le film Katyń occupe une place particulière dans l’œuvre d’Andrzej Wajda, car il témoigne de son engagement pour la mémoire historique et la vérité sur les événements tragiques de la Pologne. Le film revêt une dimension particulièrement personnelle pour Wajda, dont le père fut tué à Katyń. Le 13 avril est la Journée de la Mémoire des Victimes du Crime de Katyn, instaurée par le Sejm de la République de Pologne en hommage aux officiers et représentants de l’État polonais assassinés en 1940 sur ordre du Kremlin.
mardi 12 mai 2026 à 20h
Le Chef d’orchestre (Dyrygent)
1979 – 102 min – Couleur – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage Duch, réalisé par Jakub Gomółka (2024, 9 min).
Un chef d’orchestre internationalement reconnu revient en Pologne après cinquante ans d’exil pour diriger un concert important à l’occasion de son jubilé. Lors de son séjour, il retrouve une jeune violoniste polonaise qu’il avait connue aux États‑Unis et qui est désormais mariée à un chef d’orchestre provincial. Leur rencontre ravive anciennes tensions et jalousies, tandis que le retour du maestro dans sa ville natale met en lumière les conflits humains et artistiques, questionnant rivalités, valeurs et rapports entre tradition et ambition. Au Festival de Berlin (1980), le film vaut au comédien Andrzej Seweryn l’Ours d’argent du meilleur acteur.
Avec Krystyna Janda, Andrzej Seweryn.
La séance sera présentée par Andrzej Seweryn, acteur de renommée internationale, qui a travaillé dans de prestigieux théâtres et films en Europe, incluant plusieurs collaborations avec Andrzej Wajda. Il a été membre de la Comédie-Française et est actuellement directeur du Théâtre Polonais à Varsovie.
mardi 16 juin 2026 à 20h
Tout es à vendre (Wszystko na sprzedaż)
1968 – 94 min – Noir et Blanc – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage Ziarno, réalisé par Artem Rachkelyuk (2022, 12 min).
Sur le quai d’une gare, un homme court pour monter dans un train en marche, manque son but et tombe sous les roues. On découvre bientôt qu’il s’agit du tournage d’un film dirigé par Andrzej. L’acteur principal est absent. Sa femme, accompagnée de la maîtresse et d’un jeune comédien, le cherche en vain, jusqu’à ce qu’on apprenne qu’il est réellement mort. Andrzej décide alors de consacrer le film à sa mémoire.
Avec Daniel Olbrychski, Małgorzata Potocka, Beata Tyszkiewicz, Elżbieta Czyżewska, Andrzej Łapicki.
La séance sera présentée par Daniel Olbrychski, acteur emblématique du cinéma polonais et européen, lauréat de nombreux prix internationaux et ayant interprété plusieurs rôles majeurs dans les films de Wajda, ainsi que par Małgorzata Potocka, actrice, réalisatrice et productrice de cinéma.
mardi 7 juillet 2024 à 20h
Sweet Rush (Tatarak)
2009 – 83 min – Couleur – Drame
Le film sera précédé d’un court métrage Nie masz dystansu, réalisé par Karina Paciorkowska (2018, 4 min).
Marta, épouse d’un médecin de province et gravement malade, rencontre un jeune homme dont la vitalité réveille en elle un désir oublié. Leur relation, faite de rencontres innocentes au bord de la rivière, est brutalement interrompue lorsque le jeune homme se noie. Le film mêle cette histoire à des confidences personnelles de Krystyna Janda, créant un récit où fiction et réalité se répondent. Prix Alfred Bauer (ex aequo) au Festival international du film de Berlin 2009.
Avec Krystyna Janda, Pawel Szajda, Jan Englert.
La séance sera présentée par Jean- Marie Samocki, critique aux Cahiers du cinéma.
BILLETTERIE
www.dulaccinemas.com
Carte UGC Illimité, Carte Maison Dulac et Carte CIP acceptées.
Un cycle organisé par l’Institut Polonais de Paris, l’Institut Adam Mickiewicz et la FINA.
En partenariat avec le Dulac cinéma, le Reflet Médicis, la Łódź Film School, ASPOL, l’EICAR, Positif et iFrancja.
Tous les films en version restaurée numérique, avec sous-titres français.
La numérisation des photos de plateau et des photos fixes réalisées par Renata Pajchel ainsi que l’exposition ont été cofinancées par l’Union européenne dans le cadre du programme European Funds for Digital Development 2021-2027. Projet FERC.02.03-IP.01-0013/25: «Immersion dans la culture. Accès numérique aux ressources audiovisuelles et multimédias de la FINA et du CSW ZU».
Programme : Marzena Moskal
Identité visuelle : Marta Basak
Andrzej Wajda (1926-2016) – maître du cinéma polonais, l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma mondial. Étudiant à l’Académie des beaux-arts de Cracovie, diplômé du Département de réalisation de l’École nationale supérieure de cinéma, de théâtre et de télévision de Łódź en 1960.
Cofondateur de l’École polonaise du cinéma – annoncée dès son film de début Une génération (1954), qui rompait avec les schémas du réalisme socialiste – il est l’auteur des œuvres canoniques (voire magistrales) de ce courant : Kanał (1956) et Cendres et diamant (1958). Ces films abordent un thème central de son œuvre, la guerre et la dimension tragique du destin polonais, même si le passé n’est pour lui qu’un prétexte pour parler du présent.
Créateur de nombreuses adaptations personnelles, il s’est inspiré aussi bien d’écrivains contemporains, notamment Jerzy Andrzejewski et Kazimierz Brandys, que de la grande littérature classique qu’il a réinterprétée (Les Noces, 1972 ; La Terre de la grande promesse, 1974 ; Pan Tadeusz, 1999). Il est également l’auteur du discret « triptyque d’Iwaszkiewicz » (Le Bois de bouleaux, 1970 ; Les Demoiselles de Wilko, 1979 ; Sweet Rush (Tatarak), 2009), ainsi que de Danton (1982), traversé par la fièvre révolutionnaire.
Découvreur de jeunes acteurs – parmi lesquels Krystyna Janda, Daniel Olbrychski et Zbigniew Cybulski – dont la mort tragique inspira le film autoréflexif Tout est à vendre (1968).
Mentor de jeunes cinéastes en tant que fondateur du Groupe de production « X » (1972-1983), au sein duquel naît le cinéma de l’inquiétude morale, courant initié par son film retentissant L’Homme de marbre (1976), ainsi que de la Wajda School, l’École de maîtrise en réalisation cinématographique.
Lauréat de nombreuses récompenses parmi les plus prestigieuses, dont l’Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière (2000) et la Palme d’or (L’Homme de fer, 1981).
Autorité morale, citoyen engagé, figure majeure de la vie publique polonaise. Cinéaste actif jusqu’à la fin : son dernier, 40ᵉ long métrage de fiction, Les Derniers Jours de l’artiste (2016), consacré au peintre Władysław Strzemiński et conçu comme un récit sur la liberté que procure l’art, demeure son testament artistique.
Katarzyna Wajda (FINA – National Film Archive – Audiovisual Institute)
La numérisation des photos de plateau et des photos fixes réalisées par Renata Pajchel ainsi que l’exposition ont été cofinancées par l’Union européenne dans le cadre du programme European Funds for Digital Development 2021-2027.
Projet FERC.02.03-IP.01-0013/25: «Immersion dans la culture. Accès numérique aux ressources audiovisuelles et multimédias de la FINA et du CSW ZU».

